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Le jour où l'Espanyol a enlevé la Liga au Barça

Il y a presque 8 ans, l'Espanyol était venu arracher un match nul au Camp Nou synonyme de perte du titre pour le voisin blaugrana. Entre main de Messi et égalisation homérique et historique de Tamudo, cette rencontre a marqué l'histoire des derbys barcelonais.

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De mémoire de Pericos, rares sont les victoires acquises au Camp Nou. Le derby de la capitale de Catalogne se réduit bien souvent à un monologue blaugrana. Dans leur antre, les Azulgranas réduisent à la portion congrue l'Espanyol. En chiffres, les succès blanquiazules se comptent sur deux mains, avec neuf victoires pour soixante-dix revers. De cette petite dizaine d'exploits aux trois points, le plus retentissant reste pourtant un match nul. Pour trouver trace de ce jour de gloire, il faut remonter à l'avant-dernière journée de la saison 2006/07. Alors au coude à coude avec le Real Madrid dans la course au titre, le Barça se ramasse dans la dernière minute du temps réglementaire et laisse filer la Liga dans les mains de l'ennemi merengue. C'était le 9 juin et les 91 000 spectateurs présents dans l'enceinte des Culés avaient alors vécu l'un des pires cauchemars de l'histoire centenaire du FCB. Pour les Perruches, ce partage des points reste magnifique à défaut d'être magique. Car comme le regrettait Ivan de la Peña à la fin de cette rencontre, « l'histoire, nous aurions pu l'écrire à Glasgow » .

Les Pericos et leur gueule de bois


Lorsque l'Espanyol de Barcelone se présente au Camp Nou, il tire une gueule de bois vieille de 24 jours. Dans tous les esprits, la finale de la Coupe de l'UEFA d'alors, perdue lors de la séance des penaltys face au FC Séville demeure une cicatrice ouverte. Côté barcelonais, l'élimination en Ligue des champions - dont ils sont encore les tenants du titre - est elle oubliée depuis des huitièmes de finale perdus face à Liverpool. Le dernier objectif de la bande à Rijkaard reste la Liga, dont elle mène le classement à la veille de ce 37e opus. Sitôt le coup d'envoi sifflé, les Españolistas se montrent pressants. À la baguette, Little Buddha fait frémir ses anciens partenaires. Tant et si bien qu'avant la demi-heure de jeu, il délivre un succulent ballon dans le dos de Thuram et Puyol pour Raúl Tamudo. Avec le score en sa faveur, l'Espanyol d'Ernesto Valverde n'en oublie pas son plan de jeu. « Verticaux, directs et ambitieux » , comme se rappelle Ramon Besa, journaliste au Pais alors au Camp Nou, les visiteurs surclassent leurs hôtes. Un faux pas peu préjudiciable, puisque dans le même temps, les Merengues perdent également sur la pelouse de Saragosse.

Survient alors l'instant grandiose pour les uns, affreux pour les autres : la main de Messi. Juste avant le retour aux vestiaires, la Pulga, trop courte sur un centre dans la surface, décide de smasher le cuir de la main et permet aux Blaugrana d'égaliser contre le jeu et son cours. « Un but est un but, point, résume en conférence de presse Ernesto Valverde. L'arbitre n'a pas vu qu'il l'a mis de la main, alors il ne l'a pas vu. Le plus gros problème, c'est que cela nous a presque sortis du match, car ça nous a déconcentrés. » De fait, le même Messi donne les commandes dès la reprise sur un succulent service de Deco. Un pion des plus légaux, mais qui fait s'embourber la machine du Barça. Tenu au courant et stimulé par les nouvelles venues de la Romareda, où le Real perdait contre Saragosse, les hommes de Rijkaard terminent le match comme un résumé de leur saison : ils ont voulu assurer, mais n'ont pas su tenir le résultat. Lors du temps additionnel, Raúl Tamudo égalise, tandis que Van Nistelrooy en fait de même du côté de la capitale aragonaise. En deux coups de fusil, le FCB vient de rendre sa couronne.

Valverde : « Donner une bonne image, c'est très bien, mais… »


« Certes, nous avons donné une bonne image, analyse l'entraîneur des Pericos en salle de presse du Barça. Donner une bonne image, c'est très bien, mais avec une bonne image, nous avons perdu la finale de la Coupe de l'UEFA et au Bernabéu. Au moins, nous avons réussi à égaliser au Camp Nou, mais je venais pour gagner le match. » Car ce succès est bien le seul titre officieux de cet Espanyol, sans doute l'un des meilleurs de l'histoire, comme l'explique Raúl Tamudo : « C'est le meilleur Espanyol avec lequel j'ai joué au Camp Nou. Nous aurions pu marquer plus » . Raccord avec les propos de son capitaine, Torrejón regrette de ne pas « avoir écrit l'histoire. Nous avons été tout proches et je crois que nous le méritions. Au moins, Tamudo l'a fait » . Auteur des deux pions de la « victoire » , le canterano, aligné 369 fois sur le front de l'attaque de Montjuic, vient tout juste de devenir le meilleur buteur de l'histoire de son club de formation avec 112 banderilles : « Je suis content, je voulais battre le record de Marañon et cela s'est fait dans un stade grandiose, face au rival de toute ma vie » . Un adversaire qui, malgré une ultime défaite à Tarragone, laisse le Real lui prendre sa Liga.


Par Robin Delorme
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