Le Journal des Losers

Qui a losé cette semaine ? Notre nouveau baromètre hebdomadaire des perdants, des poissards et autres gloires déchues, se penche cette fois sur les cas Jean-Marc Furlan, Arsenal et Antonio Cassano.

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Cela fait cinq ans que les Gunners n'ont pas remporté le moindre trophée. Pas suffisant pour en faire des losers. Mais sur le plan européen, les enfants d'Arsène en présentent bien tous les symptômes. Car la question n'est pas seulement de savoir si l'arbitre a déraillé mercredi à Porto en laissant jouer si rapidement un coup-franc indirect, elle est plutôt de se demander comment un tel égarement défensif peut se produire en Ligue des Champions. Même chose pour la faute de mains (de moufles ?) de Fabianski. Bienfaiteur du club, qu'il a fait renouer avec sa gloire (tré)passée, Wenger semble caler pour donner un second souffle à sa fabrique à beau jeu. Un tournant vers la stratégie de l'échec peut-être à situer en mai 2006, quand les Gunners laissèrent échapper la C1 face au Barça... Erreur fatale du gardien déjà (Lehmann à ce moment-là). Depuis, le schéma se répète, raté individuel maouss (la glissade de Gibbs l'an dernier en demi-finale, Eboué en 2008) en guise de flingage d'œuvre collective. Celle pensée par maître Wenger, le seul entraîneur à avoir perdu les finales des trois coupes d'Europe (dont une avec Monaco, en Coupe des Coupes). Avec Arsenal, la malédiction alsacienne semble se coupler à la londonienne, puisqu'aucun club de la capitale anglaise n'a jamais remporté une C1.

Quand la nouvelle vague se crashe

Jean-Marc Furlan a surpassé ses pauvres prédécesseurs. Resté seulement neuf matches à la tête de l'ex meilleur club formateur de France, Furlan peut à peine revendiquer une seule de ses deux victoires, pour six défaites et un nul. Vendredi, Nantes l'a bien emporté avec l'ex cornac de Libourne Saint-Seurin sur le banc, mais uniquement parce que son successeur, Baptiste Gentili, n'avait pu se libérer à temps. L'autre succès, acquis lors de la prise de fonction de l'entraîneur aux méthodes réputées révolutionnaires - « En arrivant, Furlan a dit qu'il voulait nous apprendre à jouer au foot » a balancé Jean-Jacques Pierre- peut être accordé au ressort psychologique, plus qu'au nom du nouveau technicien. Après avoir fait descendre Strasbourg et l'avoir fait échouer dans son opération remontée, Furlan vient de se griller pour un moment, en faisant plonger Nantes de la 7e à la 14e place.

Sans employeur, le Girondin a accepté d'aller œuvrer en terrain miné, et en paye le prix fort, un peu comme à Strasbourg. Leader avec Frédéric Hantz de la nouvelle vague des techniciens made in France au mitan de la première décennie du XXIe siècle, Furlan a toutefois quelques succès à son compte : Boulogne et Montpellier en L1, c'est lui. Dans la dernière ligne droite de la saison précédente de L2, les Alsaciens avaient cédé face aux nordistes et aux sudistes, contribuant grandement à en faire des promus. Strasbourg, lui, avait échoué à un point de la remontée : « A un point près, on était des héros, mais avec ce point en moins, on est des zéros » avait déclaré Furlan. Au fait, il devient quoi Frédéric Hantz ?

Cassano déjà fini ?

C'est un peu toujours pareil avec Antonio Cassano, le roi du hors-piste fait le grand écart entre un statut de joueur discutable en club et recours potentiel, voire sauveur de la Squadra Azzura. Ce qui n'est pas sans rappeler Hatem Ben Arfa. Mais cette fois, son sort semble bien scellé. En conflit avec son entraîneur, écarté du groupe, le Pibe de Bari a refusé de profiter du mercato pour se relancer avec la Fiorentina, une équipe pourtant engagée en Ligue des Champions. Un pari. Comme celui de ses dirigeants de tenter de se passer de son génie irascible pour relancer le club. Bilan : quatre victoires et un match nul face à l'Inter, pour une remontée de la dixième à la quatrième place. Bilan pour Cassano : tricard dans son club (il est actuellement blessé), et pour la sélection. Le joueur italien le plus doué de sa génération ne jouera sans doute jamais de Coupe du Monde. Il trouve toutefois toujours un entraîneur pour relancer son talent, répondra à ses attentes, avant d'exploser en plein vol. Comme d'ab.

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