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Le jour où Bernard Lacombe est revenu à Gerland avec Saint-Étienne

À l'instar de François Clerc ou Jérémy Clément, plusieurs joueurs ont disputé le plus grand derby de France dans les deux camps. Bien qu'il ne l'évoque que rarement, Bernard Lacombe fait partie de ceux-ci. En 1978-1979, le conseiller spécial du président portait bien le maillot vert.

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Si la France du football le connaît avant tout comme le bras droit du président Jean-Michel Aulas, sans jamais réussir à identifier clairement son poste et ses fonctions, les Gones savent que l'Olympique lyonnais doit beaucoup à Bernard Lacombe. D'abord parce qu'il a porté les couleurs lyonnaises pendant de nombreuses saisons, aidant par exemple le club à décrocher une Coupe de France, en 1973. Ensuite, parce que sans lui et son réseau, l'OL n'aurait peut-être jamais accueilli le prodige Juninho ou ses coéquipiers brésiliens, comme Cláudio Caçapa. Dernièrement, les supporters le connaissent également pour ses sorties médiatiques pas toujours maîtrisées. Attaché au club comme personne sauf le président, Bernard Lacombe a pourtant déjà mis sa foi lyonnaise entre parenthèses. C'était en 1978, lors d'un cours exil dans le Forez. Une saison sous le maillot vert forcément marquée par un derby disputé à Gerland, mais dans le « mauvais » camp. C'était le 6 août 1978, et Lyon s'était imposé deux buts à rien.

Mauvais maillot, mauvais vestiaire


Présent à la Coupe du monde 1978 avec les Bleus (la première depuis douze ans pour l'équipe de France, ndlr), Bernard Lacombe quitte la compétition avec le but le plus rapide de l'histoire de la compétition (lors de la défaite 2-1 face à l'Italie, ndlr). Ces performances en équipe de France, couplées avec celles en championnat – une saison à 24 buts – pousse un Lyon fauché à le vendre au grand rival, l'AS Saint-Étienne. Bernard Lacombe accepte, les supporters sont eux partagés. Difficile de ne pas en vouloir à l'enfant du pays qui se retrouve de l'autre côté d'une barrière qui devrait être infranchissable. D'un autre côté, les Gones le savent : sans l'argent de ce transfert, le club courait à sa perte. Le problème, c'est que le calendrier pousse les supporters lyonnais à très vite se décider quant à la marche à suivre. En effet, l'OL reçoit l'ASSE dès la sixième journée de championnat, le 6 août 1978.
Durant la semaine précédant la rencontre, les médias locaux se chargent de planter le décor. Dans les colonnes du Progrès, on n'hésite pas à taquiner Nanard en le traitant de Stéphanois. Une pique à laquelle le néo-Stéphanois répond rapidement en assurant qu'il jouera le match à fond, comme il avait l'habitude de le faire avec l'équipe de Lyon. Et on s'en tient là. Le jour J, les Verts arrivent dans un Gerland comble et en ébullition. Plus marqué qu'il ne veut l'admettre, Bernard Lacombe semble avoir du mal à se faire à l'idée de disputer cette rencontre avec un maillot qui n'était pas le sien un an plus tôt. Il commet d'ailleurs une bourde qui est encore aujourd'hui célèbre dans l'histoire du derby. Alors qu'il doit aller se changer pour s'échauffer, Nanard perd la boule et se plante de vestiaires en essayant de rentrer dans le « sien » , celui des joueurs de l'Olympique lyonnais. Pas vraiment de bon augure pour la suite.

Gerland compréhensif, Nanard dépassé


Alors qu'il s'attend à entendre le public de Gerland le siffler et le huer à pleins poumons, Bernard Lacombe est finalement applaudi par un public qui a décidé de ne pas se montrer trop rancunier. Une situation qui rajoute sans doute un peu de pression sur les épaules de Nanard, qui passe complètement à côté de sa rencontre. Peut-être les Lyonnais veulent-ils se surpasser pour prouver à Bernard Lacombe qu'ils peuvent réussir sans lui, ou peut-être sont-ils motivés par une absence de victoire en derby sur les trois dernières années ? Certainement un peu de tout ça à la fois. Quoi qu'il en soit, les Verts sont rapidement dépassés par le jeu lyonnais. Le milieu de terrain aligné par Aimé Jacquet, alors entraîneur de l'Olympique lyonnais, se montre intransigeant. Il faut dire qu'avec Guy Genet et Serge Chiesa, un grand joueur est en train de se révéler. À son nouveau poste de milieu défensif, Jean Tigana conquiert le public de Gerland.

Au final, les Verts s'inclinent deux buts à rien. Les Lyonnais renouent enfin avec la victoire et peuvent remercier Guy Genet et le tout jeune Daniel Xuereb, buteur quelques minutes après son entrée en jeu. Bernard Lacombe, lui, sort de ce match par la toute petite porte. À tous les Stéphanois qui seraient tentés d'accuser Nanard d'avoir laissé filer le match plus ou moins volontairement, l'histoire répond : match retour. Le 17 décembre 1978, à Geoffroy-Guichard, les Verts prennent leur revanche et en passent trois aux voisins cinéphiles. Titularisé à la pointe de l'attaque, Nanard se charge d'inscrire le premier but stéphanois à la douzième minute de jeu. Ce soir, Bernard Lacombe sera dans les tribunes, côté lyonnais cette fois-ci. Et ne risque pas d'évoquer le mauvais souvenir d'un après-midi du 6 août 1978 avec le président Jean-Michel Aulas.


Par Gabriel Cnudde
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Dans cet article

Aucun supporter lyonnais pour réagir à cette traitrise??
Message posté par strover
Aucun supporter lyonnais pour réagir à cette traitrise??


Coupet, Santini, Jacquet... Vous avez quelques "traitres" de votre côté aussi hein !
Je pense qu'on survivra, mais jamais je ne me remetterai de la traitrise de Govou... Aller à l'ETG... Dieu ait pitié de lui!
lepapierseulnesuffitpas Niveau : DHR
Lacombe n'a jamais inscrit le but le plus rapide de l'histoire de la coupe du monde. Avant qu Hakan Sukur ne porte ce record à 11sec, le précédent datait de 1962, c était le Tchécoslovaque Masek au bout de 15 sec
C'est un des jours où le beau Lacombe avait laissé sa meuf en cuisine s'occuper des casseroles.
Message posté par tamanoir
C'est un des jours où le beau Lacombe avait laissé sa meuf en cuisine s'occuper des casseroles.


le beauf Lacombe...pardon.
Le but le plus rapide de la coupe du monde 1978. Mais la rédaction n'est pas tres claire.

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