Le Journal des Losers

Au mauvais endroit au mauvais moment, responsables mais pas coupables ou passionnément tragiques, les losers de la semaine se nomment Julien Escudé, la Fiorentina, et Didier Ollé-Nicolle.

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Julien Escudé aurait-il la poisse ? Car, encore une fois, l'ex-Rennais a dérapé avec les Bleus à l'insu de son plein gré. Une intervention devant Sergio Ramos, mercredi, malencontreusement transformée en déviation fatale pour Hugo Lloris. Manière de rappeler qu'il avait déjà trouvé le chemin des filets au Stade de France en septembre, en inscrivant le seul but de la Roumanie d'un tragique csc (1-1). Responsable mais pas coupable sur le deuxième but espagnol, le Sévillan l'était déjà sur le premier. Là encore pas exempt de tout reproche mais pas si fautif que cela, pris par la feinte pas forcément volontaire de David Silva, qui transperça l'axe français et se transforma en passe décisive. Et quand il ne marque pas contre son camp, Escudé est trahi par les siens, comme ce coup de coude d'Evra qui le fit sortir prématurément lors de France-Eire.

Défenseur propre et classe, le frère du capitaine de l'équipe de Fed Cup semble toutefois perdre une partie de ses moyens avec les Bleus, comme sa prestation catastrophique face aux Féroé en août l'avait signalé. Dommage pour lui, car Domenech, autre grand loser de la semaine (mais on ne va pas s'acharner), semble apprécier ce défenseur bien élevé. Attendu à l'Euro 2008, Julien Escudé s'était blessé quelques semaines avant de disputer sa première compétition internationale en sélection. Cette fois, quelque chose nous dit que sa prestation de guignard face à l'Espagne va le priver d'un beau safari en Afrique du Sud. Et à Séville ? Samedi, Manolo Jimenez ne l'a curieusement pas aligné face au Real Madrid. Juste pour le faire souffler ?

Purple rain

Cela fait plus de 40 ans que la Fiorentina n'a pas gagné un vrai titre (parce que la Coupe d'Italie, bon ...), et c'est mieux parti que jamais pour continuer. Tout allait pourtant pour le mieux dans le meilleur des mondes pourpre jusqu'il y a peu. La Viola avait terminé première de son groupe de Ligue des Champions (devant Lyon) et pointait encore à la sixième place de Serie A début janvier. Une victoire en neuf matches plus tard, Gilardino et Cie ont plongé au onzième rang de la Serie A. Ce faisant, ils ont honoré l'histoire récente du club, où l'approche d'un pic est toujours le prélude à une chute vertigineuse. La dernière fois qu'elle avait retrouvé la Ligue des Champions, l'équipe toscane avait coulé dans l'année en Serie B, avant d'être reléguée en Serie C pour faillite financière. Mieux, en 1993, la Fiorentina étrennait janvier le dossard 2 sur le dos, avant que l'entraîneur ne soit viré... sans doute pour avoir couché avec la femme du président. Stefan Effenberg, star de l'équipe avec Michael Laudrup et le jeune Batistuta, ira finalement goûter à la Serie B au terme d'une deuxième moité d'exercice cataclysmique. Cette saison, la série noire coïncide avec le contrôle positif de sa star, Adrian Mutu. Une déchéance sans rémission ?


Subsiste un espoir : ce soir, la Viola n'a qu'un but de retard à remonter chez elle face au Bayern. Mais le train est peut-être déjà passé à l'aller quand les Allemands prirent les devants à la dernière minute, sur un hors-jeu aussi gros que les ficelles de Luciano Moggi. Justement, la dernière fois que la Fiorentina se qualifia pour la Ligue des Champions, enfin pour son tour préliminaire, c'est le Calciopoli qui la priva de C1. Et la dernière fois qu'elle fut proche de soulever un trophée digne de ce nom, ce fut avec la Juve comme rivale, déjà suspecte mais pas encore installée sur le carnet d'adresses de Lucky Luciano. En 1989, quelques coups de sifflet firent pencher la balance côté bianconero lors de l'ultime journée de Serie A, alors que les deux clubs bataillaient pour le titre. La même, l'année suivante, mais en finale de l'UEFA. Au lendemain de ce nouveau revers, Roberto Baggio, le loser magnifique, s'en était allé chez l'ennemi noir et blanc. Celui qui a tant gagné. Par tous les moyens nécessaires ...

Le DON sacrifié

Au mauvais endroit au mauvais moment ? Sans doute. Didier Ollé-Nicolle a ainsi entraîné Châteauroux l'année où des commérages laminaient le vestiaire. A Valenciennes, il redresse le club de la CFA au National, mais préfère partir, lassé par les promesses sans lendemain de Borloo. VA pointe aujourd'hui en huitième position de Ligue 1. Enfin, à Clermont, Ollé-Nicolle trouve son équilibre, mais comment refuser un club de Ligue 1 ? A Nice, le DON a peut-être payé son manque d'expérience ; il a surtout servi de fusible au sein d'un club où les dirigeants tirent dans tous les sens depuis le début de saison. “At the wrong place at the the wrong time”, on vous dit. Au moment de vider ses casiers, l'entraîneur aux quatre L pourra toujours trouver du réconfort dans quelques vers d'Eddy Mitchell : « Le marché est surestimé, Les Favoris surcotés, Faut investir dans le looser, Ça peut prendre de la valeur » . Si c'est Eddy qui le dit...

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