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  2. // 27e journée
  3. // AS Roma/Sampdoria

Le jour où la Roma a perdu son 4e Scudetto

Si près, si loin. Une formule récurrente dans l'histoire de la Roma. Le 25 avril 2010, elle s'incline 2-1 à domicile face à la Sampdoria et dit adieu au Scudetto après être pourtant passée devant l'Inter à quelques journées de la fin du championnat.

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D'aucuns diront que c'est ce qui fait la beauté de la Roma, son romantisme fait de cruelles désillusions. Les supporters giallorossi se passeraient bien de cette réputation. Depuis le troisième Scudetto de l'histoire du club remporté par la bande à Capello en 2001, la Roma est passée souvent proche d'un quatrième titre. Cinq deuxièmes places ont été cumulées durant ce laps de temps, plus une sixième sur tapis vert en 2006 et peut-être la septième en arrivage. Lors de la saison 2007-08, elle a même été virtuellement championne à la dernière journée, le temps de 58 minutes. Toutefois, elle n'avait jamais pris la tête du classement lors des dernières semaines de compétition. Ce fut en revanche le cas en 2010, après une superbe remontée aux dépens de l'Inter. Mais un seul faux pas aura suffi pour foutre le rêve en l'air. Un rêve devenu cauchemar.

Le meilleur match de la Roma de Ranieri


On pourrait croire que Marco Cassetti a tourné la page. Âgé de 37 ans, l'ancien défenseur de la Roma finit sa belle carrière en 3e division à Côme. Mais la déception est encore bien présente dans le ton de sa voix : « C'est une blessure qui n'a pas encore cicatrisé, et c'est pareil pour tous les joueurs de l'époque. Cette rencontre, c'est l'une des seules de ma carrière que j'aimerais rejouer. » Le 25 avril 2010, la Roma est en tête du championnat alors qu'il ne reste que quatre journées, elle est passée devant l'Inter deux semaines plus tôt lorsque cette dernière a concédé un nul 2-2 à Florence. « On avait cumulé jusqu'à presque dix points de retard à un moment, on était sur une série de six victoires consécutives et invaincus depuis des mois, le moral était au top » rappelle Cassetti. En face, la Sampdoria aussi est en forme, comme le raconte Franco Semioli, ancien ailier doriano : « Pour nous, c'était un match fondamental dans l'optique d'une qualification en Champions League. On était alors à la lutte avec Palermo, et c'était très serré là aussi. »

Néanmoins, c'est bien la Roma qui en veut le plus. Les Blucerchiati ne voient pas le jour et subissent énormément pendant toute la rencontre. « Sur le papier, cela semblait être le seul match qui pouvait nous poser problème d'ici la fin du championnat. Il fut très bien préparé. Je crois même que c'est la meilleure prestation de la Roma de Ranieri, se remémore Cassetti. On fait une première mi-temps fantastique, but de Totti, penalty refusé, seules les parades miraculeuses de Storari nous empêchent de mener 2-0. » Semioli se souvient effectivement de la déferlante : « Le stade était en feu, la première mi-temps devait finir 4 ou 5-0 pour eux, c'était hallucinant. On aurait dit qu'on affrontait le Real Madrid. On n'a rien compris. C'est notre gardien qui nous a sauvés ce soir-là, il s'est même mis à arrêter les mouches. » 1-0 à la pause et « déjà un air de Scudetto dans les travées de l'Olimpico » .

Deux tirs, deux buts pour la Samp'


Et puis le black-out. À la 53e minute, Giampaolo Pazzini inscrit le but de l'égalisation. « Cassano a décidé de se mettre à jouer et il offre un caviar à Giampaolo » raconte Luciano Zauri, présent aussi côté doriano. La Roma ne se démonte pas pour autant et continue d'attaquer. Mais Storari est toujours aussi héroïque. Et à cinq minutes du terme, Pazzini, encore lui, vient glacer le stadio Olimpico, suite à une superbe action de Mannini sur le côté gauche. 2-1 pour la Samp. Il ne reste alors que cinq minutes plus les arrêts de jeu. « Le public a commencé à se rendre compte que ça tournait mal et ne chantait plus. À un moment donné, on aurait dit que l'on jouait dans un stade vide, on entendait les joueurs se parler, comme dans un amical. C'était surréel. Franchement, je ne dirais pas qu'on se sentait coupables car on jouait gros nous aussi, mais ce n'était pas évident » , raconte Semioli. En face, Cassetti est déjà sorti avant le but du K.O, remplacé par Taddei : « Si vous regardez les highlights, les buts de Pazzini sont les deux seules actions de la Sampdoria. On prend deux pions sur deux demi-erreurs défensives. »

Gros coup de massue pour les joueurs de la Roma qui tentent de réagir, en vain. « C'était désordonné, ils se sont écroulés psychologiquement après le but du 2-1, puis ils ont commencé à perdre les pédales » , narre Zauri qui avoue avoir été plutôt insensible, lui, l'ancien capitaine de la Lazio : « J'ai même vu des Romains pleurer au retour des vestiaires. » C'est le cas de Mexès, sur le banc de touche ce soir-là, et qui fond en larmes. L'Inter s'étant imposée quelques heures plus tôt contre l'Atalanta, la Roma repasse deuxième. « On était très abattus, on savait que les Nerazzurri n'auraient pas fait un second faux pas. C'est ce qui s'est passé, ils gagnent tous les matchs restants, nous aussi d'ailleurs. » Une semaine plus tard, l'Inter se déplace d'ailleurs chez la Lazio dans un stade Olimpico tout acquis à sa cause. « On ne s'attendait pas à un cadeau des Laziali » , lance un Cassetti encore amer. La Roma s'incline aussi en finale de Coupe d'Italie contre l'Inter : « Oui, on a tenu tête à l'équipe du Triplete, mais le dénouement de la saison a été terrible, si bien qu'on enchaîne sur une année difficile alors que l'effectif était quasiment le même. » Si près, si loin…

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Par Valentin Pauluzzi
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MarcusASR Niveau : DHR
Putain, vous êtes obligés de nous rappeler cette défaite :( je bossais ce jour la et c'est un client italien romanista qui m'a annoncé le résultat.
Je me souviendrais toujours de la tête de ce pauvre type, journée de merde...
Jemincruste1 Niveau : CFA
Affreux souvenir. Quelques semaines auparavant, je me rappelle que la Roma avait peut-être livré un des plus grands matchs de son Histoire contre l'Inter avec une victoire 2-1 au final. Il y avait tout eu dans cette confrontation.

Alors tout foutre en l'air sur ce match, c'était dur...
georgesleserpent Niveau : Loisir
Putin cette attaque Pazzini-Cassano, c'était vraiment du très très bon...

Le complément idéal pour deux joueurs qui étaient alors à leur top. C'était beau. Et d'ailleurs dès que les 2 se sont barrés la Samp a été reléguée... Comme quoi !
PaganBishop Niveau : DHR
J'étais à Rome cette année là.

Entre cette saison magnifique ponctuée par une double frustration (Copa & Serie A), et cette CdM de merde pour la France et l'Italie juste après, je n'ai pas beaucoup fait la fête pour du foot...
nn succede ma se succede......OH NOOOOOOO :)
MacchiaGobbo Niveau : CFA2
Le fameux scudetto moral comme seul rome peux nous inventer
Le Lazio / Inter de 2010 dont parle l'article était carrément surréaliste.
Hormis la volonté de faire perdre le titre à la Roma, il y avait aussi un jumelage entre ultras des deux clubs et surtout la peur d'un remake de 2002 où la Lazio avait fait perdre le titre à l'Inter à la dernière journée risquant également d'offrir à la Roma (finalement la Juve coiffera tout le monde au poteau). Poborsky auteur d'une saison minable et en fin de contrat, sort le match de l'année et claque deux buts sous les huées de son public. Le soir même, il quitte Rome où il ne remettra plus jamais les pieds. Tellement pressé de rentrer en Tchéquie, qu'il se fait flasher et confisquer sa Mercedes (par un flic interista???)

En 2010, les ultras de la Lazio entendent bien que leurs joueurs se couchent et exercent une énorme pression sur leurs propres joueurs. Lors du match où la quasi totalité de l'Olimpico supporte l'Inter, un chant "si vous gagnez, on vous éclate" est lancé par le virage. Au premier but de l'Inter, ils sortent une immense banderole "OH NOOO" pour faire rager un peu les cousins de la Roma (lesquels répondront une semaine plus tard par un "pendant que tu disais oh nooo, ta mère disait oh oui" ou un truc dans le genre). Bonne ambiance, donc.

Le pire dans cette histoire, c'est que la Lazio n'avait même pas assuré son maintien.
Gravelaine_de_mouton Niveau : Loisir
Ah cette défaite...La pire que j'aie connue en tant que tifoso giallorosso, celle qui symbolise la malédiction romanista...

Au passage la saison d'après la Samp ne se qualifie pas pour la C1 (éliminée au tour préliminaire), perd Cassano et Pazzini au mercato d'hiver et finit reléguée, on ne fait pas de mal à l'équipe qui symbolise le romantisme impunément.
Gravelaine_de_mouton Niveau : Loisir
Message posté par Ubriacone
Le Lazio / Inter de 2010 dont parle l'article était carrément surréaliste.
Hormis la volonté de faire perdre le titre à la Roma, il y avait aussi un jumelage entre ultras des deux clubs et surtout la peur d'un remake de 2002 où la Lazio avait fait perdre le titre à l'Inter à la dernière journée risquant également d'offrir à la Roma (finalement la Juve coiffera tout le monde au poteau). Poborsky auteur d'une saison minable et en fin de contrat, sort le match de l'année et claque deux buts sous les huées de son public. Le soir même, il quitte Rome où il ne remettra plus jamais les pieds. Tellement pressé de rentrer en Tchéquie, qu'il se fait flasher et confisquer sa Mercedes (par un flic interista???)

En 2010, les ultras de la Lazio entendent bien que leurs joueurs se couchent et exercent une énorme pression sur leurs propres joueurs. Lors du match où la quasi totalité de l'Olimpico supporte l'Inter, un chant "si vous gagnez, on vous éclate" est lancé par le virage. Au premier but de l'Inter, ils sortent une immense banderole "OH NOOO" pour faire rager un peu les cousins de la Roma (lesquels répondront une semaine plus tard par un "pendant que tu disais oh nooo, ta mère disait oh oui" ou un truc dans le genre). Bonne ambiance, donc.

Le pire dans cette histoire, c'est que la Lazio n'avait même pas assuré son maintien.


D'ailleurs à la fin du match leurs réactions donnaient ça : http://video.repubblica.it/sport/i-lazi … 6500/46174
Au delà de la déception pour la Roma, ce Lazio-Inter fut une honte pour la série A. Je me souviens de Muslera qui sortait des parades d'un autre monde et qui se faisait insulter par ses propres tifosi. D'ailleurs, Il s'est vite cassé sans demander son reste.
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