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Le jeu de Dames

Les Françaises disputent leur premier match du Mondial contre le Nigéria. Et si c'était bien ?

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Cet aprem', il y a match. Mieux, il y a match de Coupe du Monde. Avec des filles, des vraies. Et du jeu, pas dégueu. Bien sûr, le foot féminin n'est pas tout neuf, ça remonte aux années soixante-dix. D'ailleurs, l'équipe de France fête une sorte d'anniversaire puisqu'elle a vu le jour il y a quarante ans exactement. 2011, la bonne année pour atteindre une demi-finale de Coupe du Monde qui la qualifierait sans doute pour les Jeux Olympiques de 2012 (les deux premières nations européennes iront à Londres). Et vaut mieux débuter contre le Nigéria, ça fait pas peur le Nigéria, que tomber de haut contre le favori allemand d'entrée. Le dernier match des championnes d'Afrique a tourné en boucle sur le canal interne de Clairefontaine en début de semaine. Il n'y a plus de secret, enfin presque. Les sites autorisés donnent la victoire française à 1,35. Ca monte à huit pour l'adversaire.

La sélectionneuse du Nigeria ne s'en laisse pas compter : « Il y a toujours eu des facteurs extérieurs pour nous empêcher de réussir dans la compétition : des problèmes d'acclimatation, à nous habituer à la nourriture... Cette fois, nous avons pris des dispositions » . Du vin de palme dans la gourde, du millet et des bananes plantain dans la glacière, ça va de suite mieux. Dans un mois de juin creux, bien creux, il est fascinant de voir à quelle vitesse les opportunistes s'approprient une discipline ignorée royalement jusque-là. Boulevard de Grenelle, à Paris, le siège de la FFF est recouvert d'une affiche promotionnelle à la gloire des Bleues. C'est toujours mieux qu'un grand portrait du père Noël mais ça sent fort la récupération au bout d'une année où Knysna, Raymond Domenech et les quotas ont filé la nausée comme une foutue malaria. Les filles ont joué l'ouverture plus finement qu'un président à épaulettes : elles ont invité les journalistes à jouer contre elles pendant leur préparation, se sont pliées à toutes les demandes avec le sourire. Mardi, à la conférence de presse mixte avec les moins de 20 ans, au bout de dix minutes, il ne restait que les filles. Ok, c'est entendu : les joueuses de l'équipe de France sont causantes et sympa. L'opération séduction a marché.

Hier encore, sur le site de la FFF, on découvre la compo du match comme si c'était la norme. Sapowicz/Renard/Georges/Meilleroux/Bompastor/Soubeyrand/Abily/Necib/Thiney/ Bussaglia/Delie. Pas de cachoterie, pas de journaliste à la jumelle pour gauler l'info du huis clos. De toute façon, les journalistes en Allemagne se comptent sur les doigts d'une main, au moins pour les premiers matches. Où Domenech faisait du cinéma, son alter ego Bruno Bini verse dans la poésie : il chante dans le vestiaire, écrit un journal intime toutes les nuits et cite Pablo Neruda dans ses causeries. Un drôle d'oiseau capable de sortir avec le plus grand sérieux : « Il y a plusieurs chemins pour rejoindre l'arrivée. Moi, j'emprunte le petit chemin de Mireille qui se sent bon la noisette, comme dans la chanson, pas une autoroute. Je ne vais peut-être pas aussi vite que les autres avec leurs gros trucs (sic) mais ça sent tellement meilleur » . Véridique.
Alors, si avec ça, les Françaises ne remportent pas haut la main leur match d'ouverture, c'est un coup à éteindre la téloche pour reprendre une passionnante lecture de Guillaume Musso. Après tout, y aura toujours du foot plus tard. En Ligue 1.

Mickaël Osganian

Aujourd'hui : Nigeria-France (15 h, Eurosport)

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