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Le grand Robert

Révélé dans les rangs du grand Chelsea à 17 ans, international à 20, Robert Huth a vu une carrière prometteuse s'enliser. Aujourd'hui, le colosse allemand renaît sous les couleurs de l'étonnante formation de Stoke qui s'apprête à défier Manchester City, samedi, en finale de la FA Cup.

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Trop vite, top haut, trop tôt ? Les débuts de Robert Huth dans le microcosme du football professionnel embrassent une trajectoire peu conventionnelle, à plus d'un égard. Le gamin de Berlin, formé à la rugueuse école du ballon rond est-allemande, fait ses classes dans l'institution locale de l'Union avant de taper dans l'œil d'un certain Claudio Ranieri qui l'enrôle dans sa formation de Chelsea en 2001. A tout juste dix-sept printemps, le grand défenseur central (1,92m, 84 kgs) s'envole direction la Perfide Albion et apprend le métier dans l'ombre de Marcel Desailly, William Gallas ou John Terry. Face à une telle concurrence, Robert ne parvient pas à se faire une place au soleil et l'arrivée de José Mourinho sur le banc à l'été 2004, qui ramène dans ses bagages Ricardo Carvalho, va sonner le glas de son rêve bleu. A l'heure où Roman Abramovitch souhaite ériger une véritable machine de guerre du côté de Stamford Bridge, l'arrière allemand fait figure d'ovni dans un effectif concocté façon strass et paillettes. Après deux saisons et un temps de jeu famélique, Huth, qui vient de disputer le Mondial avec la Nationalmannschaft sur le banc - ayant perdu sa place de titulaire juste avant le coup d'envoi de l'épreuve - rejoint les rangs de Middlesbrough. Le début d'une lente descente aux enfers...


Régulièrement blessé, le Berlinois ne dispute pas plus d'une quinzaine de matches par saison et l'aventure dans le Nord de l'Angleterre se termine en eau de boudin avec une relégation en Championship au terme de l'exercice 2009-2009. Écarté dans le même temps de l'équipe nationale depuis l'accession au trône de Joachim Löw, Robert Huth voit sa carrière prendre un bien mauvais tour. De là à être catalogué "arnaque en puissance", il n'y a qu'un pas que plusieurs observateurs franchissent allègrement... Rares sont alors ceux à être prêts à miser le moindre kopeck sur la montagne allemande. Tony Pulis, manager d'une équipe de Stoke City qui vient d'assurer son maintien parmi l'élite anglaise, va pourtant prendre le pari de débourser 6 millions d'euros pour s'adjuger ses services. Il ne le regrettera pas.


German Men


En effet, au sein d'une équipe proposant l'un des jeux les plus sordides du Royaume, Robert Huth évolue comme un poisson dans l'eau. Footballeur plutôt rustre et doté d'une technique barbare, l'ancien Blue dispose en revanche de qualités physiques et d'un état d'esprit s'adaptant à merveille au kick and rush prôné par les Potters, l'une des formations les plus difficiles à bouger en Premier League. Son ancien mentor à Berlin, Gunnar Heidrich, a son explication concernant cette réussite. Son poulain aurait tout simplement le football briton dans les veines : « Dès le départ, il s'est parfaitement adapté au style anglais. Et il a été totalement accepté là-bas. Il y a énormément de nationalités représentées en Premier League, et les Allemands ne sont pas les plus appréciés, mais il a définitivement quelque chose d'anglais en lui, a-t-il confessé dans un entretien accordé à Deutsche Welle. Ce qui a fait son succès en Angleterre sont les qualités qu'il a développées étant enfant : son incroyable volonté, sa combativité, son courage » .


Résultat, après une première saison d'adaptation, Robert Huth s'est imposé en taulier de l'arrière-garde de Stoke cette année et, plus-value non-négligeable, a commencé à enfiler les pions. Celui qui est surnommé « The unstoppable force » ou « The Berlin Wall » par les fans des Potters impose sa carrure de golgoth dans les surfaces adverses et se montre diablement efficace. Montant aux avants-postes sur chaque coup de pied arrêté ou touche démentielle de Rory Delap, l'Allemand a déjà trouvé le chemin des filets à six reprises en championnat et trois fois en FA Cup, apportant une contribution décisive au parcours ayant amené sa formation en finale de l'épreuve.


Tony Pulis, de son côté, se délecte des prestations de son défenseur et estime qu'il mériterait de se voir octroyer une nouvelle chance avec sa sélection à un poste où personne ne fait vraiment l'unanimité : « Robert est extraordinaire depuis qu'il nous a rejoints et j'aimerais vraiment qu'on lui donne une nouvelle opportunité, a-t-il récemment déclaré. Peut-être n'a-t-il pas l'attention qu'il mérite en Allemagne, mais je suis persuadé qu'une finale de Cup aidera à le mettre en lumière » . Seul souci, l'Allemand reste très incertain pour la grande kermesse de Wembley. Il s'est en effet blessé au genou lors de la victoire de Stoke face à Arsenal le week-end dernier (3-1) et vient de s'envoler vers l'Espagne afin d'y recevoir un traitement miracle, mais son état suscite l'inquiétude. La course contre la montre est lancée pour un Robert Huth ne souhaitant définitivement pas passer à la postérité comme spécialiste des rendez-vous manqués...

Par Alexandre Pengloan

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Tiens, les Allemands ont des ados grands et costauds qui sont pas blacks...
non, et même pas blonds aux yeux bleus, ils dénoncent vraiment tous préjugés, à moins que...
...chut chut, il faut rien dire, les Allemands ils sont pas grands et costauds, c'est pas vrai c'est raciste, na!
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