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Le jour où Nihat renversait la République tchèque

Durant l'Euro 2008, la Turquie aura constitué l'équipe frisson du tournoi suisso-autrichien. Des victoires à l'arrachée obtenues au bout du suspense, mais avec un panache toujours aussi incroyable. Parmi elles, la République tchèque.

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Des nuages gris, de la pluie, puis un déluge. Dans le stade de Bâle, les conditions pour jouer ce match entre la Turquie et la Suisse sont à la limite du praticable. Un match haché et tendu, comptant pour la deuxième journée du groupe A entre deux équipes jouant leur survie. Un match de la peur, qui rappelle les événements malheureux liés aux barrages du Mondial 2006, terminés en bataille générale en Turquie après une qualification suisse. Mais cette fois-ci, la victoire va changer de camp. « Après notre défaite initiale contre le Portugal, il nous restait encore deux matchs où nous n'avions plus le choix, il fallait gagner, se souvient Nihat Kahveci. Contre la Suisse, nous perdons le match 1-0 pour finalement l'emporter 2-1, grâce à un but d'Arda Turan dans les dernières minutes. On se demandait tout le temps si le match allait s'arrêter avec la pluie. » Le spectacle s'achève par une élimination helvète, la Turquie vient de passer son seizième de finale virtuel de l'Euro grâce à son futur Barcelonais. La prochaine étape vers les quarts de finale, ce sera la République tchèque de l'immense Petr Čech.

« Nous irons jusqu'à la mort ! »


Pour ce choc contre la Reprezentaçe, battue elle aussi par le Portugal, les hommes de Fatih Terim abordent cette rencontre comme un huitième de finale au sens propre. Au classement, Turcs et Tchèques sont à égalité parfaite : 2 buts marqués, pour 3 encaissés. Dès lors, un match nul emmènerait tout ce beau monde… en prolongation. Conscients de l'enjeu, les deux équipes n'ont pas froid aux yeux en ce 15 juin 2008 et démarrent la rencontre pied au plancher, dans un stade chauffé à blanc par la horde ottomane. Pourtant, les premiers à s'égosiller devant un but seront les Slaves. D'un centre bien ajusté, Zdeněk Grygera dépose le ballon sur le crâne du géant Jan Koller pour l'ouverture du score (34e).

Le passage dans les vestiaires permet au capitaine du soir de booster ses coéquipiers menés à la pause. « D'abord, l'entraîneur a pris la parole, en disant que nous n'avons pas toujours l'opportunité de nous qualifier pour une phase finale et que c'était le moment de tout donner, explique Nihat. Derrière, en tant que capitaine, j'ai fait mon devoir en leur disant : "Hé les mecs, il nous reste 45 minutes, nous allons nous battre et nous irons jusqu'à la mort !" Au-delà de son devoir sur le terrain, le capitaine doit savoir transcender son groupe. On savait qu'on était capables de le faire après notre victoire contre la Suisse. » Les Turcs arrivent de nouveau sur la pelouse, déterminés. Portés par leurs supporters, Tuncay et Nihat mettent la pression sur Čech, mais rien ne passe. Pire, puisqu'à l'heure de jeu, c'est même Jaroslav Plašil qui creuse l'écart d'une reprise à ras de terre (62e). La Turquie est au fond du trou. Mais la Turquie n'est pas morte.

Tout le pays derrière Nihat


Fatih Terim vient se plaindre auprès du quatrième arbitre qu'il attendait un changement de joueur depuis trois minutes. Et entre-temps, son équipe prend un second but. Qu'importe, la colère passe, et le changement aura tout de même lieu. Sur le pré, Čech semble toujours impassable devant Tuncay, quand Jan Polak rate la balle du 3-0. Poteau sortant. Le tournant. Lancé en profondeur, Hamit Altıntop centre en retrait, et Arda Turan trouve enfin la solution pour percer le mur Čech. « À la 75e minute, quand tu vois que l'on perd 2-0, personne ne nous voyait revenir, analyse Nihat. Le but d'Arda Turan redonnait de l'espoir. À partir de ce moment, on courait plus qu'eux, on se battait plus qu'eux, la confiance avait changé de camp. » La confiance, c'est justement ce qu'il va manquer à Čech sur un nouveau centre d'Altıntop. Sorti de ses cages, le gardien capte le ballon, avant de le relâcher maladroitement. « Dans le football, certaines choses sont inexplicables, évoque Nihat. Cette erreur, elle n'aurait probablement jamais eu cette importance si je n'étais pas à l'affût pour lui mettre la pression. Il fallait que je sois présent à ce moment, à cet endroit. » À la tombée du ballon, le capitaine pousse la balle dans le but vide et égalise (87e). La folie s'invite à Genève, le meilleur est à venir.

Nihat prend le ballon dans les filets et l'amène lui-même au rond central. Lancé à la limite du hors-jeu par Altıntop quelques secondes plus tard, l'ex-buteur de Villarreal se retrouve encore face à Čech. « On ne souhaitait pas aller en prolongation, on voulait profiter de notre dynamique. Quand je reçois la balle, je tente une frappe forte et enveloppée. Le genre de frappes que tu réussis 2 fois sur 10. C'était une occasion avec une responsabilité énorme, tout mon pays pouvait être triste en cas d'échec. Mais à ce moment-là, j'étais convaincu que cela allait marcher. » La frappe est parfaite, imparable. La Turquie, menée il y a deux minutes, vient de passer devant au tableau d'affichage (89e). « C'était incroyable. Je n'ai même pas de mot pour décrire ce que je ressentais, se souvient Nihat. Sur le terrain, tu ne te rends pas compte de ce que ce genre de buts provoque, mais ensuite, tu réalises ce que tu as offert à ton pays. » Ivres de bonheur, les Turcs vont cependant terminer le match avec une peur bleue, quand Volkan Demirel, gardien de l'équipe, est expulsé pour avoir embrouillé Jan Koller après une occasion chaude. Sans autres remplaçants disponibles, c'est donc l'attaquant Tuncay qui terminera aux cages. « On a dû passer par toutes les émotions dans ce match, conclut Nihat. Très franchement, à ce moment-là, il restait trois minutes, mais elles passaient comme si on en disputait vingt ! On sentait qu'il pouvait se passer n'importe quoi, mais Tuncay aura fait un excellent gardien. » Un Turc de fou.



Par Antoine Donnarieix
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DivinCodino Niveau : DHR
Ah, Nihat, ça c'était un super attaquant. de beaux moments à Villareal et la Real Sociedad avant (son duo avec Kovacevic).

Mais quand même, même si la Turquie a eu le mérite d'y croire jusqu'au bout façon petit poucet de coupde Frnace, c'était une équipe moyenne déjà loin de son niveau périodé Mondial 2002. Les tchèques ont surtout montré un mental en mousse et se sont fait hara-kiri bien comme il faut. La Tchéquie des 2000, c'est un peu le Portugal des 90's, une génération dorée qui n'était pas assurée de remporter un titre important (ils n'étaient pas meilleurs sur le papier que d'autres nations rivales), mais surtout qui n'est pas allée au bout de ses possibilités.
Les mecs avaient quand même une putain de baraka sur cet Euro. Ils refont le coup en quart de final contre la Croatie. Ouverture du score croate à la 119ème, égalisation à la 121ème. Serein les types
Ah qu'est-ce qu'elle m'a fait rêver cette équipe de Turquie à l'euro 2008!
Tout leur match, après celui contre le Portugal, ont été magique avec des retournements de dingue. Il ne fallait pas être cardiaque devant leur match.
C'est d'ailleurs leur seul gros parcours depuis, on attends toujours une qualification en coupe internationale ... qui sera peut-être à moitié acquis avec une victoire ce soir.
Note : 1
Anectode:
On a tous un pote turc qui nous parle de ce match lorsqu'on lui dit que la qualif' pour l'Euro2016 va se jouer à peu de choses. Il ne faut pas trop le charrier non plus, le regard noir arrive vite sinon.
Ils ont failli refaire le coup en demi contre l'Allemagne aussi, mais c'est Lahm qui donne la victoire en fin de partie. Belle compétition de la Turquie en tout cas.
À la dernière minute du match le gardien turc se prend un rouge pour avoir poussé un tchèque dans sa surface, c'est pas censé donner un pénalty ??

Turquie et Russie, 2 nations qui ont enflammé cet euro 2008 !!
Note : 2
Cette équipe m'a fait kiffer, tous ces retournements de situation étaient extraordinaires. Je me souviens aussi de la fameuse coupure de courant en demies finales qui nous a empêché de voir deux ou trois buts, match où si je ne m'abuse, seulement 13 joueurs turcs étaient disponibles pour faire une équipe... et ils arrivent à ne perdre que 3-2 contre l'Allemagne, très fort. J'avais beaucoup de déception de voir que cette équipe n'arrivait jamais à se qualifier après ce superbe Euro
ligeriendunord Niveau : District
magnifique! par contre sur la balle du 3-0 pour les slaves y a pas un leger pied haut et dangereux?
Nihat ! Nihat ! Nihat !
l'Euro 2008, cette compétition où tout le monde s'est surpris à espérer une finale Turquie - Russie... J'ai adoré cette compétition, et effectivement, tant le retour turc face aux Tchèques que leur mano a mano avec les Croates sont entrés directement dans la légende.
fredoumarkanouté Niveau : Loisir
je suis assez d'accord cette Euro avait été vraiment fantastique, peut etre la plus belle après celle de 2000. Les stades petits, les matches fou des pays bas, arshavin possible futur ballon d'or après ces 2 matches de dingues (suède, pays bas),les turques et leurs force lymite mystique, les quarts sublime... seul l'Espagne ne m'avait pas vraiment marquer, trop facile.
Ronniesheva Niveau : CFA
Message posté par canadianguy
À la dernière minute du match le gardien turc se prend un rouge pour avoir poussé un tchèque dans sa surface, c'est pas censé donner un pénalty ??

Turquie et Russie, 2 nations qui ont enflammé cet euro 2008 !!


Non car la balle était déjà sortie en corner je crois, donc le jeu est arrêté. on n'a jamais transformé un corner en un penalty quand le jeu est à l'arrêt.
Ronniesheva Niveau : CFA
Message posté par ligeriendunord
magnifique! par contre sur la balle du 3-0 pour les slaves y a pas un leger pied haut et dangereux?


non, on voit clairement que c'est polak qui fonce en s'abaissant vers la balle. (je tiens à préciser que je ne suis pas Turc hein)
Ronniesheva Niveau : CFA
Message posté par DivinCodino
Ah, Nihat, ça c'était un super attaquant. de beaux moments à Villareal et la Real Sociedad avant (son duo avec Kovacevic).

Mais quand même, même si la Turquie a eu le mérite d'y croire jusqu'au bout façon petit poucet de coupde Frnace, c'était une équipe moyenne déjà loin de son niveau périodé Mondial 2002. Les tchèques ont surtout montré un mental en mousse et se sont fait hara-kiri bien comme il faut. La Tchéquie des 2000, c'est un peu le Portugal des 90's, une génération dorée qui n'était pas assurée de remporter un titre important (ils n'étaient pas meilleurs sur le papier que d'autres nations rivales), mais surtout qui n'est pas allée au bout de ses possibilités.


pour moi justement cette équipe était meilleure que celle de 2002...en 2002 y avait certes le brésil en groupe mais à côté de cela t'avais que la chine et le costa rica (bien loin du costa rica de 2014), en huitième le japon et en quart le sénégal... je crois qu'aucune équipe a eu un chemin aussi facile vers les demies que la turquie dans le mondial (dans la version 32 équipes avec huitième et quart bien entendu)
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