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Le Haillan est-il vraiment le pire endroit du monde pour un footballeur ?

En début de semaine, Willy Sagnol affirmait, face aux caméras de SFR Sport, que les difficultés rencontrées ces dernières saisons par Bordeaux étaient en partie dues aux installations du Haillan. Un lieu de vie exsangue, selon l'ancien entraîneur des Espoirs. Un constat que ne partagent pas certains anciens joueurs et entraîneurs des Girondins.

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Selon Willy Sagnol, il n'y aurait donc « pas pire pour un joueur de foot » que le centre d'entraînement du Haillan. La sentence est lourde, venant de celui qui fut licencié par les Girondins de Bordeaux en mars 2016, après presque deux saisons à la tête de l'équipe première. Pour étayer son propos, l'ancien latéral met en avant un terrain d'entraînement « de mauvaise qualité » , des vestiaires et une salle de vie trop petits, et des employés que le régime des 35 heures empêche de travailler correctement. Au Haillan, le constat a étonné. À tel point que jeudi matin, l'ensemble du personnel du club s'est rendu sur le terrain d'entraînement, afin de manifester son soutien à l'équipe première, autant que pour protester contre les propos de Sagnol. Mais pour savoir si vraiment, le Haillan était le pire endroit possible pour un footballeur, le mieux était d'interroger quelques-uns de ses anciens pensionnaires. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne sont pas franchement d'accord avec Willy.

Un mythe


« Au Haillan, il y a tout ce dont un joueur de foot a besoin pour travailler de la meilleure manière. Willy Sagnol, il faut le laisser parler. » Carlos Henrique
Avant de se plonger en profondeur dans l'analyse des lieux, Francis Gillot, qui a entraîné les Girondins entre 2011 et 2014, précise que les propos tenus par son successeur sur le banc bordelais ressemblent à ceux d'un homme revanchard, « peut-être parce qu'il n'est pas parti en bons termes de Bordeaux » . « De nombreux clubs ont récemment construit de nouveaux centres d'entraînement, donc Le Haillan n'a plus la même saveur qu'avant, mais il reste compétitif, il ne faut pas exagérer » , embraye le technicien qui a récemment quitté Auxerre. Le constat est partagé par Michaël Ciani, qui a tenu la défense bordelaise durant trois saisons, de 2009 à 2012 : « En arrivant de Lorient, j'ai été impressionné par Le Haillan. J'étais fier de jouer dans une grande équipe comme Bordeaux, avec de bonnes conditions d'entraînement. Je ne suis pas d'accord avec Willy Sagnol, lorsqu'il dit que Le Haillan est le pire endroit pour un footballeur. Après, c'est sûr que quand on vient du Bayern, la comparaison est compliquée, concède celui qui évolue aujourd'hui au Los Angeles Galaxy. Mais Le Haillan est tout à fait convenable pour travailler et progresser. »

Même son de cloche du côté de David Bellion, bordelais entre 2007 et 2014. « Quand je suis arrivé aux Girondins, j'avais conscience de faire partie des joueurs les plus gâtés par rapport aux infrastructures, récite celui qui a connu les installations de Manchester United. Lorsqu'on m'a fait visiter, j'ai été épaté. C'est quand même un château, planté au milieu d'un domaine, où à midi, tu as le droit d'aller manger au restaurant en étant super bien reçu. J'étais très reconnaissant de pouvoir profiter de ces installations. Au cours de ma carrière, j'en ai connu des largement plus vieillottes. Beaucoup de joueurs aimeraient venir à Bordeaux, parce qu'ils n'ont entendu que du bien du Haillan. » Car Le Haillan, « c'est tout de même un mythe » , pose efficacement Francis Gillot, au moment d'évoquer cet endroit si cher à ceux qui ont eu la chance d'en bénéficier sans en être un jour renvoyé. Une première série de constats que Carlos Henrique, bordelais durant neuf saisons, résume à sa manière : « Au Haillan, il y a tout ce dont un joueur de foot a besoin pour travailler de la meilleure manière. Willy Sagnol, il faut le laisser parler. »

Un vestiaire à 30 casiers


« C'est comme dans votre maison, il y a toujours des trucs à améliorer. Mais au Haillan, j'ai travaillé dans des bonnes conditions, c'était sympa. » Francis Gillot
Une fois posé le constat évident que non, Le Haillan n'est pas le pire endroit pour un footballeur, reste à entrer dans le détail de la déclaration de Willy Sagnol. Tout d'abord, qu'en est-il de ces « vestiaires petits » et de cette « seule salle où les joueurs peuvent partager un moment entre eux qui fait 6 ou 7 m2 » ? « Il trouve le vestiaire trop petit ? » s'étonne d'emblée Francis Gillot, en prenant connaissance de la déclaration de son confrère. « Cela dépend de l'effectif dont on dispose. Il y a trente casiers, donc c'est sûr que s'il y a trente-cinq joueurs, ça fait petit » , pose tout en pragmatisme le technicien qui trouve la disposition en demi-cercle de ce même vestiaire « assez pratique » . Pour ce qui est de la salle réservée aux joueurs et jugée trop exiguë par Sagnol, Bellion l'estime largement assez grande pour claquer quelques parties de cartes, mais souligne également qu'elle n'était pas « la seule salle où les joueurs peuvent se retrouver entre eux » .

« Certains joueurs restaient discuter dans la salle de relaxation, on rigolait avec les kinés pendant les massages, on rigolait autant dans le hammam qu'au bord de la piscine chauffée ou lorsqu'on allait s'étirer. Après, c'est sûr qu'en venant du Bayern, on peut avoir une autre façon de voir les choses. À Manchester, on bénéficiait d'une salle qui ressemblait à une base militaire, tellement c'était grand. Mais en tant que joueur, on s'adapte. » Ciani, qui avoue avoir également connu plus d'espace dans le centre d'entraînement de la Lazio, ne cache pas qu'effectivement, « l'espace de vie des joueurs pros pourrait être agrandi, de même que la salle de muscu, avant de préciser que les installations actuelles sont largement suffisantes pour s'entraîner. » Et Gillot d'étaler une nouvelle couche de pragmatisme : « C'est comme dans votre maison, il y a toujours des trucs à améliorer. Mais au Haillan, j'ai travaillé dans des bonnes conditions, c'était sympa. »

Un personnel « super »


Cadre mythique, salles petites, mais fonctionnelles, reste le cas des employés du Haillan. Ces fameux travailleurs soumis au régime des 35 heures, qui selon Willy Sagnol, manqueraient de disponibilité. Si David Bellion estime qu'il n'a pas à s'exprimer sur le sujet, car « en tant que joueur, on ne voit pas les choses de la même manière qu'un entraîneur » , un seul mot revient pour qualifier les relations entre les employés administratifs et les joueurs : « super » . Ciani se félicite de n'avoir « jamais eu aucun problème » avec un employé du club, et qu'il a même « gardé de bons rapports avec tout le monde » , et Gillot élude en disant qu' « avec le personnel, cela s'est toujours bien passé » . « Aimer son prochain comme soi-même fait partie de mes principes de vie » , explique Bellion pour expliquer ses bonnes relations avec le monde en général. Une maxime que Willy Sagnol serait probablement bien inspiré d'adopter.

Des terrains d'entraînement qui souffrent l'hiver


« C'est vrai que les terrains ne sont pas toujours au top. C'est la chose qu'il faudrait améliorer. » Michaël Ciani
Le dernier point soulevé par Willy Sagnol, concernant les terrains d'entraînement « de mauvaise qualité » , est finalement le seul que nos gaillards partagent unanimement. « Effectivement, dès que l'hiver arrive, et qu'il y a un peu de pluie, le terrain d'entraînement principal devient très galère pendant trois ou quatre mois, regrette Bellion. À ce moment-là, on changeait souvent de terrain pour ne pas trop les abîmer. Mais on ne pouvait pas jouer au sol, ce qui était vraiment une galère, surtout pour mon style de jeu. Je n'en pouvais plus. » « C'est vrai que les terrains ne sont pas toujours au top. C'est la chose qu'il faudrait améliorer. On s'entraîne toujours sur le même, donc il n'est pas en très bon état » , abonde Ciani. Francis Gillot, lui, s'en remet au bon sens populaire et à un pragmatisme décidément à toute épreuve : « Un outil de travail, c'est aussi à l'entraîneur de le ménager pour ne pas trop subir de conséquences par la suite. Quand il pleut trop, on va sur le synthétique pour ne pas trop abîmer le terrain. » Imparable. « On peut toujours tout améliorer, mais franchement, je n'ai jamais eu à me plaindre. Quand Willy Sagnol a signé à Bordeaux, il savait dans quelles conditions il allait travailler. Il a connu le Bayern et Clairefontaine, c'est sûr que c'est autre chose. » Mais c'est David Bellion qui résume le mieux la pensée dominante chez ceux qui ont eu la chance d'être rémunéré pour fouler les pelouses pas toujours parfaites de la banlieue bordelaise : « Quand tu es au Haillan, tu te rends compte que tu es dans un des plus grands clubs de France, tu n'as pas le droit de te plaindre. » Compris, Willy ?



Par Mathias Edwards Tous propos recueillis par ME.
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