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Le guacamole du championnat

Du suspens. Un nouveau Chicharito. Des gros enfin au rendez-vous. La grande forme des clubs universitaires. Un Hobbit, et l'Atlas toujours maudit. Voilà à quoi ressembla le guacamole de la saison régulière du tournoi de fermeture mexicain.

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Le championnat mexicain est ainsi fait. Ainsi fait, avec un suspense en forme de beau paravent pour sa médiocrité trop souvent flagrante. Répartis en trois groupes de six, les protagonistes du tournoi aztèque se doivent de terminer aux deux premières places de leur poule, ou compter sur les deux strapontins accordés aux meilleurs troisièmes, pour valider leur billet pour la Liguilla, les play-offs qui définiront le champion. Un système qui favorise le droit à l'erreur répétée.

Ainsi, sans le savoir-faire de la fédération mexicaine, l'America aurait terminé sixième d'un championnat à une seule division et vécu une nouvelle saison à des années lumières de son statut. Finalement, le PSG mexicain a arraché son pass pour la Fiesta grande (surnom de la Liguilla) et reste en course pour remporter son premier titre depuis 2005. L'America devait pour cela l'emporter chez les Pumas, leader à l'aube de la 17e journée, et invaincus à domicile. Comme la vérité de la veille est rarement celle du jour dans un championnat marqué par l'irrégularité de ses acteurs, l'ancien club de François Oman-Biyik se fit les félidés (0-2), avec à la clé le 13e but d'Angel Reyna, meilleur réalisateur du championnat. A bientôt 27 ans, ce milieu très offensif a enfin fait fructifier son talent. De quoi être retenu pour la Copa de Oro, mais pas non plus de quoi crier au nouveau Chicharito. 

Outre la bonne saison régulière des Pumas de l'UNAM, le tournoi de fermeture 2011 a été marqué par la résurrection de l'autre grand club universitaire, les Tigres de Monterrey. Armé du public le plus fidèle du pays, ces autres félidés n'en pouvaient plus de voir leurs voisins des Rayados s'empiffrer : deux titres sur les trois derniers tournois, et un succès en Ligue des champions de la CONCACAF qui envoie les coéquipiers de Chupete Suazo au Mondial des Clubs 2011. Le représentant de l'UANL, l'université publique de la grande ville du Nord, a beaucoup dépensé, comme souvent, mais cette fois à bon escient pour aspirer à retrouver l'ivresse d'un titre pour la première fois depuis près de trente ans. Les Tigres ont accroché le superliderato lors du dernier week-end de la saison régulière, en profitant du faux pas des Pumas et en atomisant l'Atlas (3-0), qui, malgré une saison en montagnes russes pouvait encore croire en une qualification pour la Liguilla.

Il fallait pour cela accrocher au moins un point. Et une fois la défaite consommée, compter sur un revers de l'America par deux buts d'écart. Au moment où l'Atlas déplore sa soixantième année sans titre, les rojinegros continuent de décliner la lose à l'infini en terminant en position de premiers non qualifiés, devancés par leur ennemi intime des Chivas. Défaits à domicile par les Rayados de Monterrey (2-3), le club le plus populaire du pays a contribué à la qualification in extremis du champion en titre avant d'aller se frotter aux Tigres en quart de finale. Rarement inspirés, les Chivas doivent une bonne partie de leur billet à un jeune homme de 18 ans : Erick Torres, six buts et cinq passes décisives. Réaliste, tonique, doté d'un très bon jeu de tête, l'avant-centre se voit déjà collé dans le dos l'écrasante pancarte de nouveau Chicharito. Rappelons qu'à son âge, Javier Hernandez, certes confronté à une concurrence bien plus imposante, cirait le banc du rebaño sagrado (le troupeau sacré). Nul doute qu'un rapport est déjà tombé sur le bureau d'Alex Ferguson.

Avec la présence des Chivas, des Pumas, de Cruz Azul et de l'America, les quatre gros du football mexicain sont qualifiés pour la première fois depuis 2006. Plus léger, mais au moins aussi attrayant, l'Atlante s'est lui aussi faufiler jusqu'aux portes de la Fiesta Grande. Quatrième de la saison régulière, le club de Cancun pratique un football alerte et tout en toque, avec en tête de gondole, Christian Bermudez, dit « El Hobbit » . Son mètre soixante-trois et et ses 58 kilos, alliés à une pointe de vitesse de sprinter, l'aident autant à esquiver ses gardes du corps sur son côté droit, qu'ils ont retardé sa convocation en sélection, finalement tombée cette saison. Il se murmura même qu'El Hobbit était ignoré pour être resté fidèle à un agent pas vraiment influent. En quart de finale, Bermudez et l'Atlante en découdront avec Cruz Azul. Le roi des finales perdues (cinq ses trois dernières années) avait écrasé la saison régulière lors du précédent tournoi, avant de sortir piteusement dès les quarts de finale face aux Pumas, qualifiés lors de la dernière journée. Oui, le championnat mexicain est ainsi fait.

Le programme des quarts de finale aller de la Liguilla : 

Mercredi 4 mai : Cruz Azul-Atlante / Chivas-Tigres

Jeudi 5 mai : Monterrey-Pumas / América-Morelia

Le but de l'année par Cortes






Thomas Goubin, à Guadalajara

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