1. // Retraite de Jan Koller

Le Koller du tout-puissant

Alors que l'agent de Raul est obligé de multiplier les contacts pour offrir une porte de sortie honorable à son poulain, que Trézéguet se fait snober par la Ligue 1, un autre attaquant phare de l'Euro 2000 décide d'arrêter les frais. Jan Koller, le footballeur, n'est plus.

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La rétrogradation de Cannes en CFA aura eu raison de lui. Jan Koller ne repartira pas pour une troisième saison avec le club de la Bocca. Comme pour Rocky, c'est le docteur qui est venu dire que le prochain combat serait celui de trop. Et dire qu'en mai dernier, alors que Cannes, 5ème de National, n'avait plus aucune chance de monter, il était encore le premier à mettre un pied dans le bus pour faire le déplacement jusqu'à Rodez. « Il faut préparer la saison prochaine où on jouera plus la montée j'espère » explique-t-il alors, dans son français élémentaire. Ça peut sembler étrange, mais le copain de Nedved était peut-être celui qui se préoccupait le plus du sort du club. Il n'en était pas actionnaire, il n'en ponctionnait pas un salaire astronomique. On est loin des retraites dorées de certains au Qatar.


Pourtant, au départ, l'histoire est assez similaire. En 2009, Koller, qui en a marre de jouer en Russie à Samara, émet le souhait de finir sa carrière sur la Côte d'Azur. La région, qu'il a connue lors de son passage à Monaco en 2007, plaît à son épouse et à sa fille. Comme le club de la Principauté et l'OGC Nice ne sont pas intéressés, il s'engage à Cannes alors que son agent assure avoir repoussé des offres d'Hambourg et de Chine. On en a vu finir mal pour bien moins que ça. Mais pas lui. Jérémy Gavanon, gardien du club, se souvient de la première fois où il a vu les deux cent deux centimètres de l'attaquant passer la porte du vestiaire : « Il nous a très vite dit qu'il était là pour jouer. De toute façon, on savait bien qu'il n'était pas venu pour l'argent. Alors ça a pris » .

En dix-huit mois, Koller a claqué 20 pions. Surtout, il s'implique auprès des jeunes du club, célèbre ses buts comme Henry ne l'a jamais fait dans sa carrière et ne rate aucun entraînement. Quand il est blessé, il vient au club faire ses séances de soins avant d'aller trouver tout penaud son coach pour lui faire un compte-rendu. Son coéquipier Sylvain N'Diaye, qui a côtoyé Drogba à l'OM, tente un parallèle : « Il prenait les choses très à cœur. Mais ce qui comptait vraiment, c'est qu'il était plus fort que la moyenne » . Gaël Angoula, qui a survolé le National avec Bastia la saison passée, n'en a pas moins été impressionné par le Tchèque : « En protection de balle et en technique, il n'a pas d'équivalent. Mais c'est surtout sa mentalité qui m'impressionne. L'an dernier (saison 2009-2010, ndlr), je l'ai joué avec Pacy-sur-Eure, et il n'est pas devenu hautain une fois entouré d'amateurs. Il est respectueux, s'excuse quand il fait faute, encourage ses coéquipiers lorsqu'ils se ratent. C'est très rare chez les anciens pros, qui sont parfois tentés de croire qu'ils peuvent gagner un match tout seul. Lui, il joue toujours en équipe » .


A Cannes, un club qui voit généralement les Vieira, Clichy et Frey faire vingt matchs puis partir à l'étranger, on ne l'oubliera pas de sitôt. Ça tombe bien, parce qu'il a prévu de rester dans le coin. Bien entendu, il sera toujours plus dans les tribunes que dans la queue du VIP Room. « Quand je rentre chez moi, je ne pense qu'à deux choses : profiter de ma famille et regarder des matchs, assure le géant, qui a même suivi le premier sacre de Dortmund depuis son départ du club sur son ordinateur, en streaming, comme Monsieur tout-le monde. Je regarde aussi la Premier League vu qu'en France, vous ne passez presque que ça à la télé » . La Premier League justement, est-ce que ça ne serait pas un regret pour un type qui avait un Carew dans chaque orteil ? « Lorsque j'étais à Anderlecht, j'avais été contacté par Fulham. Ce n'est pas vraiment Arsenal ou Liverpool donc je préfère ma carrière » . Une carrière à quatre titres de champion et un de meilleur buteur de l'histoire de la République Tchèque. Et encore, il n'existe pas de récompense pour les coéquipiers modèles.

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J'aimais bien ce joueur, atypique mais finalement très bon et il est vrai avec une bonne mentalité. Bonne retraite Jan!
Un grand monsieur, dans tout les sens du terme.

Après bon, Cannes c'est pas les millions du Quatar mais c'est pas Dunkerque non plus.
Bel article pour un parcours raffraichissant dans cet univers pourri...

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