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Le jour où Sunderland en a collé sept à Liverpool

Ce soir, Liverpool se déplace à Sunderland. Si le Stadium of Light réussit bien aux Reds depuis quelques années, ce n'était pas le cas du Roker Park. À une époque où les footballeurs étaient tous moustachus, Sunderland, alors un grand d'Angleterre, atomisait son adversaire. Sans ménagement.

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« Sur quatre d'entre eux, j'ai juste eu à pousser le ballon au fond des filets. Holley a éliminé la défense à lui tout seul et a même mis le gardien adverse hors de position avant de me servir les buts sur un plateau. » Charlie Buchan est modeste pour quelqu'un qui vient d'inscrire un quintuplé. Le 7 décembre 1912, il y a 103 ans, face à Liverpool, Buchan n'a laissé que des miettes à ses coéquipiers. Enfin, deux petits buts. Après avoir ouvert le score dès la 16e minute, l'avant-centre de Sunderland patiente pendant trente minutes avant de continuer le spectacle, le temps pour Henry Martin et Jack Mordue de détruire le suspense.

Maintenant que Sunderland mène 3-0, Buchan peut s'atteler à soigner ses stats personnelles. Il inscrit quatre buts supplémentaires, histoire de coller la honte à des Reds complètement dépassés par la force de frappe offensive des Black Cats. Boum, un sévère 7-0 dans la tronche des Reds. Et dire qu'un an plus tôt, fraîchement recruté à Arsenal et secoué par le public de Roker Park, Charlie Buchan désirait déjà repartir. « Plus jamais je ne taperai dans un ballon pour Sunderland » , déclare-il à son coach, Bob Kyle. Ce dernier le convainc de jouer un dernier match pour le club. Buchan accepte et marque deux buts dans une victoire 3-1. Il ne sera plus jamais la cible des supporters, mais plutôt leur idole.

Un tournant dans la saison


Le moins que l'on puisse dire, c'est que Liverpool a affronté Sunderland au mauvais moment de la saison. Après une saison 1911-1912 décevante terminée à la huitième place, Sunderland décide d'injecter du sang neuf en recrutant quatre nouveaux joueurs voués à être titulaires, dont Charlie Gladwin et Joe Butler. Il faut donc un certain temps pour que l'alchimie ne se crée sur le terrain. Le début de saison est très inquiétant, avec cinq défaites et deux nuls. Au bout des sept premiers matchs, Sunderland est 19e. Les Black Cats ont le déclic contre Middlesbrough et l'emportent 4-0. S'ensuit une série de cinq victoires en sept matchs. Et les scores sont impressionnants : 3-1 contre Arsenal, 3-0 contre Notts County, 5-1 contre Bradford City, 3-1 contre Manchester United et 3-1 contre Aston Villa, le tenant du titre.


C'est à ce moment-là qu'un Liverpool faiblard fait le déplacement à Roker Park, devant 14 000 spectateurs. C'est à ce moment-là, aussi, que Liverpool se prend l'une des plus grosses roustes de son histoire. Et de permettre à Sunderland de se lancer pleine balle sur la route du titre. Après cette victoire 7-0, bien entendu la plus éclatante de la saison, les Black Cats enchaînent les succès avec une facilité déconcertante. En vingt-deux matchs, Sunderland décroche dix-huit victoires, et devient champion d'Angleterre devant Aston Villa. Le tout avec 86 buts inscrits. Le football développé par Sunderland est impressionnant et repose en grande partie sur le duo d'attaquants que forment George Holley et Charlie Buchan. Holley, habituellement finisseur de l'équipe, se mue en passeur cette saison-là, et laisse la vedette à son pote Charlie.

Le gang des Charlie


Il inscrit « seulement » douze buts, tandis que son compère d'attaque en plante 27. Mais selon Buchan, le succès offensif de son équipe repose essentiellement sur un autre Charlie. Gladwin, défenseur central. « Il a stabilisé la défense et a donné suffisamment de confiance à Frank Cuggy et Harry Low, les milieux relayeurs, pour se projeter et se joindre aux attaques. Sunderland est devenu une équipe de premier plan à partir du moment où il est arrivé » , explique-t-il. En effet, Gladwin a plutôt intérêt à stabiliser la défense, sachant que Sunderland évolue dans un ambitieux 2-3-5. L'autre joueur qui permet à l'équipe d'être équilibrée, c'est encore un Charlie. Thomson, cette fois-ci. Le milieu défensif écossais est le capitaine courage de l'équipe. Sauf que le capitaine a pété un plomb au mauvais moment. Lors de la finale de la FA Cup contre Aston Villa.


Thomson s'occupe personnellement d'un certain Harry Hampton, avant-centre de Villa qui a la réputation d'être violent avec les gardiens. Captain Charlie le bouscule tout le match et multiplie les fautes. Les deux hommes en viennent aux mains et écoperont d'un mois de suspension après coup. Sunderland, largement meilleur et en supériorité numérique pendant 30 minutes après la blessure du gardien adverse, en oublie de jouer et se fait sanctionner par un but de Tommy Barber sur corner. Un corner tiré par Charles Wallace. Encore un Charlie. Même si les Black Cats ne parviennent pas à faire le doublé, la saison 1912-1913 de Sunderland est exceptionnelle. Et elle a surtout fini de convaincre Charlie Buchan de rester. Il est aujourd'hui encore le meilleur buteur de l'histoire du club en championnat avec 209 buts en 370 matchs. En voilà un qui a bien fait de changer d'avis.

07/12/2012 : Sunderland 7-0 Liverpool
Buts : Buchan (16e, 41e, 68e, 69e, 87e), Martin (21e), Mordue (32e)

Par Kevin Charnay
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Dans cet article

louvressac Niveau : DHR
d'apres la BBC (source un peu fiable) les black cats n'ont gagnés que 7 des 64 derniers matchs contre liverpool, et jamais par plus d'un goal d'ecart... derniere fois ou c'est arrivé en janvier 1952 !
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