Le jour où Edgardo Bauza a enregistré un single

Plus intense que le retour de Messi, plus profond que la blessure d'Agüero, plus intéressant que le classement actuel de l'Albiceleste ou que la défaite contre le Paraguay, le court passé de chanteur du sélectionneur argentin, Edgardo Bauza.

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Edgardo Bauza aime parler de foot, de tactique, de son passé de footballeur – il est tout de même le quatrième meilleur défenseur/buteur de l'histoire –, de matchs légendaires, mais pas seulement. C'est avant tout un homme qui touche un peu à tout. Il est passionné par les grands personnages historiques, particulièrement Nelson Mandela, il lit beaucoup, et puis il a également un passé politique. Il raconte à la Nación : « J'ai été conseiller du parti socialiste à Granadero Baigorria (sa ville de naissance, ndlr), dans la province de Santa Fe. J'étais jeune, mais très impliqué. » Bref, un curieux et aventureux.

« Il m'a cassé les couilles jusqu'à ce que je chante. »


Ce n'est donc pas un hasard si un jour, au début des années 2000, alors qu'il entraîne son club de toujours, Rosario Central, il accepte une nouvelle proposition extra-foot. Roberto Fontanarrosa, auteur de BD, hincha du même club et ami d'Edgardo, le met en contact avec Adrián Abonizio, un compositeur. L'actuel sélectionneur de l'Argentine en a un souvenir assez précis, au micro de Fox Sports : « Un jour, Roberto m'appelle et me dit qu'il va y avoir un CD sur Rosario et qu'il va servir à amasser des fonds pour les orphelins du coin. Il m'a dit que je devais chanter. J'ai d'abord refusé, mais il m'a cassé les couilles jusqu'à ce que j'aille dans le studio et que je chante. Mais Roberto m'a menti : il m'a dit que tous allaient également chanter, mais pas du tout. Et puis, je n'étais jamais allé dans un studio d'enregistrement avant ça. Je suis arrivé, ils m'ont mis les écouteurs et m'ont dit : "Chante !" C'était ridicule, j'étais horrible. » Et effectivement, le rendu final est loin d'être un chef-d'œuvre.

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Mais ce n'est pas la version d'Adrián Abonizio, l'artiste : « Edgardo, c'est l'un de ces gars avec qui tu peux devenir ami en cinq minutes. Il a pris l'enregistrement très au sérieux. Et puis, c'est le seul à avoir une voix d'homme dans tout le CD. » Car oui, Edgardo n'est pas le seul supporter de Rosario à avoir dû prêter sa voir à Abonizio. Dans le CD en question, il y a toute une série de chansons dédiées au club, interprétées par d'autres hinchas. Et à chaque fois, ce n'est pas très compliqué, ils chantent leur amour et leur expérience avec le club. La preuve avec Patón y Conductor, la chanson de Bauza : « Je ne suis pas né à Rosario / Mais je l'ai aimée sans la voir / La foi et le travail / Sont mes inspirations préférées / Parfois avec des mauvaises cartes / On peut gagner de grandes batailles. » De belles et profondes paroles. Mais qui ne prennent pas vraiment, selon Edgardo : « Je ne crois pas que beaucoup de CD ont été vendus. À un moment, ma mère est allée voir si elle pouvait en acheter un, mais on lui a dit qu'il n'y en avait pas. »

Revers de la médaille


Pire, c'est une source de « foutage de gueule » pour Edgardo : « Peu après que le CD est sorti, ça allait mal à Rosario. Je me souviens d'un match contre l'Instituto, on perd, et un mec, en tribune, me faisait chier. Et puis à un moment, il me hurle dessus : "Bauza ! Bauza ! Pourquoi tu ne prends pas tes joueurs et les emmène voir la chatte de ta mère ?" » Ou encore, quelques années plus tard, quand il entraîne la Ligue de Quito, les fait gagner la Copa Libertadores et qu'un médecin du club met sa musique à fond, dans le bus, pour fêter l'improbable victoire : « J'avais envie de le tuer. » Et mauvaise nouvelle pour Edgardo, après ce qu'il s'est passé mardi soir à domicile contre le Paraguay, ou encore si jamais les mauvais résultats se poursuivent, il y a peu de chance pour que les supporters argentins se privent de cet argument.

Par Ugo Bocchi
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J'y crois pas. On peut pas chanter sans lèvres.
J'ai d'abord cru que c'était une marionnette des guignols.
C'est un humain ou un oiseau?
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