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Le jour où Trump a voulu racheter les Glasgow Rangers

Pour la fête nationale, le fameux « Bastille Day » comme dirait l'oncle Sam, Paris accueille un nouveau visiteur prestigieux : Donald Trump. Invité par Emmanuel Macron pour le défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées, le président des États-Unis aurait très bien pu connaître un parcours totalement différent si, en 2012, il avait fait l’acquisition du Rangers Football Club, alors en faillite. Mais l’homme d’affaires a visiblement plus de réussite en politique qu’en sport.

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Ce vendredi, le président des États-Unis, Donald Trump, se tiendra à côté d’Emmanuel Macron pour assister au fameux défilé du 14 juillet. Pour célébrer le centenaire de l’entrée en guerre de l'oncle Sam aux côtés de la France lors de la Première Guerre mondiale, le président français a invité son homologue américain et ses troupes à participer à la fête. Mais l’homme à la peau orange aurait très bien pu ne jamais connaître la place de la Concorde. Et au lieu de compresser la main d'Emmanuel Macron, il aurait plutôt fait la connaissance de Fabio Marochi, président du Progrès Niederkorn, lors du tour préliminaire de Ligue Europa qui opposait les Luxembourgeois aux Glasgow Rangers il y a quelques jours. Car avant d’être le quarante-cinquième président des États-Unis à la surprise générale, Donald Trump était un homme d’affaires qui flairait les bons coups. Un flair qui l’a amené à s’intéresser au club écossais en 2012, lorsque celui-ci vivait un enfer financier. Et si l’homme qui fait aujourd’hui trembler le monde n’avait été qu’un simple président de club, avec son caractère, mais adulé par ses supporters ?

« Je me sens vraiment écossais »


Benoît Cheyrou : « Mon club de cœur, c'est le Racing Club de Paris »

Pour comprendre l’intérêt de Donald Trump pour les Glasgow Rangers, il faut s’intéresser à l’arbre généalogique du magnat de l’immobilier. La mère de Donald est née dans le petit village de Tong, sur l’île de Lewis, au nord de l’Écosse. En 1930, elle quitte le pays des cornemuses pour rejoindre le nouveau monde et y rencontre un certain Frederick Christ Trump. À l’époque, les Glasgow Rangers remportaient déjà leur dix-huitième titre en championnat écossais. Mais sur la terre de ses ancêtres, Donald Trump s’est d’abord soucié de faire gonfler son empire golfique. En 2006, il fait donc l’acquisition d’un terrain à Balmedie, dans l’Aberdeenshire, et son practice y sera construit malgré les réclamations des locaux pour protéger le site. En plus de promettre la création de six mille emplois dans la région, le futur président met en avant ses racines écossaises pour justifier cette nouvelle aventure. Dans sa démence, l’homme a même tenté de construire un mur autour des habitations des résidents qui avaient refusé de céder leur propriété pour agrandir le terrain de golf. Un mur qui aurait été financé par les résidents eux-mêmes, évidemment.


Mais l’idylle entre l’Écosse et Donald Trump ne s’arrête pas là. Deux ans plus tard, l’homme d’affaires débarque sur le tarmac de l’aéroport de l’île Lewis avec son Boeing 727 pour visiter l’ancienne petite maison de sa maman, décédée quelques années plus tôt. N’hésitant pas à faire la promo de son livre How to get rich, il en profite aussi pour rappeler son amour pour la patrie de Sean Connery. « J’aime ce pays. Je me sens chez moi ici. C’est intéressant quand ta mère, qui était une femme tellement géniale, vient d’un lieu précis, tu as tendance à aimer ce lieu. Je pense que je me sens vraiment écossais » , lâche l’homme à la moumoute dorée. Bref, Donald Trump reviendra et, d’une manière ou d’une autre, rendra sa grandeur à l’Écosse.

Donald Trump et le football


En 2012, les Rangers, endettés à hauteur de cent soixante-six millions d’euros, sont mis en liquidation judiciaire en juin et officiellement relégués en quatrième division écossaise. Donald Trump est alors prêt à aider le club dans sa descente aux enfers. L’idée de racheter Glasgow, club historiquement protestant, lui vient à l’esprit. Lui qui se réclame du presbytérianisme - une branche du protestantisme liée à l'Écosse, à l'Irlande du Nord et aux États-Unis -, et qui a grandi en allant à la Collégiale Marble de New York, une des plus anciennes églises protestantes américaines. Donald Trump ne serait pas non plus contre effacer l’échec qu’il a vécu avec les Generals du New Jersey. En 1984, l’homme fait l’acquisition de cette équipe de football américain, membre de l’United States Football League (USFL), concurrente éphémère de la National Football League (NFL). Donald Trump a de grands projets pour l’USFL, mais celle-ci se casse les dents en 1986 et beaucoup ont accusé l’homme d’affaires d’être la cause de cet échec.


L’occasion d’avoir une nouvelle équipe de (vrai) football se présente donc avec les Rangers. Un club mythique de football, écossais et protestant, le cocktail semble donc parfait pour Donald Trump. En plus, Donald Trump prétend s’y connaître un peu dans ce sport, ayant joué une petite saison en 1962 comme milieu de terrain des Scarlet Nights, l’équipe d’une école militaire new-yorkaise. Même si on raconte que le futur président des États-Unis était meilleur dans la provocation que balle au pied. En 1992, il participe aussi au tirage au sort de la Coupe de la Ligue anglaise.

Deux acquisitions manquées, une campagne réussie


Le magnat de l’immobilier se penche alors un peu sur l’affaire des Rangers. Mais la situation financière du club est si désastreuse que même Trump ne veut pas y mettre les pieds. « On a regardé ça en détails, puis on a renoncé. Financièrement, cela n’a aucun sens pour nous, même s’il s’agit d’un grand club. On espère que quelqu’un interviendra et reconstruira l’équipe » , déclare une source proche du milliardaire. Mais les Rangers ne sont pas les seuls à avoir attiré l’attention de ce dernier. En 2015, après avoir tenu des propos controversés sur les migrants d’Amérique latine présents sur le sol US dès le lancement de sa campagne pour les présidentielles, Donal Trump a fait une offre de cent millions de dollars pour l’acquisition de l’Atlético Nacional, club de Colombie dont, jadis, le principal actionnaire n’était autre que le narco le plus célèbre du globe : Pablo Escobar. Le club a cependant refusé l’offre et attendait cent cinquante millions au minimum. « Pour nous, la proposition est inacceptable. Ils pensent peut-être que nous sommes stupides » , avait déclaré un Donald Trump furieux. L’homme orangé a alors pu se consacrer à la campagne présidentielle et la gagner, au nez et à la barbe d’Hillary Clinton. Qui sait si l’humanité ne regrettera pas un jour que l’Atlético Nacional ait été si gourmand. Et pendant ce temps, les Glasgow Rangers, eux, ont retrouvé l’élite écossaise. Sans l’aide de Trump.




Par Robin Richardot
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