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Le livre de la semaine

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Pasolini - «  Les terrains. Écrits sur le sport  » (Le temps des cerises)

Félicitons la petite maisons d'éditions militante « Le temps de Cerises » d'avoir réédité, dans un format de poche aussi plaisant, ce modeste recueil de la prose sportive de Pasolini. La passion de l'écrivain et cinéaste italien pour le foot est de notoriété publique. Lui-même dans ces pages s'amuse et moque un peu son coté « Tifosi » , notamment envers le club de sa ville natale, Bologne (notamment quand il perd contre la Lazio).

La contradiction apparente entre son amour pour la chose « vulgaire » (au sens de populaire) du ballon rond et sa démarche avant-gardiste d'intellectuel de « gauche » se trouve d'ailleurs au cœur des courts textes rassemblés ici. Bien avant que la sociologie et l'histoire, voire la philosophie, ne s'emparent de l'affaire avec la même gourmandise qu'ils avaient déployé pour la dénigrer, l'auteur des Ragazzi et de Théorème avait su établir les diagnostics intuitifs (à la façon d'un Foucault investiguant le passé de la Folie) et idéologique de la malédiction athlétique. Sans aucune illusion, mais sans honte, il raconte et décortique la poésie individuelle du dribble et la prose collective du Catenaccio.

Il fustige également ceux qui mèprisent sans y réfléchir la foule des stades. Loin d'un Albert Camus cherchant dans la nostalgie des jeux de son enfance une naïveté déculpabilisatrice face aux drames de l'Algérie coloniale qu'il affronte une fois adulte, il se sert donc de son addiction au terrain pour scruter avec une empathie critique la société occidentale, y dénonçant les démarches esthétisante (donc bourgeoise) qui l'empoisonne à ses yeux. Il délivre au passage une belle définition du supporter romain qui aurait sied comme un gant aux anciennes tribunes du PSG : « En tout cas Rome est vraiment une grande ville : l'identification du Tifoso avec son équipe ne sublime pas de sentiments étroits, provinciaux et de clocher. Et puis chez le romain, il y a toujours cette dose de scepticisme et détachement qui le préserve toujours du ridicule. A travers sa propre équipe, il n'exalte pas les gloires de la ville, des qualités sportives et d'autres banalités de ce genre : il exalte sa propre roublardise » .



Nicolas Kssis-Martov
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