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Le Japon vainqueur par ippon

Passé son statut de surprise, le Japon a aisément surclassé de malchanceux Pharaons. Avec ce joli 3-0 en poche, acquis dans le théâtre des rêves, les Nippons se posent désormais en potentiels vainqueurs. Rien de plus logique.

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Japon/Égypte: 3-0
Buts : Nagai (13e), Yoshida (80e) et Otsu (83e) pour le Japon

«  C’est une équipe que nous connaissons bien (l’Égypte) pour l’avoir affrontée à deux reprises en amical. Nous la considérons comme l’une des plus talentueuses d’Afrique. Nous devrons surveiller de près son capitaine Aboutrika. C’est un grand meneur de jeu, doté d’une frappe puissante » . A l’orée de sa première demi-finale olympique, Shuichi Gonda, gardien du temple nippon, se méfie des Pharaons du Caire et le fait savoir. Trêve de louanges, il n’en oublie pas l’ambition collective de la hype de ces JO : «  Nous visons l’or  » . Voilà, tout est plus clair. Les apprentis samouraïs, bourreaux des ultra-favoris espagnols, veulent le Graal. Et après cette nouvelle démonstration de force, de pressing, et, n’hésitons pas à le dire, de talent, le Japon peut désormais légitimement prétendre au titre suprême. Une victoire 3-0 à Manchester, dans l’antre où les rêves se réalisent, et les voilà en demi-finale. Les Égyptiens, quant à eux bien en dessous, n’ont pas à rougir de cette défaite. Ils auront juste quelques regrets à se remémorer.

Avant ces bribes de conclusion, il y a eu match. Et un beau match où les temps morts étaient aux abonnés absents. Et pourtant, l’heure très avancée ne tirait pas à l’optimisme. Alors certes, la Premier League est une grande habituée des 90 minutes à l’heure du lunch. Il n’en est pas de même pour les 22 acteurs asiatiques et égyptiens. Mais voilà, le Wasabi a ses secrets que la purée de poids chiches ignore. En deux temps trois mouvements, le onze japonais entame les 45 premiers instants tambour battant. Un pressing qui conduit les comparses d'Aboutrika à ne pas voir pas le jour et encore moins la chique. Dès les premières secondes, une tête nipponne s’amuse avec les montants africains. Partie remise. Un petit quart d’heure après, la jolie pointe qu’est Nagai se joue d’une défense adverse qui n’a rien de pharaonique. Entre un gardien et un défenseur qui s’embrouillent, le rookie du Nagoya Grampus Eight leur grille la politesse. Boum, 1-0, Shuichi Gonda est en train de réussir son pari. Quelques secondes plus tard, le jeune attaquant va souffler le froid après avoir senti le chaud. Un contact, une blessure, une civière, les vestiaires. Visiblement mal en point, le gaillard quitte ses partenaires après 20 minutes de show.

Otsu fait parler de lui

Cette sortie ne va pas faire changer d’un iota le plan de jeu du Soleil Levant. Néanmoins, l’apport de Nagai dans la verticalité du jeu manque. Moins de profondeur, moins d’appui devant, les élèves de Sekizuka sont moins fluides. De là à dire qu'ils sont moins bons, il y a un monde. Avec leur jersey bleu marine, ils continuent à faire tourner la chique devant des Égyptiens en proie au doute. Des doutes qui vont prendre un tout autre relief à cinq minutes de la pause-buvette. Après un mouvement « à la Barça » où les touches de balle ne dépassent pas une seconde, une ouverture magistrale envoie le malheureux Saad à la faute. Un croc-en-jambe tout aussi involontaire qu’impardonnable. La sanction tombe. De la poche de Mister Geiger sort une biscotte à la fraise. Le coup franc ne donnera rien mais l’essentiel est ailleurs : les Pharaons de Keops finiront ce quart à dix. Histoire de terminer cette première moitié de séance, l’ailier Otsu se la joue feinte de frappe, crochet du gauche, frappe écrasée. Avec sa tête de Neymar aux yeux bridés, il n’est pas sans rappeler les mouvements du prodige auriverde. Bref, les désormais 21 acteurs rentrent se reposer sur un score de 1-0 en faveur du Japon.

Deuxième mi-temps, le spectacle peut reprendre. Sur un rythme moins soutenu tout de même, la faute à des jambes un peu lourdes après un acte 1 de haut vol. Alors les Japonais s’amusent, font tourner la chique et la tête des Égyptiens par la même occasion. Une première demi-heure sans grand intérêt où les gants du fameux Gonda chauffent un peu. Et les cœurs des Japonais montent en régime. A la 80e, en bon capitaine qu’il est, le grand central Yoshida vient placer son front sur la trajectoire d’un coup franc brodé sur mesure. A 2-0 la messe est dite. Mais histoire d’achever un peu plus les descendants de Cléopâtre, le bel esthète d’Otsu y va également de son coup de casque. Et un, et deux, et trois zéro : le Japon verra sa demi-finale. En toute logique, tant l’addition aurait pu être plus salée. Un rêve qui se réalise donc pour Shuichi Gonda: « Je veux aller au village olympique pour partager l’esprit de la compétition avec les autres athlètes. L’ambiance a été excellente jusqu’ici, mais nous n’avons pas encore baigné dans la vraie ambiance Londres 2012  » . Qu’il se réjouisse, il se retrouvera à Wembley mardi prochain. A un pas de décrocher son or.

Par Robin Delorme
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