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Le Grenade-Levante de Johan Cruyff

Aujourd’hui sans passion, mais pas sans importance, la rencontre entre Grenade et Levante a connu un pic d’intérêt au début des années 80. Car, aussi improbable que réel, ce duel a été disputé par Johan Cruyff, éphémère Valencien, lors de la saison 1981.

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Le maillot blaugrana, Johan Cruyff l’épouse un après-midi automnal de 1973. En ce 28 octobre, précisément, le nouveau numéro 14 du Barça découvre une pelouse qu’il n’a jamais foulée, celle du Camp Nou. Face aux nouveaux acolytes du Hollandais se dresse un fanion sans prétention, sauf celle, peut-être, de ne pas revenir à Grenade avec une valise de plus en soute. La raclée est pourtant bien au rendez-vous pour les Nazaries (4-0), et marque le début de la renaissance des Culés sur la scène nationale. Quelques exploits catalans plus tard, en 1981, ce même Johan Cruyff s’éprend d’une nouvelle liquette blaugrana. Jersey de Levante sur le dos, il s’étrenne, cette fois à l’extérieur, face à Grenade. A contrario de ses débuts barcelonais, les Andalous prennent le meilleur sur le nouveau joueur des Granotes. « Et pourtant, Johan venait tout juste de délivrer son meilleur match avec nous. C’était le seigneur du milieu de terrain, celui qu’on avait vu durant toute notre enfance à la télé » , assure, avec le recul d’un retraité, Vicente Latorre, éphémère coéquipier du Flaco. Retour sur une rencontre, et par extension, une moitié de saison, où le monstre Cruyff cohabite avec le petit Levante.

Vicente Latorre : « On pensait à une blague »


Loin de la mégalopole barcelonaise et de son brouhaha permanent, Valence offre à Johan Cruyff une certaine quiétude. Surtout, la cité méditerranéenne offre un cadre de vie ensoleillé et, donc, enclin à convenir au si compliqué Hollandais. Pourtant, en Segunda Division, le Levante UD n’offre aucune garantie sportive à l’ancien triple Ballon d’or et meilleur joueur autoproclamé de la planète. Qu’importe, puisqu’à la drague des dirigeants des Granotes, le Flaco répond par la positive, et la signature d’un contrat abracadabrant. Les joueurs valenciens de l'époque, eux, doivent se piquer pour croire à ce transfert de mi-saison. « J’étais à l’entraînement avec la filiale et les dirigeants sont venus nous dire qu’il signait chez nous. Personne n’y croyait, on pensait à une blague. Ensuite, Pachin, notre coach, est arrivé vers nous avec un membre de la direction et nous a convoqués dans le vestiaire. Johan Cruyff nous y attendait » , retrace Vicente Latorre, aujourd’hui président des vétérans de Levante. À l’incrédulité d’un tel transfert succède l’attente d’une aficion qui remplit le Ciutat de Valencia pour chaque entraînement.


Idem, la première de Johan Cruyff sous son nouveau maillot blaugrana déchaîne les passions et offre au service de billetterie du club un premier match à guichets fermés de la saison. Le résultat, de 1-0 face à Palencia, n’entrave pas la bonne forme des seconds de Liga Adelante, mais la performance quelconque de l’ex-membre du New York Cosmos ne laisse aucun souvenir impérissable dans les mémoires valenciennes. Pour sûr, « Cruyff a reçu un traitement particulier des adversaires » : « C’était de la seconde division, le combat physique était plus important que la maîtrise technique » , confirme Jorge Barrie, capitaine et gardien de Levante. Et encore, le traitement de faveur subi par le Hollandais grimpe d’un cran lors des déplacements. Des matchs à l’extérieur qui commencent ainsi par une visite de l’Estadio de Los Cármenes, antre de Grenade. Déjà, la différence de traitement entre la star et ses coéquipiers est flagrante. « Alors que nous devions nous entasser dans un bus vraiment pourri, lui se déplaçait dans la voiture luxueuse du président, regrette Vicente Latorre. Ça n’a pas créé de tensions avec lui, mais c’était comme si nous ne pouvions pas l’approcher. »

Hôtel bondé, titulaire invisible et 50 %


Une fois les 500 bornes d’asphalte avalées, les Valenciens se rendent à leur hôtel et découvre une foule compacte d’aficionados andalous les y espérant. Forcément, Cruyff est la seule attraction de cette expédition. « Pour nous, c’était fou de voir autant de monde à la descente du bus, rembobine Jorge Barrie. Mais, ce qui au début était excitant est rapidement devenu embêtant : les supporters de Grenade sont restés en bas de l’hôtel pendant toute la nuit et nous n’avons réussi à fermer l’œil. » Après un court repos, les joueurs de Levante découvrent un stade de los Carmenes rempli ras la gueule. Une première pour cet exercice de Liga Adelante qui déplaît fortement à Pachin, entraîneur des Granotes. « Nous devenions l’équipe à battre, confirme Vicente Latorre. Tant au niveau de l’ambiance que de la motivation adverse, nous n’avions jamais connu ça. » Dans les faits, Cruyff est inexistant et assiste, dans la peau d’un titulaire invisible, à la défaite minimaliste des siens (1-0). Puis, au coup de sifflet final, nouvel accroc : Cruyff, fort d’un contrat qui lui prévoit 50 % des recettes des matchs à l’extérieur, demande la moitié de la caisse aux dirigeants de Grenade. Une requête acceptée bon gré mal gré qui siffle la fin des Grenade-Levante avec un intérêt.

Par Robin Delorme
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wallotexas Niveau : CFA
Merci pour cet article. Attention : Cruyffie arrivait, non pas du Cosmos Ny Ny, mais des Washington Diplomats, et avait aussi joué pour les Los Angeles Aztecs. Il revenait se refaire une santé à Levante.
Si ma mémoire est bonne, il était considéré en fin de carrière, à l'époque, mais, ensuite, a fait les beaux jours de Feyenoord Rotterdam, au poste de libero.
Wallotexas, je profite de cet article le moins lu pour caler mes fesses à côté de ton commentaire. Waf, qu'est ce que c'est tranquille! Qu'est-ce qu'on est bien!
wallotexas Niveau : CFA
Merci @barzou
Fraternellement...

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