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Le jour où la France a découvert Roberto Baggio

Incroyable mais vrai, Roberto Baggio a déjà mis une fois les pieds à Auguste-Bonal. C’était même son premier match en France. Un seizième de finale de Coupe UEFA durant lequel il n’a pas vraiment eu besoin de forcer son talent.

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La Dépêche du Midi l’a surnommé le « bourreau de Maradona » . Et pour cause, en 1986, il est celui qui a muselé Diego Armando et a permis au TFC d’accéder aux seizièmes de finale de Coupe UEFA. Autant dire que Benoît Tihy n’est pas un rigolo. Sur les côtés, il a l’habitude de traîner sa frange, ses épais sourcils et sa nuque longue, mais surtout de ne rien laisser passer. Pas même l’un des meilleurs joueurs de l’histoire : « J’ai tenu Maradona et je commençais à être habitué à ce rôle de chien de garde à l’époque. On pratiquait encore le marquage individuel et ça m’allait plutôt bien. » Alors quand il est transféré à Sochaux aux côtés de Laurent Croci, Franck Silvestre et Stéphane Paille et que les Lionceaux gagnent le droit de participer à l’UEFA en 1989, il se sent enfin à sa place. En trente-deuxièmes de finale, Benoît et ses copains marchent sur le club luxembourgeois de la Jeunesse d’Esch et se retrouvent au tour suivant contre la Fiorentina de Dunga et de Roberto Baggio. Enfin un défi à la hauteur du bourreau d'El Pibe de Oro !

Roberto Baggio : « Proche des buts, j’avais l’impression que le temps ralentissait »

Le semi-bourreau de Roberto


Au match aller, le 18 octobre 1989, les Sochaliens prennent le parti de se la jouer catenaccio. Histoire d’arroser l’arroseur : « Je me souviens que le terrain n’était pas bien grand, donc on avait joué très bas. » Et Benoît, sa réputation le précédant, doit coller Roberto : « Du coup, pour lui, ce n’était pas facile. Entre la taille du terrain et moi, il n’avait pas beaucoup d’espace. On s’était donc contentés d’être bien en place défensivement et de neutraliser le mieux possible les attaques de cette équipe et notamment celles de Baggio. Et ça s’était plutôt bien passé. » Score final 0-0. Un bon résultat à l’extérieur. Mais la bonne nouvelle, c’est surtout que Roberto ne semble pas aussi fort qu’on le disait : « On savait que c’était le futur grand numéro 10 italien, qu’il allait bientôt éclore, qu’il commençait déjà à être sélectionné avec l’Italie, mais il n’avait pas encore l’aura qu’il a eue après. On va dire que c’était un artiste naissant. »

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Alors, au retour, à Auguste Bonal, Silvester Takač, entraîneur de Sochaux de l’époque, décide de lâcher les chevaux. L’expulsion précoce de Mario Faccenda pour un attentat à la cinquième minute lui donne raison. Les Doubistes se sentent pousser des ailes et jouent leur carte à fond. Ils ne le savent pas encore, mais laisser de l’espace au Divin Codino, c’est se tirer une balle dans le pied. Thierry Laurey, milieu sochalien et fautif sur l’ouverture du score, peut en témoigner : « Il a suffi d’un ballon en profondeur pour qu’on se fasse avoir. Je suis au duel avec Baggio et il me prend de vitesse, parce que c’était un joueur qui avait une vélocité impressionnante. Il a réussi à prendre le ballon avant moi. Débordement, centre et passe décisive. » Conclusion de Renato Buso. 1-0 pour la Fio. « Ensuite, ils se sont tous mis derrière. Avec la règle du but de l’extérieur, ils savaient que ça allait être compliqué pour nous. Mais on est quand même parvenus à revenir au score. » 1-1 but de Laurey sur corner.

Mulet bouclé


Un scénario idéal pour Roberto. La Fiorentina recule. Sochaux pousse. Le futur Ballon d’or se régale, seul devant. Et Thierry Laurey en a encore la nausée : « Dès qu’il prenait la balle, il avait un pouvoir d’accélération phénoménal, des courses folles, une très bonne couverture de balle, une grosse vélocité aussi. C’était une bonne équipe, bien organisée, mais ils avaient surtout ce mec devant qui faisait la différence à chaque fois. Il n’en était qu’à ses débuts, mais on sentait que c’était un futur grand. Le joueur numéro 1 de cette Fiorentina. » Pour Benoît Tihy, il était aussi et surtout question de look : « Il avait déjà son mulet bouclé. Les Italiens étaient tous beaux gosses à l’époque, mais lui, avec sa queue de cheval, il sortait de l’ordinaire. » Quoi qu’il en soit, Roberto Baggio s’est fait remarquer, et, but à l’extérieur oblige, la Fiorentina passe en huitièmes de finale. Un match contre le Dynamo Kiev durant lequel il marque, cette fois-ci, le but victorieux. Puis la Fiorentina passe en quarts, où elle efface l’AJA de Guy Roux. Puis en demies. Et enfin en finale face à la Juventus. Une double confrontation finalement perdue. Mais à partir de cette année-là, c’est certain : Roberto Baggio ne connaît toujours pas la D1, mais la D1 connaît Roberto Baggio.




Par Ugo Bocchi
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Roberto Baggio, la classe.
Alain Proviste Niveau : Ligue 2
Merci pour les souvenirs, vous pouviez pas tomber plus juste : c'est justement lors de cette saison 89-90 (et surtout grâce à la Coupe UEFA) que je suis devenu fan de Baggio et que j'ai commencé à m'intéresser à la Fio... Pour la Viola, mon intérêt se renforcera quelques années plus tard avec les arrivées de Rui Costa et Batistuta à Florence. Quant à Baggio, il est resté à tout jamais l'une de mes idoles footballistiques !
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