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Le jour où Gignac a doublé l'OM

En 2008-2009, lorsqu'il évoluait sous les couleurs de Toulouse, André-Pierre Gignac n'épargnait personne. Pas même l'OM, son club de cœur, qui a vu son élan brisé par le doublé de l'attaquant un soir de mai 2009.

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Il n'avait que 23 ans. La barbe était rasée de près. Ou peut-être était ce l'inconstance de sa pilosité juvénile. Moulé dans son maillot rose et noir, le jeune André-Pierre Gignac n'avait en tout cas rien d'un attaquant bourru. Jeune chien fou à la bride desserrée, il courait, sans cesse, après ces longs ballons que ses partenaires s'évertuaient à lui balancer dans le camp adverse. Sans doute avaient-ils compris qu'un Gignac en état de grâce était capable de les exploiter. Cette saison 2008-2009, Dédé n'aurait de toute façon pas pu la rater. Chaque coup d'épaule se faisait assassin, chaque tir se faisait précis, chaque frappe contrée devenait victorieuse. En tête du classement des buteurs, appelé en équipe de France en mars, Gignac n'avait plus d'adversaire. Pas même son club de « cœur » , l'OM, qu'il chérissait à coups de déclarations avant même d'en être membre. En déplacement au Vélodrome le 2 mai 2009, APG a pourtant laissé les sentiments de côté pour continuer sa balade vers les sommets. Devant ce public qui le malmènera plus que de raison quelques années plus tard, il fut l'homme qui amorça la perte du titre par les Olympiens. Paradoxal pour un homme qui souhaite désormais le redonner à l'OM.

La bande-annonce


À l'orée de la réception du TFC, l'OM a toutes les cartes en main. Leaders depuis la 31e journée, les Marseillais viennent d'enchaîner 6 victoires consécutives et devancent des Girondins de Bordeaux qui restent au contact, à 3 petites unités. Côté toulousain, la saison folle de Gignac a rapporté des points et de l'ambition. En embuscade à la 5e place, les hommes d'Alain Casanova se verraient bien aller décrocher une place pour la Ligue des champions. Mais le choc est biaisé. Du fort de son accent rauque, Éric Gerets vient de déstabiliser un groupe qu'il a pourtant porté de sa gouaille et ses coups de gueule. En milieu de semaine, le Belge a officiellement annoncé qu'il quitterait la Canebière en fin de saison. Un choc, une incompréhension, tant l'homme semblait être le parfait candidat pour s'installer durablement sur le banc du club. Surtout, à 5 rencontres d'un éventuel sacre, le timing surprend. APG, lui, n'a que faire de ces considérations. Mieux, il tease sa performance à venir : « Pour moi, c'est toujours spécial l'OM, je pense à ma famille, à mon enfance... J'ai toujours envie de tout casser et en plus je n'ai jamais perdu contre l'OM. J'espère que cela ne sera pas le cas ce week-end et je ne le pense pas. La pression n'est pas sur nous. (...) Avec Lorient, on avait gagné un à zéro et j'avais marqué. L'année dernière, j'ai mis un doublé... C'est un stade qui me réussit bien et le principal, c'est qu'on aille faire un résultat là-bas.  » Et les sentiments mis de côté, Gignac va allier la parole aux actes.

Hilton au supplice


Après un premier acte sans intérêt, l'attaquant du TFC va se charger de dynamiter les débats. Vitorino Hilton ne s'en remettra pas. Déjà molesté par André-Pierre avant le retour aux vestiaires, le défenseur joue les victimes expiatoires à la 48e. Une mauvaise relance, une ouverture de Sissoko et le Brésilien se retrouve mystifié par un crochet limpide de l'attaquant toulousain. Formalité, la frappe du gauche trouve les filets. Mais à une époque où Ben Arfa ne joue pas encore à Hull, où Cheyrou ne s'est pas encore mis au padel et où Mamadou Niang joue les terreurs ailleurs que dans les Émirats, cet OM a de la ressource. En égalisant sur une action menée par les trois hommes, Marseille pense avoir réenclenché la machine. Sauf que celle-ci opère de l'autre côté. Après avoir manqué le break, Gignac profite d'un nouveau contre emmené par Braaten pour ajuster Mandanda à ras de terre. Si le CSC de Cetto offre finalement un point à l'OM, André-Pierre vient de faire grand mal à cette équipe-là. Sous la pression de Bordeaux, revenu à égalité de point, les Olympiens cèderont finalement après leur défaite à Lyon deux journées plus tard. Avec 24 buts, Gignac empoche lui son titre de meilleur buteur pour ce qui constitue jusqu'à aujourd'hui sa saison la plus accomplie. Mais le coup porté à l'OM ce jour-là reste dans les mémoires du Vélodrome. En guise de séance de rattrapage et sous d'autres couleurs, Gignac pourrait bien se fendre d'une telle performance ce soir, dans un Vélodrome qui a assisté à l'éclosion d'un attaquant aussi inconstant que prometteur. Mais à 28 ans et avec une barbe plus fournie, le buteur ne semble plus regarder dans le miroir.

Par Raphaël Gaftarnik
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Il a enfin lache sa caravane... Le comble pour un manouche.
Coach Mouzone Niveau : CFA
Je me rappelle de ce match. J'avais à peine 15 ans. Je croyais fermement que mon club allait être sacré champion de France après tant d'années de disettes. Je faisais parti de ceux qui n'avaient jamais vu l'OM remporté un trophée. Et cette "enflure" de Gignac est venu tout gâché. :(

En faite, c'est surtout le match face à l'OL, à domicile qui nous tue. Défaites 3-1 des Olympiens. D'ailleurs ce soir là, Juninho a mis un de ses plus beaux coup-franc et Benz' nous a donné un leçon de football, avec un doublé en prime.
Oui d'ailleurs il se glisse une erreur dans l'article, c'est une défaite contre Lyon, pas "à" Lyon.

cf "Les dernières gesticulations du champion" selon un Pape Diouf confiant avant le match. Un grand moment.
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