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Le jour de gloire de l’humour (en) noir

Inimitable arbitre français, Robert Wurtz faisait régulièrement usage de facéties pour désarmer des situations tendues. Comme ce jour de rencontre au Parc des Princes, au cours duquel il « joue » une scène restée dans la mémoire du foot français.

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L’image est gravée à jamais dans la mémoire collective du football hexagonal. Soirée de gala au Parc des Princes : le PSG de Tomislav Ivic reçoit l’AJ Auxerre de Guy Roux. Après avoir mené 1-0, les Auxerrois se sont fait rejoindre par les locaux, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le match est tendu en ce début de seconde période. Ça commence à s’agiter sérieusement sur la pelouse comme sur le banc de touche. L’arbitre international Robert Wurtz, jamais avare en pitreries, a un éclair de génie pour calmer l’homme au bonnet, particulièrement agité. « Le ballon vient mourir le long de la touche. J’arrive vers Guy Roux en donnant un coup de sifflet, puis je m’agenouille sur le terrain et je me mets à l’implorer, les mains jointes, l’air de dire : "Maintenant, monsieur Guy Roux, veuillez vous asseoir !" Le Bourguignon se tourne alors vers son banc. Mais alors qu’il était en train d’amorcer un pas en arrière, il a dû se dire : "Si je m’assois, il a gagné." Il a donc eu la fantastique idée de faire demi-tour et de se mettre à genoux à son tour, ce qui a fait sourire, puis applaudir le public. J’ai finalement obtenu ce que je voulais ; à savoir détendre le match dans la dernière demi-heure » .

A genoux devant Guy Roux

La facétie lui permet de rester maître de la rencontre, qui se termine dans la bonne humeur. « Il fallait que je trouve un moyen de faire retomber la tension » , explique l’heureux retraité depuis Climbach, petite commune d’Alsace où il réside désormais. « J’ai pensé que le match pouvait m’échapper, j’ai alors cherché une façon humoristique, un peu spéciale, de calmer tout le monde. » Il admet qu’aujourd’hui encore, on lui parle souvent de cette anecdote mémorable. « C’est l’image de ma carrière dont les gens se souviennent. » Lorsqu’il évoque Guy Roux, il parle d’ « un personnage fantastique du football, avec ses excès, pas facile à arbitrer : il ne laissait pas indifférent » .

Il ne se reconnaît plus vraiment dans le football et l’arbitrage actuel. « Aujourd’hui, je ne pourrais pas agir comme je le faisais. Je vous parle d’un époque révolue, les temps ont bien changé » , se lamente l’Alsacien, avec son accent très marqué. « Il y avait encore un certain romantisme qui s’est perdu. On laissait plus de place à l’humain » , insiste celui qui fut auparavant… joueur amateur du RC Strasbourg. « Je n’avais qu’un pied droit et quand je faisais ma conduite de balle, Gilbert Gress me disait : "Lève la tête !" » Pas de quoi le dégoûter pour autant du ballon rond. « J’aimais tellement le football que je me suis dit qu’il ne me restait plus qu’à devenir arbitre si je voulais pouvoir évoluer dans ce milieu… » . A sa manière, il révolutionne un peu le monde des hommes en noir. Il est l’un des premiers à accorder autant d’importance à la condition physique « afin d’être au plus près de l’action pour suivre au mieux ce qui s’y passe » .


Le 23e homme

Il devient surtout célèbre pour ses expressions corporelles dignes d’un danseur étoile qui lui valent le surnom de "Nijinski du sifflet" (Ndlr : légendaire danseur russe) lors d’une série de matches au Brésil précédant la Coupe du monde 1974. Il est un acteur du jeu à part entière. « Je ne voulais pas jouer les policiers, être un simple applicateur des lois ou un juge austère » , plaide-t-il. Sa gestuelle et ses pirouettes font figure de véritable thérapie, lui permettant d’ « anticiper l’aggravation de la tension » . Voire une philosophie. « J’essayais, si je pouvais, de dédramatiser les incidents, en mettant en avant l’humour, histoire de déclencher les sourires sur le banc ou dans le public. Lorsqu’on arrive à déclencher un sourire, c’est une victoire sur la violence » , assène Robert Wurtz. Une attitude qui lui vaut « beaucoup de commentaires flatteurs mais aussi énormément de critiques, notamment des officiels, qui veulent que l’arbitre ne sorte pas de son rôle » . Avec « un père musicien professionnel à l’opéra de Strasbourg et une mère soprano, (il) faisait du théâtre dans le seul rôle du football où il n’est pas permis d’en faire » . Convertissant ainsi le football en comédie.

Par Florent Torchut
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