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Le Maracanã s'échauffe

À une heure du coup d'envoi de la finale de la Coupe du monde, le Maracanã se remplit petit à petit. Des Argentins, des Allemands, et beaucoup de Japonais. Échauffement avant la fête.

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Cette fois, le métro a roulé tranquillement. Alors que la ligne qui conduit au Maracanã avait dû à plusieurs reprises être arrêtée lors des derniers matchs à cause des sauts argentins, l'ambiance est paisible pour ce jour de finale. Quelques battements de pieds, des débuts de chants et puis pas grand-chose d'autre. Il faut dire que la sociologie des supporters a changé avec l'envol du prix des places. À cinq mille dollars en moyenne le prix du billet au marché noir, les dizaines de milliers d'Argentins venus en bus, en voiture ou en stop qui retournent Rio depuis quelques jours verront le match sur écran géant. Dans le stade, à leur place : des Allemandes en mini-short en jean, des Argentins de bonne famille, des Brésiliens et beaucoup de touristes venus d'Amérique du Sud, d'Asie ou d'Europe.

Aux abords du stade, c'est une Japonaise qui se fait le plus remarquer. Peut-être parce que le bout de jean qu'elle porte sur les fesses ne cache pas l'ensemble de sa chair, peut-être parce qu'elle montre sa poitrine à qui le veut. Une chose est certaine : elle a choisi l'Argentine, comme la grande majorité des centaines de Japonais qui traînent par groupe de 30 autour du Maracanã. Un vieil Argentin moustachu de 65 ans tente lui de voler à l'arrachée un billet tenu fébrilement par un autre sexagénaire français. Depuis les balcons des maisons qui donnent sur le stade, des Brésiliens diffusent l'hymne allemand, sans doute pour fêter le 7-1 encaissé quatre jours plus tôt. Le reste est la comédie du monde moderne. Des groupes de supporters reprennent l'hymne officieux du Mondial « Brasil decime que se siente » au top des journalistes télé venus faire des directs avant le match. Des journalistes interrogent des Allemands et des Argentins dans les bras les uns des autres. Des photographes shootent des supporters déguisés comme pour aller au carnaval.

Au même moment, le stade se remplit petit à petit, devient bleu et blanc, alors que Shakira agite ses fesses sur un rythme de samba au milieu du terrain pour la cérémonie de clôture. La musique saturée est peu à peu recouverte par le bruit des supporters brésiliens qui s'affrontent par chants interposés. «  1000 gols, 1000 gols, 1000 gols, Seulement Pelé, Seulement Pelé, Maradona est un aspirateur  » , soufflent les maillots jaunes éparpillés un peu partout dans les tribunes. « Pelé, Pelé, Pelé, il s'est dépucelé avec un gamin » , renvoient les gradins albiceleste. Le soleil berce la pelouse, la Brahma est fraîche. Que le match commence, putain !

Par Pierre Boisson, au Maracana
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