Le Journal des Losers

La lose collée au corps, l'Inter Milan place deux de ses représentants (Sulley Muntari et Ricardo Quaresma) dans notre sélection hebdomadaire. Et en cas d'élimination face à Chelsea, c'est toute l'entité nerazzurra qui pourrait y avoir droit la semaine prochaine. L'équipe d'Angleterre lui prête main forte dans sa chute.

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Sulley Muntari a muté. L'ex-boss du milieu de terrain de l'Udinese, et grand artisan de l'inattendu sacre de Portsmouth en FA Cup (2008), a mis un an avant que la greffe du vicieux gène interiste ne prenne sur son corps musculeux et son mental friable. Un chemin vers l'auto-destruction en trois temps. Tout d'abord, une humiliante sortie lors de la première journée après trente minutes de jeu. Un bon début suivi d'une polémique sur la pratique du ramadan du joueur, qui l'affaiblissait, selon Mourinho. Fragilisé, Muntari craque publiquement une première fois le 3 octobre, en pleurs à sa sortie du terrain face à l'Udinese : effondré d'être sifflé sur chacune de ses prises de balle par les supporters interistes. Malgré une rumeur l'envoyant illico à Tottenham, le Ghanéen conserve sa place dans l'équipe-type de Mourinho. Sans convaincre. Souvent sorti le premier, voire mis sur le banc comme face à Chelsea. Pour le match retour, il devrait aussi se contenter d'un statut de remplaçant... au mieux. Car, vendredi, si l'Inter a préparé son match retour à Londres de la pire des manières à Catane (3-1), le Ghanéen y est pour beaucoup. Entré à la 79e, il est exclu après seulement 81 secondes sur la pelouse, sans même avoir touché le ballon. Un tacle par derrière lui fait voir jaune, avant de provoquer un pénalty soixante secondes plus tard, d'un geste qui en dit long sur sa perte de repères. Sur un coup-franc mal tiré, il dévie grossièrement le ballon de la main. Muntari s'est auto-détruit. Prélude à un suicide collectif à Stamford Bridge ?

L'équipe d'Angleterre


Les défenseurs du drapeau à la croix de Saint-George n'ont-ils pas déjà payé au prix fort le but le plus contesté de l'histoire du foot ? Car qu'ils soient braves ou pathétiques, les Anglais collectionnent les sorties les plus cruelles depuis le but (?) de Geoff Hurst inscrit (?) lors des prolongations de la finale 66 : 1986 et la main de Dieu bien entendu, 2002 et le lob insensé de Ronaldinho, et surtout, une invraisemblable série noire d'élimination aux pénaltys : Coupe du Monde 90 et Euro 96 face aux Allemands, 98 face à l'Argentine, avant que le Portugal ne prenne sa revanche sur la théorie des avantages comparatifs de Ricardo en 2004 et 2008. Une série avec laquelle Fabio Capello, serial winner, devait rompre. La convaincante campagne de qualification le laissait d'ailleurs envisager. Mais en quelques semaines, le bel ouvrage anglo-italien s'est mis à craqueler de tous côtés : les coucheries de John Terry, le renoncement du cocu Bridge, doublure d'Ashley Cole, lui-même indisponible pour une longue durée. Et voici que Beckham, le capitaine du banc de touche anglais, se flingue la cheville. Une habitude pour lui dans les mois précédant la Coupe du Monde. Une malédiction qu'il partage avec Wayne Rooney, jamais à 100% pour les grandes compétitions. « Au bout du rêve, la magie s'achève sur la route 66 » (Eddy Mitchell).

Quaresma pas


Un cousin de Cristiano Ronaldo est mort jeudi. Que les adorateurs de la secte des individualistes se rassurent, il ne s'agit pas de Ricardo Quaresma. Pas de signe de vie pour autant du gitan tricoteur. En choisissant l'Inter en 2008, un club où tant de talents se sont gâchés, le pari de Quaresma était risqué. Dans le même temps, un peu comme Gerets avec Ben Arfa, Mourinho semblait la dernière chance de l'ailier portugais. Le seul capable de faire un monstre de constance du monstre technique. Ce qu'a réussi Ferguson avec Ronaldo, et que le coach écossais commence à réaliser avec Nani. Mais le talent de Quaresma semble définitivement indomptable. Et Mourinho ne veut déjà plus du Bidon d'or 2008 (le ballon de plomb transalpin). Selon Wikipedia, le sultan de Brunei, fan absolu de l'ailier rococo, posséderait une demi -douzaine de portraits du joueur. A 26 ans bien gâchés, il est peut-être temps pour Ricardo de prendre le large. Pour donner libre cours à son talent.

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