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Le journal des losers

La médaille en chocolat, la place du con, plusieurs expressions soulignent le sort peu enviable des pensionnaires de la quatrième marche du podium. Pourtant certains s'en contenteraient bien, comme Manchester City ou Tottenham. D'autres vont y mourir, comme l'US Créteil, un club aux objectifs toujours plus élevés que ses résultats.

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« Look...if you had...one shot...or one opportunity


To seize everything you ever wanted, in one moment


Would you capture it, or just let it slip?
 » Eminem, Lose Yourself

Ils touchent au but. Leur dernière participation à la C1 remonte aux années 60, et Spurs comme Citizens sont cette fois tout proches de rejouer dans la cour des grands. C'est désormais une quasi certitude, au moins l'un des deux effacera des décades de lose au terme de la saison. A moins que les winners de Liverpool (premier palmarès anglais) les coiffent sur le poteau, ou qu'ils calent en tour préliminaire... Pour le moment, les Spurs sont devant, mais City pointe à deux petits points avec un match en retard. Et le passif des Londoniens a de quoi effrayer ses indéfectibles supporters. Avec deux cinquièmes places glanées en 2006 et 2007, les Spurs ont déjà vécu comme une condamnation leur qualification pour l'UEFA. Comme souvent, les joueurs de Tottenham semblaient capables de rivaliser avec les plus gros, mais n'ont pu en déloger un de sa position établie. Un peu comme Rennes en L1. Trop de fragilité mentale et de manque de rigueur. Toutefois, ces deux places du benêt avaient suggéré la réémergence de l'entité londonienne au plus haut niveau. Depuis, les Spurs, malgré des effectifs bien roulés, n'ont fait que décevoir, se consolant avec un trophée en carton, tel le premier PSG venu (une coupe carlingue en 2008).

A City, le cas est plus grave. Palmarès néant depuis plus de trente ans, sauf un titre de champion de D2. On n'évitera d'évoquer à nouveau Rennes... Un club à la ramasse, au déclin d'autant plus mal vécu qu'il coïncidait avec l'âge d'or du voisin de United. Des centaines de millions d'euros émiratis plus tard, le destin des citoyens a subitement pris un cours plus enviable : lutter avec les plus grands voire les dépasser. Avec Tevez, Adebayor, Kolo Touré, ou Stephen Ireland, City a manifestement les moyens de ses ambitions. Mais conserve une propension à la panique caractéristique d'un habitué aux luttes pour le maintien. Pourquoi recruter, par exemple, un Vieira en fin de vie quand le milieu de terrain compte des mecs aussi épais que Gareth Barry et Stephen Ireland ? Risque de fissure dans le groupe assurée. Déjà, lors d'une des rares campagnes honnêtes de City, le président thaïlandais, Shinawatra, avait viré Sven-Goran Eriksson en fin de saison, trop pressé de sauter les étapes vers le succès. « Il n'y a pas de routes droites dans le monde » disait Mao, même celles vers le succès.


Créteil voulait trop de soleil

Eux aussi ont voulu grandir trop vite. Et sont plus petits que jamais. A la périphérie de Paris et du haut niveau, l'US Créteil moisit en National. Le club, qui rêvait de devenir le second club parisien de l'élite, lutte désormais pour monter en L2. Trop proche des lumières pour se résigner à la pénombre, mais trop loin de la sagesse pour mener un projet sensé. Depuis que la mairie socialiste a injecté des francs dans le club au milieu des années 80, Créteil regarde vers le haut mais termine la plupart de ses saisons en sous-sol. La perspective de la L1 a souvent été évoquée dans ce club qui n'a pourtant jamais terminé plus haut qu'à la huitième place de L2. Prétentieux Créteil ? Sans doute, un peu. Comme ses recrutements presque glamour pour une équipe des divisions inférieurs l'indiquent. Sont venus y vivre leurs derniers instants des Patrick Blondeau, Bernard Diomède, Mickaël Madar, et même l'international roumain, Florin Raducioiu !

Cette saison, on a aussi parlé de Sylvain Wiltord. Et dans les nineties, on y a vu passer le Julio Iglesias de l'optique, Alain Afflelou. Définitivement fou. Comme ces incessants changements d'entraîneur. Lors de la première décade du XXIe siècle, le quotidien chaotique des Val-de-Marnais a été rythmé par 15 changements de technicien. Des choix parfois ahurissants, comme le recours à Arthur Jorge en 2006. Aujourd'hui c'est Laurent Fournier qui occupe le banc cristolien. Ses hommes ont perdu à domicile ce week-end face à Rodez, la plus mauvaise équipe du National à l'extérieur. L'opportunité était sans doute trop belle de se rapprocher de la troisième place, alors que leurs devanciers avaient chuté. A cinq points de Reims, Créteil cale au quatrième rang. La place du con.

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