Le jour d'après

Un mois après la fin d'un Mondial où l'Albiceleste s'est noyée face à la Mannschaft en quart de finale (4-0), le premier chapitre de la nouvelle Argentine s'annonce complexe. Dans le tumulte des échanges verbaux, la désignation du futur sélectionneur reste un casse-tête.

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Enfin transformer une pléiade de stars en équipe : voici la montagne à laquelle va devoir s'attaquer le prochain sélectionneur de l'Argentine. Pour l'instant, c'est Sergio Batista, champion du monde 86 aux côtés du banni Diego Maradona et champion olympique à la tête de l'Albiceleste en 2008 à Pékin, qui est chargé du chantier. Mais à vrai dire, difficile d'affirmer que cela durera. Le directeur technique de la Seleccion, qui affrontait l'Irlande mercredi soir en amical (victoire 1-0 à Dublin, but d'Angel Di Maria) se fait déjà du souci pour sa continuité. Avant la rencontre, il prenait les devants sur ses détracteurs et les grands pontes de l'Afa: « J'espère ne pas être jugé sur ces deux matches (Ndlr : l'Argentine affrontera l'Espagne, le 7 septembre), mais plutôt sur ce que j'ai fait jusqu'à présent pour la sélection » . Même si son profil correspond bien au poste et si sa côte a grimpé ces derniers jours, il sait qu'il est loin d'être à l'abri d'un retour de bâton. Le style de jeu imprimé à l'équipe aux JO et sa capacité d'alors à faire jouer Léo Messi de la meilleure des manières jouent bien sûr en sa faveur, notamment aux yeux de Julio Grondona, le président de la fédération argentine.

« Tout le monde peut revenir, même Jésus » Grondona

A partir de début octobre, une commission désignée par les dirigeants de l'Afa va être chargée d'examiner une liste de candidats susceptibles de prendre en main la sélection à compter de novembre. La semaine dernière, le porte-parole de la fédération, Ernesto Cherquis Bialo, a précisé qu' « une douzaine de noms (d'entraineurs) étaient actuellement à l'étude » . Et, ô surprise, Diego Maradona en ferait partie, même si du côté de l'Afa on refuse de confirmer cette thèse farfelue. Peu enclin tout au long de sa carrière à faire des concessions, peut-on imaginer le Pibe de Oro accepter de sacrifier ses fidèles adjoints pour revenir au chevet de ce qui lui tient le plus à cœur dans la vie (après ses filles Giannina et Dalma bien évidemment) : la Seleccion ? Grondona n'a pas totalement fermé la porte à celui qui lui a causé tant de joies et de tourments depuis son arrivée à la tête de l'Afa, en...1978. A propos d'un éventuel retour de Diego, voici ce qu'il a lâché il y a quelques jours : «  Tout le monde peut revenir. Jésus Christ peut revenir. Tout peut arriver » .

Bianchi décline, Simeone et Martino en embuscade

Les autres candidats se nomment Alejandro Sabella (vainqueur de la Copa Libertadores l'an passé avec Estudiantes de La Plata), à un moindre degré, Miguel Angel Russo (qui dirige actuellement le Racing) ou encore Diego Simeone, ancien milieu défensif de l'Albiceleste (106 sélections), libre comme l'air après avoir entraîné le Racing, Estudiantes, River Plate et San Lorenzo. Gerardo Martino, quart de finaliste en Afrique du Sud avec le Paraguay, devrait également faire partie de la liste de l'Afa, sachant que Carlos Bianchi, que l'on dit en froid avec Grondona, dit être passé à autre chose, même si l'un de ses proches a déclaré que l'ancien goleador du Stade de Reims et du PSG « décrocherait son téléphone si Grondona l'appelait » . En attendant, la succession de Maradona n'a pas fini d'agiter les conversations un peu partout en Argentine. Et pour pimenter le tout, alors que la tension semblait retombée, Carlos Tévez est entré dans la danse. L'Apache s'en est violemment pris au président de l'Afa, depuis la résidence des Argentins à Dublin. «  Monsieur Grondona n'a pas tenu parole. Dans le vestiaire (Ndlr : à l'issue de l'élimination), Don Julio (Grondona) a dit à Diego qu'il continuerait. S'il veut que je lui dise en face, je le ferais. Je me fiche de savoir si lors du prochain match je ne suis pas dans la sélection. La direction de l'Afa (Nldr : la fédération argentine) laisse à désirer » . C'est ce qu'on appelle mettre de l'huile sur le feu, Carlitos.

Alejandro Carbone

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