Le journal des losers

La saison des prix a commencé, le moment de distribuer les bons points, même chez les losers. Pour sa fin de saison, magnifique condensé d'espoir et de désillusion, Schalke 04 l'emporte haut la main. En revanche, rien ne vas plus à l'Inter, qui n'en finit plus de gagner, même en Europe. Heureusement, il reste des valeurs sûres, comme le club mexicain de Cruz Azul, qui multiplie les finales comme les défaites.

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« Les matches durent 90 minutes et un petit peu plus, et dans ce un petit peu plus, ils nous ont battus » . Enrique Meza, entraîneur de Cruz Azul (Mexique).

Au Mexique, on l'appelle la Maquina. Une machine à perdre surtout. Car si le club de Cruz Azul multiplie les finales, il repart immanquablement les mains vides : cinq de perdues en... deux ans. Sa dernière désillusion remonte à mercredi, en Ligue des Champions de la CONCACAF, une épreuve qui ouvre l'accès au Mondial des clubs (ex-Coupe intercontinentale). A l'aller, les Bleus font le job : 2-1 face à Pachuca, autre club mexicain. Le retour est également maîtrisé... jusqu'à la 92e minute. Les supporters visiteurs font alors sonner les “Azul”, comme une délivrance après tant de désillusions à répétition, quand sur la dernière remontée de balle, l'attaquant paraguayen, Edgar Benitez, reçoit une passe en profondeur dos au but, pivote et place une frappe meurtrière dans le petit filet. Encore raté.

Déjà, l'an dernier, le club des cimentiers de Mexico (Cruz Azul fournit une bonne partie des chantiers du pays) avait échoué en finale de CONCACAF. Sur sa lancée, il avait perdu une nouvelle finale de championnat : face à Monterrey, en décembre dernier. L'entame de ce cycle vicieux remonte en réalité à 2005, avec pour malheur inaugural, deux de ses représentants flashés au test anti-doping lors de la Coupe des Confédérations qu'ils s'apprêtaient à disputer avec le Mexique. Suivra l'enlèvement d'un entraîneur, libéré après 65 jours de détention, puis le pire tournoi de l'histoire du club quand les dirigeants refusèrent un bon de sortie vers l'Espanyol Barcelone à l'international Gerardo Torrado, en 2009. Le club restait alors sur deux finales de Liguilla consécutives. Perdues, bien entendu.

And the losers win


L'Inter est bien redevenu un grand d'Europe. Finies les éliminations en huitièmes, ou en demies, victime du tirage au sort (deux matches nul face à son colocataire le Milan AC en 2003, avec qualification des Rossonneri grâce à un but à « l'extérieur » ), les cerveaux des Nerazzurri ont été lavés de fond en comble par le Special One pour chasser la case doute, pour qu'elle n'accompagne plus la moindre anicroche (une expulsion de Motta par exemple), pour lever aussi celui des sceptiques qui demandaient encore à voir, pas encore convaincus par un club qui a prospéré dans un paysage italien clairsemé sans jamais connaître de récoltes dignes de ce nom dans les champs européens. La conviction, c'est justement bien la nouvelle donne interiste. Dans sa demi-finale face au Barça, chaque geste à l'aller comme au retour, bien que l'Inter évoluait dans des registres bien différents, respirait cette assurance de faire ce qui est bien et surtout nécessaire, avec un aléatoire de chaque prise de balle et de chaque déplacement parfaitement circonscrit par le plan de Mourinho.

Schalke l'a bien mérité 



Pour cette année, le trophée des losers est d'ores et déjà attribué à Schalke 04. Avec la bonne saison de Tottenham, quelle que soit son issue (match déterminant mercredi face à Manchester City, autre nominé), et la finale d'Europa League accrochée par l'Atletico, les Allemands ont survolé la compétition, même si leurs compatriotes de Leverkusen ont aussi fait vibrer les foules. Longtemps dans le tiercé de tête de la Bundesliga, les hommes de la Ruhr avaient réussi le coup parfait en prenant la tête du championnat à cinq journées de la fin. Mais il n'y a pas de bons scénarii pour Schalke, il n'y a que des finals dramatiques : le suspens ne fait pas long feu, avec une défaite à domicile face au Bayern dès la semaine suivant la prise de pouvoir. Et le coup de grâce samedi avec un nouveau revers à domicile face à Brême. Il avait suffi d'une saison pleine à Felix Magath pour faire de Wolfsburg un champion. Il semble qu'à Gelsenkirchen, tout soit plus compliqué.

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