Le Journal des Losers

Un Colombien perdu au Mexique, un Anglo-canadien fait roi en Allemagne avant de se mourir sur ses terres : le journal des losers vogue au gré des parcours les plus insensés. Des joueurs un peu trop « Into the Wild » , qui à force de chercher leur place dans le monde finissent par trouver les emmerdes.

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 « Je suis très ami des arbitres, je n'ai commis aucune faute, agressé ni trompé personne, j'aimerai que le monsieur m'explique pourquoi j'ai été expulsé » , Andres Chitiva (Atlas Guadalajara).

Que paye Owen Hargreaves ? D'être anglais et d'avoir joué au Bayern ? Pire, d'y avoir remporté une C1. Ou alors, d'être en réalité Canadien, et d'avoir choisi la sélection anglaise, terre de son ascendance ? Arrivé à Manchester United en 2007, le natif de Calgary va signer sa deuxième saison vierge de rang. Au total, il n'a participé qu'à 38 rencontres sous le maillot fourchu. Opéré des deux genoux en 2008, le plus talentueux joueur anglais avant l'avènement de Gerrard devait pourtant revenir à la compétition en début d'exercice. Mais le milieu à tout faire n'est pas qu'un joueur en cristal pour sa technique raffinée. Chutes, rechutes et rerechutes, il finira tout de même par poser ses fesses sur le banc début avril pour le choc contre Chelsea.

Un test pas très concluant, puisqu'Alex Ferguson annonça dans la foulée qu'Hargreaves ne retrouverait pas les terrains professionnels cette saison. Sorte de Steve Mc Manamam du milieu de terrain, Hargreaves a longtemps été perçu comme THE solution pour l'équipe d'Angleterre, seul véritable créatif -même en position reculée- dans une sélection sans imagination, un joueur latin pour sa technique et britannique dans son tempérament. Sans doute utilisé trop bas par Sven Goran Erikson, en pur milieu déf' en 2006, Hargreaves n'avait pas plus apporté en 2002, contraint de quitter le tournoi dès le deuxième match, après avoir percuté ... Michael Owen. Y'a des signes qui ne trompent pas, non ?

L'exclusion la plus absurde du monde

Comment un virage mal pris peut happer un destin. Andres Chitiva avait peut-être besoin d'aventure quand il décida de signer à Ciudad Juarez, en 2008. Faut dire que le Colombien avait de quoi être blasé et nourrir quelques rêves de frissons. Comme milieu gauche de Pachuca, le club le plus stable du Mexique, Chitiva avait remporté quatre championnats en sept ans. Aussi chiant qu'un bail à l'OL de l'ère Juninho. Pour rompre la routine, quoi de mieux alors que de faire son paquetage pour le club de la ville dite la plus dangereuse du monde. Ses 60 kilos à queue de cheval ne s'y attarderont cependant pas. 12 matches avant de fuir sous la menace des narcotraficants. Peut-être son passeport ne revenait-il pas aux terreurs de la frontière ? Toujours à la recherche de bonnes affaires qui n'en sont pas vraiment, l'America Mexico met alors le grappin sur le Colombien. Au sein du PSG aztèque, Chitiva se met au niveau de l'institution : blessures, instabilité émotionnelle .... Et part finalement se relancer à l'Atlas Guadalajara en 2009. Précision : l'Atlas est le club le plus lose du Mexique.

Cette saison, sous la houlette de Carlos Ischia, ex coach de Boca Juniors, ça va cependant pas trop mal pour les Zorros, leur surnom. Mercredi dernier, l'ex club de Rafa Marquez disputait un match décisif face à Puebla pour l'accès aux play-off. 62e minute, Chitiva rentre en joker. Carton jaune trois minutes plus tard pour simulation. Et exclusion à la 88e pour avoir demandé à un joueur adverse de se presser. Se prendre un rouge sans avoir fait de véritable faute, une performance qui couta au Colombien le clasico Atlas-Chivas, disputé samedi. Sans Chitiva, les Zorros triompheront (2-0).

Le baromètre de la lose


Quelles sont les valeurs en hausse ? Leverkusen, assurément, en voie de déliquescence depuis qu'il est monté sur la première marche du podium de la Bundesliga. Manchester City aussi, flingué par son cauchemar de voisin à la dernière seconde. Et L'Atletico Madrid, qui se fera éliminer par Liverpool en Europa League sans même avoir pu saluer le retour du nino prodige, Fernando Torres, out pour la fin de saison. En baisse ? Tottenham, bien entendu : une victoire face à Arsenal sa bête noire, puis un succès face à Chelsea qui relance le championnat et fait prendre aux Spurs la quatrième place. On lève les deux pouces ! Toujours en Angleterre, Newcastle, sacré champion de D2. C'est toujours ça de pris. La même pour le PSG et sa finale de Coupe de France arrachée face à une CFA. Toujours mieux qu'une défaite à Clermont ou Gueugnon.

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