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Le jour où le Stade de France a vibré

Un public habituellement triste qui se met à porter son équipe. Des joueurs qui ne donnent rien à picorer aux oiseaux de mauvais augure. Il y a des bonheurs, comme ce France-Ukraine synonyme de billet d’avion France-Brésil, qui valent quelques années de malheur.

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Ce n’est jamais bon signe, pour commencer une soirée, de monter dans un métro bondé et d’entendre un homme en parka sur maillot bleu beugler à la cantonade que s’il se rend au Stade de France, ce soir, c’est uniquement « pour siffler Patrice Évra » . Et ce n’est pas forcément plus encourageant de voir les flots de spectateurs remplir doucement l’enceinte durant les deux heures précédant la rencontre, après avoir lu toute la journée les news annonçant le remplissage du stade de Blida dès 13h avant Algérie-Burkina. D’autant plus quand, en guise d’échauffement, la moindre tentative de chant est étouffée par la soupe qu’un DJ envoie depuis son bunker en forme de ghetto blaster. Ou par l’annonce de la « Minute Supporters Carrefour » . Ou par la répétition du tifo bleu-blanc-rouge officiel. Mais c’est d’autant plus plaisant lorsqu’à la fin du match, un journaliste présent le 12 juillet 1998 explique qu’il vient de vivre la plus belle ambiance de sa vie dans ce stade. Et qu’on n’a pas de mal à le croire.

Enfin un match sans ola

Parce qu’on est davantage habitués à l’irritant ennui footixo-dionysien, observer un Stade de France chauffé à blanc de la première à la dernière seconde a quelque chose de réconfortant. Bien sûr, l’équipe de France est passée de 0 à 100 plus vite qu’une Ferrari, ce qui aide, mais le public n’en a pas moins oublié, l’espace d’une soirée, certaines de ses mauvaises habitudes. Pas de sifflets dans les temps morts, ni sur les passes trop en retrait, ce qui ferait presque oublier ceux, pas du tout classe, qui ont accompagné le début de l’hymne ukrainien. Difficile d’y croire, mais le match était tellement prenant que le SDF n’a même pas eu à subir une seule ola, ce qui est sans doute une première.

Les joueurs, eux, ont réussi à faire péter les décibels d’une soudaine communion avec leur public, tout en évitant de donner la moindre prise aux fabricants de polémiques. Quand Benzema double la mise, il explose de joie. On le sent prêt à tirer la langue à la Dugarry, ou à sortir le doigt comme Nasri, mais il n’en fait rien. Simplement il exulte. Quand Sakho met son doublé (selon les organisateurs) ou pousse Gusev au csc (selon la police), il est à deux doigts d’arracher son maillot et de se prendre un deuxième carton jaune, mais finit par réserver son geste pour la déflagration du coup de sifflet final. Pour des gens qui ne « mouillent pas le maillot » , les Bleus se sont sacrément donnés pendant le match, et pour des « sales gosses désinvoltes » , ils simulaient sacrément bien leur plaisir après la qualification. Et pour tous ceux qui croyaient aussi peu à l’illusion du black-blanc-beur qu’à celle des racailles antinationales, voir le coupable idéal Patrice Évra se saisir du micro pour entonner une Marseillaise au milieu de la pelouse étaient un délice de gourmet.

Noël The Great


Espérons juste que les simplificateurs en tout genre ne verseront pas à leur dossier les images des joueurs français traversant la zone mixte, sur le chemin de leur tour d’honneur en coulisses, en aspergeant les journalistes de champagne et de Powerade, poursuivis par un Fred Calenge échevelé. Les cameramen s’en sortent avec une belle image, les cheveux qui collent et une note de pressing, à envoyer par exemple à Pascal Praud, qui s'y connait en factures à payer. À eux qui trouveront sans doute un moyen d’expliquer qu’ils avaient raison de sonner l’hallali avant le match retour. Entre leur jouissance liquide et leur retour devant les médias après la douche, les héros du soir semblent avoir bien appris les éléments de langage. Premier à répondre, Sakho, comme les autres après lui, insiste bien sur la « communion avec le public, dès le début » , Benzema réfléchit juste ce qu’il faut avant d’admettre qu’il vit bien sa « plus belle émotion » en bleu, et Pogba avoue qu’il n’a « même plus de mots, tellement il y a de mots » .

À part les chaussures à fermeture éclair de ce dernier et le sweat à capuche saumon de Ribéry, peu de fautes de goût sont à signaler. Évra est certes le seul à passer sans s’arrêter, mais d’autres ne sont pas passés du tout. Pendant qu’une ampoule explose inopinément au-dessus des caméras, un journaliste insiste pour que Varane lui dise qu’il a eu une pensée pour le Racing Club de Lens. « Bah, non, là on a surtout pensé à l’équipe de France, quand même. » Noël Le Graët dit trois fois qu’il a fini de répondre aux questions et revient quatre fois. Il savoure. Comme pour pas mal de gens ici, staff et journalistes compris, cette qualification est une bonne nouvelle au-delà du plan sportif. D’un côté, on lui souffle que cette victoire est la sienne, après son discours de dimanche devant les joueurs, d’un autre, on lui demande si cet exploit peut vraiment faire oublier les mauvais matchs de l’équipe de France. Il répond en souriant : « Quand l’Espagne est sortie lors du tirage au sort des éliminatoires, vous avez tous vu la France 2e. Pas un seul d’entre vous voyait l’équipe de France se qualifier autrement qu’en barrages. Et c’est ce qu’on a fait. » Tout simplement.

Par Thomas Pitrel, au Stade de France
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