1. // Ce jour-là
  2. // 2 juillet 1994

Le jour où Andrés Escobar s'est fait assassiner

Il y a 19 ans, Andrés Escobar se faisait descendre sur le parking d'une boîte de nuit de Medellin. « Coupable » d'un but contre son camp qui élimina la Colombie du mondial américain, le joueur est assassiné à son retour au pays. Un meurtre symbolique du climat de terreur qui régnait alors à Medellin.

Modififié
2k 37
22 juin 1994, la Colombie affronte les États-Unis lors du deuxième match du groupe A de la Coupe du monde américaine. La sélection cafetera et son délicieux toque, outsider numéro 1 du tournoi après avoir infligé une splendide punition à l'Argentine en qualifications, doit gagner. Lors de leur première sortie, les hommes de Pacho Maturana se sont en effet sèchement inclinés (3-1) face à la Roumanie de Gheorghe Hagi.
Mais pas d'inquiétude. Chacun pense que la Colombie va se relancer et battre tranquillement l'hôte américain, qui n'a rien d'un ogre. Personne au pays n'imagine d'autre issue. Pourtant, à la 34e minute de la partie, les potes de Valderrama n'ont toujours pas marqué. Pire, sur un centre puissant venu de la gauche, le défenseur central Andrés Escobar tente un tacle maladroit et dévie le ballon dans ses propres filets. Sans le savoir, celui qui devait signer au Milan AC vient de signer son arrêt de mort. Les Américains inscriront un second but et la réduction du score colombienne en fin de match ne changera rien. Après deux matchs, la Colombie, trouble-fête attendu, est éliminée.

Youtube

À leur retour au pays, les joueurs partis en héros reviennent comme des parias. Des menaces de mort planent sur eux. Escobar, qu'on surnomme el caballero de la cancha (le chevalier du terrain en VF) pour son élégance, ne s'inquiète pas. Il dit alors : « Dans le football, au contraire des combats de bêtes sauvages, la mort n'existe pas. Personne ne meurt, personne ne se fait tuer. Il n'y a que du plaisir.  » Faustino Asprilla, attaquant fantasque de la sélection, ne se fait pas de mouron non plus, il déclare après l'élimination : « Ce n'est pas la fin du monde. » Pourtant, c'est bien la mort qu'Escobar va croiser à la sortie d'une discothèque 10 jours plus tard. Le 2 juillet 1994, Andres, nuque longue à la mode des 90's, sort dans le bar El Indio de Medellin pour boire un verre en compagnie de ses amis et de sa copine. Mauvaise idée, alors qu'il est sur le point de rentrer chez lui, le joueur de l'Atlético Nacional est apostrophé par plusieurs clients. Une voiture déboule, provocation, insultes. Humberto Munoz Castro, garde du corps des frères Gallon, deux narcos notoires, sort de la caisse et vide le chargeur de son flingue sur le défenseur. À chacune des balles tirées, le meurtrier hystérique crie Gol, à la manière d'un commentateur de football sud-américain. Escobar décède 45 minutes plus tard à l'hôpital. Ses potes de la sélection, René Higuita et Victor Aristizabal viennent identifier le corps.

Les jours suivants, Medellin pleure son meilleur fils. Réputé pour sa modestie et son investissement dans l'aide aux plus défavorisés, le très pieux Escobar a le droit à des funérailles en grande pompe. Près de 120 000 personnes, dont le président colombien de l'époque César Gaviria, assisteront à son enterrement. 19 ans après l'assassinat du joueur, la question qui se pose toujours est celle du commanditaire. La punition mortelle subie par Escobar est sans doute l'œuvre d'un des syndicats de jeu de hasard ou des narcotrafiquants qui avaient parié de grandes sommes d'argent sur la qualification de la Colombie pour le deuxième tour, mais le procès n'est pas parvenu à le prouver formellement. Quoi qu'il en soit, un an après la mort de Pablo Escobar, Medellin perdait un autre de ses illustres enfants. Les deux Escobar, le bon et le mauvais réunis par la mort. Le Narco et le caballero de la cancha. Le fils prodigue de la ville indirectement sacrifié sur l'autel de la folie meurtrière de son mauvais génie. Comme un symbole.

Par Arthur Jeanne
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

triste tout ça...pas de place pour les fanatiques de m****

maintenant laissez benzema trankil svp
seb-guillot Niveau : DHR
quelle horreur cette histoire..... RIP
Marek Hamsik Niveau : National
Complètement dingue cette histoire quand on y pense ! C'est la ou on se rend compte de toute l'ambivalence du foot: a la fois sport populaire, divertissement universel, et en même temps, bien plus que ça, tant les enjeux derrière un simple match sont importants.
volontaire82 Niveau : Loisir
cf les deux Escobar, superbe doc vu sur canal l'autre jour avec le parallèle Andrès Escobar/ Pablo Escobar
Je connaissait pas l'histoire, je suis sur le c*l ! Vraiment une sale histoire...
Bierre PourDieux Niveau : DHR
Je sais qu'il y a des sujets avec lesquels il ne faut pas rire, mais quand même: suis-je le seul à penser que l'attitude de Patrice Evra au mondial 2010 vaut tous les auto-goals de l'histoire du foot? Drôlement chanceux de ne pas être né Colombien.
KarlHeinz Niveau : DHR
Descanse en paz, Andres.
Je_Vous_Aime Niveau : Loisir
Aarg, le gros plan de 5 secondes sur sa tête dans la vidéo m'a fait chialer...
A voir le reportage des 2 Escobar sur youtube. Ca en vaut le coup d'oeil.
RedStoneRoses Niveau : District
Message posté par Bierre PourDieux
Je sais qu'il y a des sujets avec lesquels il ne faut pas rire, mais quand même: suis-je le seul à penser que l'attitude de Patrice Evra au mondial 2010 vaut tous les auto-goals de l'histoire du foot? Drôlement chanceux de ne pas être né Colombien.


T'as pas l'impression de raconter vraiment n'importe quoi ?
Vladas_Ivanauskas Niveau : Loisir
A noter que si Humberto Munoz Castro a été identifié et arrêté par la police Colombienne, ces deux acolytes (ces patrons en fait) n’ont eux jamais été ennuyés. Humberto Munoz Castro a été condamné à une peine de 43 ans de prison en juin 1995. En octobre 2005, il est libéré après seulement 11 ans d’incarcération pour bonne conduite.

Source: http://www.sportvox.fr/article.php3?id_article=22520

Saloperie de corruption.
On entend jamais le témoignage du centreur américain. J'aimerais bien savoir ce qu'il s'est dit après ce drame. ça doit le hanter un peu je pense.
Détrompez vous, la nuque longue n'est pas une coupe des 90´s, ici à Medellin elle est encore au gout du jour!
Le boss du cartel de Medellin s'appelait Pablo .....Escobar.

Sinon, sans comparaison foireuse, c'est une sale histoire pour Andrés, il ne méritait pas ça...
Message posté par volontaire82
cf les deux Escobar, superbe doc vu sur canal l'autre jour avec le parallèle Andrès Escobar/ Pablo Escobar


Oups tu en avais déjà parlé, mes excuses...
lepapierseulnesuffitpas Niveau : DHR
Pablo n'est pas mort un an avant mais 7 mois jour pour jour avant.
Ce qui incroyable et qui m'avait choqué ds le docu c que juste avant le début de match, ils apprennent qu'ils sont tous menacés de mort. Essaie de rester lucide ds un match de cette importance qd tu sais à quoi tu peux t'attendre.
Message posté par volontaire82
cf les deux Escobar, superbe doc vu sur canal l'autre jour avec le parallèle Andrès Escobar/ Pablo Escobar



Putain oué, un très bon doc, je m'en rappelle aussi.
Vaguement, certes, mais quand même.

Entre ferveurs populaires, tensions militaires et corruption par les narcos, c'était pas la meilleure époque possible.
Mais ce qui était bien dans ce docu' c'est que quoi qu'il advenait là bas, le foot mettait tout le monde d'accord (bon, pas vraiment, vu la triste fin du Escobar footballeur).
Jack Facial Niveau : CFA
M'en souviens comme si c'était hier... Le choc.
ça me fait penser à ce chef japonais qui s'est fait tuer par deux clients mécontents en Allemagne il y a deux mois.

http://fr-ca.etre.yahoo.com/un-chef-jap … 35000.html
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
2k 37