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  2. // 8e de finale aller
  3. // Naples/Dinamo Moscou

Le jour où le Spartak a éliminé le Napoli de Maradona

Les Napolitains gardent de mauvais souvenirs des rencontres face aux équipes de Moscou, le bilan parle de deux antécédents pour autant d'éliminations. La seconde fut contre le Spartak il y a 25 ans, un match qui marque aussi le début de la fin pour Maradona.

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Un seul homme peut vous changer l'histoire d'un club de football. Maradona et le Napoli en sont la preuve. En sept saisons aux pieds du Vésuve, Diego a conquis deux titres de champion d'Italie, une Coupe d'Italie, une Supercoupe nationale et une Coupe de l'UEFA. Qu'en est-il cependant des deux participations en Coupe d'Europe des clubs champions de ce Napoli maradonesque ? Une élimination au premier tour, une au second tour. C'est également le bilan définitif de l'Argentin qui ne disputera pas la C1 sous d'autres couleurs. Milieu de terrain et porteur d'eau, Massimo Crippa se souvient avec des regrets : « Ce n'était encore que des matchs à élimination directe, on pouvait se retrouver dehors en moins de deux. S'il y avait eu une phase de poules… » S'il y avait eu Maradona surtout…

La roulette russe des tirs au but


Nous sommes en novembre 1990, et la belle mécanique de ce Napoli commence à s'enrayer, si bien qu'au match aller, les sifflets descendent des tribunes avant même le début de la rencontre. « On était bien partis en gagnant la Supercoupe d'Italie contre la Juve sur le score de 5-1. On pensait que tout allait être simple, mais on n'avait gagné qu'un match lors des six premières journées. D'ailleurs, la saison fut longue, on se sauve à quelques matchs de la fin du championnat » , raconte Crippa. Concernant la C1, au premier tour, les Azzurri s'étaient facilement débarrassés des Hongrois de l'Ujpest Dosza (3-0 et 2-0), avant de se retrouver face au Spartak en 8es de finale : « On était clairement favoris, mais c'était une équipe très solide qui avait des joueurs devant comme Shalimov, Mostovoi et Karpin. » Du beau monde effectivement.

Aucun but n'est inscrit durant les 210 minutes de la rencontre (durant lesquelles les Russes ne feront aucun changement !), mais les poteaux sont touchés pas moins de six fois au total, quatre pour le Napoli et deux pour le Spartak. « Au retour là-bas, début novembre, il y avait aussi des conditions climatiques difficiles. C'est dommage, car si on se qualifiait pour les quarts, on s'offrait une belle revanche contre le Real qui nous avait éliminés trois ans plus tôt dès le premier tour » , poursuit l'actuel directeur général du club de Renate (D3 italienne). Tout se joue ainsi à la roulette des tirs au but. Et à ce jeu-là, les Russes ont de sérieux arguments. Dans les cages moscovites, on retrouve Stanislav Cherchesov, aujourd'hui entraîneur du Dynamo Moscou, qui rencontre le Napoli ce jeudi soir en 16es de la Ligue Europa. Seul Baroni loupe sa tentative, Mostovoi inscrit celui de la victoire et élimine le Napoli de Maradona, ou plutôt, sans Maradona.

Diego chez les Soviets


Diego a alors 30 ans et sort d'une finale de Coupe du monde perdue contre l'Allemagne lors du Mondial 90. Une rencontre qu'il ne digérera jamais et qui lui fait prendre un tunnel dangereux, celui de la cocaïne dont il est de plus en plus dépendant. Pourtant protagoniste en 16es contre l'Ujpest, Maradona est de plus en plus ingérable et refuse de se déplacer à Moscou après une prestation décevante au match aller. « Avec les autres coéquipiers, on est allés chez lui pour essayer de le convaincre, mais il ne voulait rien savoir. Il n'avait tout simplement pas envie » , confie Crippa. Naples s'envole ainsi sans lui, et Luciano Moggi, alors directeur sportif du club, déclare : « Ceux qui ne viennent pas ne joueront pas. » Le message était clair. Et pourtant, les rumeurs annoncent une arrivée du Dieg'. C'est ce qui se passe à 1h30 du matin après avoir fait le voyage en jet privé !

Témoin privilégié de cette scène, le journaliste Carlo Alvino a décrit cette nuit particulière pour le site calcionapoli24.it : « J'ai suivi Maradona, une heure plus tard, il partait en ville pour visiter la Place rouge qui était toute proche. Elle était alors très surveillée, car c'était l'époque de la Perestroïka de Gorbatchev. Diego nous a vus en train de le filmer, mais ça ne lui a posé problème, il voulait juste ne pas parler du match. Il a réussi à faire éclairer la place et visiter le mausolée de Lénine. On était cinq, lui, sa femme, son agent, moi et mon cameraman. Un moment surréaliste. » Quelques heures plus tard, Maradona débute la rencontre sur le banc, Bigon le fait entrer à la 70e à la place de Zola, mais rien n'y fait. « Ce match, c'est le début de la fin du grand Napoli, on ne voyait plus le président Ferlaino. Quelques mois plus tard, Maradona est suspendu et s'en va. Très vite, Alemao, De Napoli et Caresca lui emboîtent le pas » , conclut Crippa. Un seul homme peut vous changer l'histoire d'un club disait-on. En bien, mais aussi en mal.

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Par Valentin Pauluzzi
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