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Le jour où Mohamed Ali a adoubé Pelé devant l'histoire

Le 1er octobre 1977, Pelé s'offre un dernier tour de piste sous les yeux de Mohamed Ali, venu reconnaître le Roi du foot comme l'un des siens : la caste des plus grands.

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Mohamed Ali, qui nous a quittés ce samedi, a posé son empreinte bien au-delà de la boxe. Une stature mondiale qui devait bien à un moment ou un autre le conduire à tutoyer une autre grande figure sportive « noire » de son époque : Pelé. Entre « the greatest » et le « roi » , la rencontre prendra même des airs de reconnaissance mutuelle, malgré l'immense fossé qui les séparait, tant sur le fond que la forme. La logique les aurait normalement plutôt conduits à s'affronter sur le ring et en dehors, à coups de déclarations vantardes. Mais Pelé n'était pas un boxeur, et Ali pouvait bien accepter qu'un « frère » partage un peu de sa gloire sur un autre terrain que le sien. 1er octobre 1977. Pelé met un terme à sa carrière. Au Giants Stadium de New York, environ 75 000 spectateurs assistent à une improbable confrontation entre le Cosmos et Santos, les deux clubs de sa vie, pour lesquels il jouera une mi-temps chacun. Un invité d'honneur tient une place particulière à ses yeux, et pour les photographes qui se pressent autour de lui, pendant que les pancartes ornées d'un « love » garnissent les tribunes : Mohamed Ali. « Je veux être comme Pelé. Je veux arrêter en étant encore champion et que les gens me réclament. Et j'aurais le droit à une grosse fête au Madison Square Garden. » Attention, le monde retient son souffle.

Andy Warhol : « Vous avez remplacé les stars de cinéma d'Hollywood »


Les deux personnages sont bien davantage que des sportifs renommés et recouverts de trophées. Ils en ont parfaitement conscience, leur popularité dépasse de loin les pages sport des magazines. Andy Warhol, qu'ils ont pu croiser au Studio 54, temple du disco florissant, le leur a susurré à l'oreille : « Vous avez remplacé les stars de cinéma d'Hollywood » dans le cœur des gens. Ils sont aussi bien au fait d'une autre évidence : leur discipline, leur talent et surtout évidemment leur dimension symbolique dans leur époque leur ont permis de rayonner à travers le monde. Au nord comme au sud, qui commence à se dresser face à l'impérialisme occidental. Le rock ne peut prétendre encore à un tel universalisme. Seul un petit Bruce Lee est aussi en train de réaliser pareil miracle dans son coin. Ils se parlent donc de la même échelle, surplombant le globe.


Pelé gardera un souvenir assez révélateur de leur premier face-à-face, un caractère bien trempé qui tranchait avec le côté réservé du démiurge blond du Pop Art. « Il se révélait un personnage complètement différent d'Andy Warhol - avec plus de fun, à faire des blagues tout le temps. Nous avons dîné un soir et il me taquinait constamment, en affirmant qu'il était plus célèbre que moi. Le football m'a quand même donné l'occasion de rencontrer beaucoup de gens formidables. J'ai discuté avec Nelson Mandela en Afrique une fois, et j'ai côtoyé cinq papes aussi. » Toutefois, seul « Ali Bombay » eut sûrement l'audace et l'impudence de prétendre, devant lui, en le fixant du regard, qu'il pesait plus lourd que le héros de la Seleção.

Pelé : « Mon idole Mohamed Ali »


Le plus étonnant, quand on connaît le peu d'humilité de Pelé, reste qu'il sembla toujours finalement lui donner raison, ou du moins feindre de respecter cette hiérarchie au Panthéon du vingtième siècle. Le ballon rond a certes pris l'ascendant sur les gants. La mythologie et la politique, en étoiles jumelles, ont en revanche accordé leur faveur à un seul demi-dieu, qui « vole comme le papillon, et pique comme l'abeille » . Lorsqu'en février 2014, il révéla avoir eu une conversation Facetime avec le multiple champion du monde, ses propos demeuraient toujours empreints d'un profond respect et d'une déférence dont il le sait moins capable pour ses confrères à crampons, certes peut-être inspiré par la déjà mauvaise santé du héros de Kinshasa, mis à terre par le pire des cogneurs, Parkinson. « Aujourd'hui, j'ai eu une belle surprise. J'ai eu un échange FaceTime avec mon idole Muhammad Ali. » Il n'avait en effet plus donné de nouvelles depuis l'enterrement de son ancien meilleur ennemi, Joe Frazier.


Étrangement, s'il fallait trouver un équivalent à Edson Arantes do Nascimento dans le monde de la boxe, n'importe qui songerait davantage à ce dernier, ou même à George Foreman. D'une certaine façon, il aurait pu parfaitement endosser, en appliquant les grilles d'analyse et les gammes d'insultes de l'homme précédemment connu sous le nom de Cassius Clay, l'ingrat rôle du « bon nègre » , qu'Ali s'ingéniait continuellement à faire « jouer » à ses adversaires. L'occasion de le déstabiliser et aussi de promouvoir un message politique appris auprès de Malcom X (avant de le répudier par fidélité à Elijah), tout en se recouvrant de la cape du justicier du peuple noir. Toutefois, Pelé n'était pas sur le ring. Il venait du Brésil, ce qui devait peut-être l'inciter à la même « mansuétude » politique qu'envers le controversé Mobutu. La concurrence avait en tout cas beaucoup moins de sens du coup, et quand la route des deux hommes finit par se croiser, Ali s'était presque assagi. Il avait quitté la Nation of islam pour rejoindre le sunnisme, sa rhétorique mégalo avait pris une tournure plus paternaliste et sympathique.

Ali : « Désormais, nous sommes deux à être les plus grands »


Donc retournons en 1977, à Big Apple. Pelé entame alors un dernier tour d'honneur, moment de ferveur et de dévotion un peu décalé vu le lieu. Mohamed Ali descend vers l'astre du jour. « Quand je parle d'amour, je regarde vers Mohamed Ali, et il pleure. Je sais alors que nous sommes égaux et frères » , lâche, ému, Pelé dans la presse. Le vainqueur du « Rumble in the Jungle » l'embrasse, et lui donne l'accolade, l'entoure de son aura. « Désormais, nous sommes deux à être les plus grands » , lâche-t-il avec son sens inné du timing, une tournure de phrase qui lui conserve malgré tout le privilège d'attribuer les titres de noblesse. En 2000, Pelé sera ainsi nommé deuxième sportif du siècle par la BBC. Mohamed Ali numéro un pour l'éternité.



Par Nicolas Kssis-Martov
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Je me suis toujours dit que si j'étais né 15 ans ou 20 ans plus tôt Cryuff, Ali et Borg eurent été mes idoles sportives absolues.
Ce commentaire a été modifié 2 fois.
@aerton Ne t'inquiète pas, tu aurais eu @Bota67 pour calmer tes ardeurs. haha.

Je suis très content d'être grandi sportivement et musicalement dans les années 90. Tout au plus aurais-je aimé être au collège en même temps que toi (si mes calculs sont bons) pour profiter pleinement du Milan des années Sacchi, de la folie Nirvana ou de l'introduction du rap dans les chaumières.

Par contre, cinématographiquement, le même Algiers aurait tellement aimé grandir dans les années 70.
L'une des mes plus grosses claques fût la découverte d'Al Pacino, je ne m'en remettrai jamais.
Haha, idem pour Al Pacino. Onde de choc cinématographique sans précédent pour moi (le premier film, c'était Scarface, mais les autres, quasiment tous, sont venus dans les semaines et mois qui ont suivi).
J'ai également débuté avec Scarface, mais j'ai commencé à m'y intéresser sérieusement après ce dimanche où, les volets fermés, j'avais regardé pour la première fois le Parrain dans ma chambre.

Comme toi, tous les films avaient suivi.
Depuis, tel un prosélyte, je profite de la moindre occasion pour montrer quelques de ses films à mes amis, en particulier A Dog Day Afternoon où il atteint des sommets extraordinaires.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Cette scène dans le Parrain où la famille discute représailles, Sonny en rage comme d'habitude, Tom Hagen sur la touche ( "You're not a wartime consigliere !")... et là t'as ce travelling sublime durant lequel Pacino, crispé dans son fauteuil, semble prendre 10 ans.

L'envergure, l'intensité qu'il arrive à mettre durant ce traveling, pour finalement imposer à la meute que ce sera lui, Michael, qui se chargera personnellement d'exécuter Sollozo...

Un grand moment (avec ce plan à la fin où il décide de fermer sa porte à Diane Keaton, cette fermeture de porte est pour moi l'une des plus belles de l'histoire du cinéma avec celle de Delon dans le Samuraï, celle du caveau d'Il était une fois en Amérique et quelques autres principalement recensées chez Cassavetes).
@ Algiers :

Ouais, Un Après-midi de chien, j'ai dû le prêter à tous mes potes et à la moitié de ma famille. "Tu te rends compte que je suis avec un mec qui crois que le Wyoming est un pays ?" est l'une de mes répliques préférées de l'histoire de cinéma.
Idem pour l'Impasse, qui est, rétrospectivement, peut-être celui de ses rôles que je préfère.
Ce serait bien qu'il joue bientôt dans un bon film, ça commence à faire une paye qu'on l'a pas vu dans quelque chose de regardable...

@ Alegria :

C'est Al Neri qui ferme la porte. On voit d'ailleurs le personnage monter en grade au fur et à mesure des trois films : simple exécutant dans la 1, membre de la garde rapproché dans le 2, puis associé à pas mal de décisions et au chevet du Michael malade dans le 3 - façon peut-être pour Coppola de compenser le fait d'avoir beaucoup moins développé le personnage qu'il ne l'est dans le roman. Richard Bright, qui le joue dans les trois films, n'a pas fait énormément d'autres choses, dans mes souvenirs. Un petit rôle dans Panique à Needle Park, un autre dans Il était une fois en Amérique, et puis c'est tout ce dont je me souvienne.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Putain j'étais persuadé que c'était Michael !

C'est son regard vers elle, quand la porte se referme, qui m'a marqué.

Je ne te remercie pas de corriger cet idéal souvenir ! ;)
Guiguichelorraine Niveau : DHR
Je ne peux que me joindre à toi ! Une des plus belles scènes du cinéma et chargée d'un symbolisme irrémissible ; lui qui se voulait humaniste, qui ne se destinait pas à noircir ses mains dans les affaires mafieuses, devient celui qui prend le commandement par le baiser sur qui lui ai offert sur sa main. Plus intransigeant et assuré que Fredo ; moins passionnel que Sonny, il a toujours prédestiné à la succession en réalité.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Cette scène est terrible parce qu'elle décrit la légitime, la nécessaire corruption de la pureté appelée à régner.
La scène avec Brando, aussi... Quand il lui dit "J'ai toujours su que Santino serait dans ce milieu. Quant à Fredo... Fredo n'est qu'un... Mais je n'ai jamais voulu de ça pour toi" Qu'il l'envisage "Sénateur Corleone... Gouverneur Corleone..." malgré les récriminations de Michael ("I'm not a pezzo da novanta"), Michael qui était l'enfant préféré du père (voir la scène du 2, après que De Niro ait tué Fanucci et qu'il prend Michael sur ses genoux en lui disant "ton papa est fou de toi), celui destiné à la légalité (le seul qui avait un prénom anglo-saxon !), et qui, par amour pour ses proches, devient tout ce qu'il a toujours détesté...

Il y a une dizaine d'années, il y avait un ciné du quartier latin qui passait les 3 à la suite (le 3, cependant, dans une version hélas légèrement raccourcie par rapport à celle que je connaissais en DVD, il devait manquer trois ou quatre scènes), c'est pas loin d'être mon plus grand souvenir de cinéma. Je crois que j'ai pleuré à la fin de chacun.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Je crois qu'avec la trilogie du Parrain, Coppola a fixé sur pellicule le déterminisme lié à tout système paternaliste (les plus faibles sur le côté, les plus forts obligés, convoqués sur le front).

Cet immense gâchis des familles.

Le père comme bourreau légal, légitime, bien que malgré lui dépassé par sa violence, de ses propres fils.

Le père en Saturne idéal et cauchemardesque.

Il a fait le tour de cette question. Le reste appartient aux femmes.
@ O Alegria

Je suis très heureux de te voir parler de cette scène de fin du Parrain. Elle me fout à chaque fois des frissons et est également une de mes scènes préférées du cinéma.
Il faut dire que Diane Keaton est irrésistible et réussit à se trouver une place extraordinaire entre ces monstres sacrées du cinéma avec sa présence de fond adorable.
La mort de sa naïveté est, pour moi, un des aspects les plus sombres de la saga. Et ce visage qui comprend que la duperie se referme sur elle comme cette porte me touche au plus profond de mes entrailles.

@ O Alegria et Pelusa

Un de mes plus grands souvenirs de cinéma est sans conteste mon premier visionnage de Once Upon in America au cinéma.
Je suis un amoureux du minimalisme et de l'épurement, mais Sergio Leone le baroque m'a offert quelques de mes meilleurs moments de vie.
La scène qui me vient à l'esprit - aussi une de mes préférées, de loin - est ce travelling où Fat Moe reçoit un appel et vire soudainement les clients de son bar. On ne comprend pas exactement ce qui se passe jusqu'au moment où la caméra traverse la rue et qu'on voit Noodles à l'autre bout du fil, dans la cabine de face. (https://www.youtube.com/watch?v=67jENvl … el=barrkel)
Noodles est un des pires connards torturés du cinéma et j'aime tellement la phrase qu'il lance à Fat Moe pour couper toute discussion, quelques minutes plus tard, lorsque ce dernier lui demande qu'a-t-il fait depuis tant d'années "I've been going to bed early". (https://www.youtube.com/watch?v=RVqOJGD … =luca2tube).

Il y a trop de choses que j'aime dans ce film.

@Pelusa

Merci pour les renseignements concernant Bright.

J'ai revu Panic At Needle Park en présence de Schatzberg il y a quelques semaines. Cette personne dégage un charisme incroyable et, du haut de ses 90 ans, fait au moins trente de moins.
Il nous a raconté qu'il ne voulait pas faire le film, mais que la possibilité de travailler avec ce Pacino qu'il avait vu à Broadway l'avait convaincu de se lancer dans le projet.
Il nous a aussi expliqué que De Niro était sur le rôle et qu'il était un peu déçu de passer à côté : il faudra près de 50 ans avant qu'il se parle, se contentant de se saluer respectivement de loin entre temps !

Dans Panic At Needle Park, la scène new yorkaise est d'ailleurs très présente.
On retrouve ainsi Sully Boyar lors d'une scène où il joue un médecin. Il finira plus tard par jouer Mulvaney dans Dog Day Afternoon, un personnage très courageux. Il y a également Marcia Jean Kurtz qu'on retrouvera également dans le film de Lumet parmi les otages. Enfin, une scène est jouée par Paul Sorvino.

Je voue un amour sincère pour John Cazale qui est parti trop vite. Il a peu joué, mais à chaque fois, sa fragilité a inondé mon cœur.
Le personnage de Sal m'émeut à chaque fois.
Je ne sais pas si tu as eu l'occasion de voir le documentaire "I Knew It Was You" qui le rend hommage et qui parle entre autres de son rôle dans The Deer Hunter, film qu'il ne put jamais visionner.

PS : Dog Day Afternoon abrite enfin un de mes acteurs de second rôle préférées. Il s'agit de Charles Durning, absolument incroyable en "bon flic".
Ses échanges avec Sonny devant la banque me berceront encore longtemps ! Et cette manière si épique d'ouvrir sa chemise et de taper sur son ventre bedonant, Superman peut aller se rhabiller !
Oh putain, j'ai écrit un roman.
Pardon ! hahaha
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Je déconne pas en disant que l'avenir appartient aux femmes. Que de tout temps, l'avenir leur a appartenu.

Ce qui serait terrible en revanche, et qui semble s'annoncer, c'est que les femmes ne fassent que singer les hommes.

Quel les femmes soient femmes jusqu'au bout de leur fleur ! Anaïs Nin a tracé une voix singulière, plus pure, plus déliée, plus ouvertement féminine que toutes les voix des Sand, des Colette, des Beauvoir des Duras des Sagan, des... des Despentes ?...

Anaïs Nin est la seule grande prêtresse que je conçoive. Elle a nourrit Artaud, Miller, à la mamelle. Elle a boursouflé les couilles de ses adorateurs, et abandonné sa vulve à l'absolu.

Comme Bloy sa bite, comme Rimbaud son cul.

Lisez-le journal d'Anaïs Nin. Autrement vous risquez de passer à côté des femmes, à côté de l'essentiel.

Le foot, les guerres, ne sont que des prétextes pour s'approprier les femmes. Parce que la femme, c'est le territoire.
PS : C'est bien entendu de "Panic In Needle Park" dont je veux parler. J'ai fait un horrible mélange entre le français et l'anglais.

@ O Alegria

Nier les spécificités des sexes me semble hérétique. Reste juste à savoir quelles sont ces dites spécificités.
Je ne veux pas m'aventurer sur ce terrain, non pas parce qu'il est mouvant (j'aime travailler l'équilibre), mais parce que je n'ai pas assez réfléchi à la question.

Il me faudra toute une vie pour réfléchir à ça.
Il me faudra toute une vie pour réfléchir à la vie.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Nier les spécificités, c'est la mort du désir.

Tout désir se nourrit d'altérité.

Après, j'en sais rien, honnêtement. Jusqu'ici j'ai toujours vécu la vie selon mon désir. J'ai mis du temps à le comprendre, le construire, l'ériger, mon désir.

Il a presque failli me tuer. Aujourd'hui encore il m'appelle et je m'y abandonne parfois, mais je sais qu'il va me massacrer parce que mon corps d'homme n'est pas apte à contenir tant d'intensité.

"Que pour un instant, rien ne soit, et éternellement rien ne sera."

C'est Bossuet, qui se trompe rarement, qui m'a soufflé ça à l'oreille.

Mais moi j'ai envie de durer et d'être un homme digne de la compagnie des hommes, des femmes, des animaux, même des crustacés, des roches, des plantes et toutes formes de légumineux.

J'aimerais surtout être digne de l'eau. Je ne vois actuellement rien de plus intelligent comme espèce que l'entité aqueuse.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Et je vois le modèle androgyne qui se profile.

Mais je n'arrive pas à savoir si c'est un bien ou un mal. Et dans le doute, vu que tout va définitivement trop vite pour nos antiques méninges, je suis d'avis de garder mon calme d'antique reptilien, quitte à me figer dans l'ambre.
"Mais moi j'ai envie de durer et d'être un homme digne de la compagnie des hommes, des femmes, des animaux, même des crustacés, des roches, des plantes et toutes formes de légumineux.

J'aimerais surtout être digne de l'eau. Je ne vois actuellement rien de plus intelligent comme espèce que l'entité aqueuse."

C'est une très belle aspiration. Une des plus belles. Je te la pique, mais je la partage déjà en fait.

Tu sais, j'en profite pour te remercier pour Cinema Transcendental. Les divagations Youtube qui ont suivi cette si belle écoute m'ont emmené vers Novos Baianos... et ça a fait de moi l'homme le plus heureux du Monde.

Je suis facilement l'Homme le plus heureux du Monde, tu sais.

https://www.youtube.com/watch?v=f8SfDZ6 … 3%A9Amorim

T'es un chic type.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Tu sais, je fais un certain effort pour me lever tous les jours.

Je suis un grand paresseux, ce qui - j'ai appris à le savoir - ne signifie pas que je rechigne au labeur - mais je rechigne, je le concède, à réveiller mes membres lorsque l'environnement semble hostile.

Je déteste l'hiver pour ça. Je déteste l'hiver au réveil. Une fois éveillé par contre, j'adore l'hiver. Ce soleil si bas qu'il irradie enfin mes pauvres fenêtres d'une lumière étale, pâle mais magnanime, loin de l'élitisme des zéniths d'été. J'accueille volontiers tous les soleils, quelle que soit leur saisons.

J'ai appris à goûter chaque soleil- même la pluie et les nuages !

Et je pense que je ne m'en repaîtrais jamais.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
J'ai oublié de te dire que tous les jours, je me réveille avec Transa, Cinema Transcendental ou Acabou Chorare des Novos Baianos.

Ma meuf m'a détesté pour ça. Enfin non, elle m'a trouvé monomaniaque, elle a mis ses chansons à elle aussi, et on a constaté une évidence :

la journée qui se dresse devant toi quand tu as écouté Caetano ou les Novos Baianos est infiniment plus belle, plus virevoltante que celle qui se présentera si tu écoutes Camille ou Die Antwoord ou même ce tapin de Goldman. Dieu merci, j'ai réussi à tuer sec dans l'oeuf toute tentation Voulzyesque.

Ah pardon ! je dis du mal. Tout est adorable. Sérieusement. Ce que je considérais hier comme de la médiocrité m'apparaît aujourd'hui comme le fruit essentiel que nous-mêmes, gamins, avons préservé de l'opprobre de nos aînés.

Pour moi, ce qui est adorable aujourd'hui c'est de me lever avec le soleil, même s'il pointe bas (je pointe bas également mais sur un sursaut mes aiguilles peuvent indiquer Midi).

Je cherche midi partout à 8h à 10h, à 12 ou 14h.

La leçon que j'ai prit de Garrincha et de Diego, c'est de chercher l'éternel midi. Quelque soit l'heure.

Ces mecs m'ont indiqué une direction. Un éternel midi de la faim, où je puisse me rassasier au soleil et sans la moindre contrainte.

Et si tu les écoutes réellement, cet endroit est clairement cartographiable.
Tu as raison amigo.

Je ne veux pas dire du mal de ta moitié, mais il est vrai que le lever avec Camille ou Die Antwort aurait tendance à m'agacer pour plusieurs heures.

Je ne critique pas ces musiques pour ce qu'elles sont, je dis juste qu'elles n'appellent pas le Soleil dont tu parles.

Je pense savoir pourquoi tu aimes écouter Acabou Chorare à ton réveil.
Quand les membres sont ankylosés par la peur de les confronter au monde, Acabou Chorare t'offre le sable chaud et ce soleil rassurants.

Même dans La Cité de Dieu, le soleil de Copacabana est haut et majestueux.

Je te comprends. Lyon n'est pas ce qu'on peut appeler une ville ensoleillée.
Je pense un jour m'en aller et, contrairement à ce que j'ai toujours imaginé, j'irai sûrement courir poursuivre le Soleil.
19 réponses à ce commentaire.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
C'est marrant, ils repassent Mystic River sur la 3, je le mate avec ma mère.

Pelé ne serait jamais monté dans la voiture.

C'est con parce que la voiture, c'était une Wolkswagen, la voiture du peuple. Diego et Garrincha sont montés dans cette voiture, ils l'ont même conduit après qu'on les ait abusé. Ils ont appuyé sur le bouton magique, la voiture s'est élevée dans les airs et ils ont décroché le pompon.

Ils ont décroché le pompon parce qu'ils se sont fait abuser par le peuple et sa voiture.

Pendant ce temps, Pelé est resté sur le trottoir à écrire sa légende à la craie sur le bitume comme on dessine une marelle.
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