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Le jour où le Luxembourg a humilié la France

En seize rencontres, la France s'est toujours imposée, et plutôt largement, contre le Luxembourg. Sauf une fois, le 8 février 1914. Ce jour-là, le onze du Grand-Duché l'a emporté 5-4, contre toute attente.

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Luxembourg 5-4 France

Buts : Jean Massard (4e sp, 20e sp, 46e et 70e) et Zenon Bernard (47e) pour le Luxembourg // Henri Bard (15e), Jean Ducret (22e sp), Charles Géronimi (41e) et Marcel Triboulet (80e) pour la France

« Imaginez-vous que les onze Français qui font le voyage de Luxembourg reviennent avec une défaite ? Voyez quelle serait la responsabilité des dirigeants de la place Saint-Thomas d’Aquin. » C’est en ces mots que Robert Desmarets, journaliste emblématique de L’Auto, l’ancêtre de L’Équipe, prévient le Comité français interfédéral dans l’édition du 7 février 1914. Si l’équipe de France perd face au Luxembourg, le CFI en prendra plein la tronche. Car en choisissant son équipe quatre jours avant le match, alors que la date de la rencontre est connue depuis longtemps, le Comité n’a pas eu le temps d’obtenir les autorisations de l’armée pour convoquer certains joueurs parmi les meilleurs de l’équipe de France. Résultat, défaite 5-4 pour les Bleus, à Luxembourg. Le lendemain du match, le 9 février, Bob Desmarets tient sa promesse. « Catastrophe  » , « seuls les dirigeants du CFI doivent faire leur mea culpa » , « il vaudrait beaucoup mieux rester chez soi plutôt que d’aller faire ridiculiser notre football à l’étranger » ... Voilà les termes employés pour qualifier une défaite qui passe très mal, même s’il s’agit d’un match amical contre un pays ami.

Le Duché remonté à bloc


Si la défaite reste autant coincée en travers de la gorge, c’est parce que personne ne l’a vue venir. Deux semaines après une victoire inespérée, au courage, contre la Belgique (4-3), un adversaire jugé plus fort, les Français sont en pleine confiance. Malgré l’absence de nombre de ses cadres (seuls trois joueurs du match contre la Belgique – Bard, Dević et Ducret – sont présents contre le Luxembourg), le onze du Grand-Duché ne fait peur à personne. « Il est probable que dimanche prochain, les nôtres reviendront couverts de lauriers » , assure L’Auto quelques jours avant la rencontre. Sauf que pendant ce temps-là, le Luxembourg se prépare comme jamais, voulant à tout prix éviter une troisième débandade. Déjà humiliés deux fois par les Français, 4-1 en 1911 pour leur tout premier match, et surtout 8-0 l’année précédente en 1913, les Luxembourgeois entendent bien prendre leur revanche. Si bien qu’une semaine avant la rencontre est organisé un match de sélection entre les « Probables  » et les « Possibles  » (victoire 9-3 des Probables) pour déterminer le onze national qui défiera la France.


Le 8 février, le grand jour est arrivé pour le onze du Grand-Duché. 5 000 spectateurs se massent dans le stade, tandis que 1 000 autres qui n’ont pas trouvé de places sont juchés sur les palissades de clôture et les maisons environnantes. Sur un terrain un peu gras, les Français sont vite cueillis à froid par Jean Massard, qui ouvre le score dès la quatrième minute pour les locaux. L’efficacité de l’avant luxembourgeois contraste avec la tendance à vendanger d’Albert Eloy, qui botte souvent à côté. C’est bien simple, à chaque fois que la France revient au score ou reprend les devants, Jean Massard ruine tout espoir en plantant un pion supplémentaire. Auteur d’un quadruplé, il fait souffrir la défense française comme personne. Il faut dire que l’arrière-garde française est privée de son gardien star Pierre Chayriguès, et de son philosophe Gabriel Hanot. Aussi doué ballon au pied que plume à la main, l’arrière français écrivait ces lignes quelques jours plus tôt dans L’Auto : « Il est à remarquer qu’un arrière véritable danse, trépigne sur les pieds, à la manière d’un boxeur qui essaie de fatiguer l’adversaire, de le tromper, et de lui lancer le coup de poing fatal. »

Une défaite à relativiser


Mais le boxeur n’est pas là aujourd’hui, et la France doit donc s’incliner. Si la presse et le public français considèrent alors cette défaite en football association comme une « catastrophe  » , tout est à relativiser. En cet hiver 1914, les joueurs français ont certes la tête basse, mais ce n’est rien comparé à la mine qu’ils tireront quelques mois plus tard. Car pendant ce temps-là, le gouvernement solidifie ses alliances et s’arme pour se préparer à une guerre imminente. Ainsi, si ce match contre le Luxembourg est synonyme de première sélection pour bon nombre de joueurs, il constitue aussi la dernière pour beaucoup d’entre eux. Comme pour Jean Loubière, gardien d’un soir, et soldat de deuxième classe mort au combat un an plus tard presque jour pour jour. Ou pour Charles Géronimi, buteur international le jour de ses dix-neuf ans à Luxembourg, et Maréchal-des-logis décédé des suites de ses blessures en novembre 1918. Que Robert Desmarets se le dise pendant qu’il s’égosille contre le CFI, le monde est bien plus beau lorsqu'il n’y a que le football pour nous faire verser une larme.

Par Kevin Charnay, avec Ronan Boscher
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