1. // MLS – New York City FC – Patrick Vieira

Le grand Pat croque la grosse pomme

Après Zidane, c’est une autre gloire de l’âge d’or des Bleus qui s’apprête à faire ses grands débuts comme entraîneur : Patrick Vieira, nommé pour coacher le New York City FC de Lampard, Pirlo et Villa en MLS. La mission s’annonce assez casse-gueule, mais aussi pas mal formatrice si elle réussit, avec un retour programmé en Premier League d’ici trois ans si tout se passe bien.

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La nouvelle saison de MLS débute le 6 mars. En ce moment, l’heure est aux réglages, aux matchs de préparation, aux transactions, aux ajustements d’effectif. Certaines équipes sont plus sereines que d’autres, avancent avec un peu plus de certitudes. Le cas de New York City FC est assez particulier, puisque cette franchise s’apprête à disputer seulement sa deuxième saison. La première en 2015 a globalement été décevante avec une 8e place de la Conférence Est (17e/20 sur l’ensemble des conférences) et une non-qualification pour les play-offs malgré le recrutement spectaculaire de trois stars : David Villa, Frank Lampard, Andrea Pirlo. C’est certes contrariant, mais en même temps assez rassurant pour le niveau de la MLS de se dire qu’il n’est pas possible d’y réussir tout de suite en partant de zéro pour construire un effectif et une identité de jeu en seulement quelques mois.


D’autant plus que des trois « joueurs désignés » (les trois stars en question pouvant être payées au-delà de la masse salariale autorisée par les dirigeants de la MLS pour chaque franchise), seul l’Espagnol a disputé toute la saison, les deux autres n’arrivant aux États-Unis qu’en juillet alors que la saison régulière était déjà bien avancée. L’entraîneur Jason Kreis, pourtant très coté outre-Atlantique pour avoir souvent fait des miracles dans son précédent club, Real Salt Lake, a malgré tout fait les frais de cette relative contre-performance. Débarqué en novembre, il a été remplacé quelques jours plus tard par un certain Patrick Vieira. Un « placement » stratégique du grand Pat sur l'East Cost.

Retour à Manchester dans 3 ans ?


Pour rappel, New York City FC et Manchester City ne partagent pas seulement le même blase, ils ont aussi en commun un même actionnaire – exclusif dans le cas de Manchester, majoritaire dans le cas de New York, partagé avec Yankee Global Entreprises : City Football Group (CFG), nouvel empire tentaculaire du football, dont les finances proviennent d’Abu Dhabi et qui possède par ailleurs des billes en Australie (Melbourne), au Japon (Yokohama) et en Afrique via des académies. CFG est un projet global, une famille qu’a rejoint en 2010 Patrick Vieira, d’abord pour y finir sa carrière avec Manchester, mais surtout avec un plan de reconversion débuté l’année suivante par l’apprentissage du coaching avec les jeunes du club anglais, puis à partir de 2013 en occupant le poste d’entraîneur de la réserve.


Sa nomination sur le banc de New York s'inscrit donc dans une certaine continuité qui, si elle se poursuit, pourrait l’amener à terme au poste le plus prestigieux en matière de management au sein de la multinationale CFG : celui d’entraîneur de Manchester City, le club tête de gondole. C’est ce que croit savoir Sky Sports qui, dans un article récent, a laissé entendre que les dirigeants de CFG avaient déjà tout prévu sur le moyen terme en réussissant d’abord à convaincre comme prévu Pep Guardiola d’occuper le poste, puis de la laisser à Patrick Vieira une fois celui-ci vacant. Les deux hommes devraient terminer leur contrat à peu près au même moment d’un côté et de l’autre de l’Atlantique… Comme c’est bien fait. L’homme au Vicks Vaporub sur le poitrail semble avoir un joli plan de carrière devant lui, mais il va déjà lui falloir réussir à montrer qu’il peut être un bon coach dans cette MLS tellement piégeuse et imprévisible.

Là où Parreira et Gullit ont échoué


La ligue nord-américaine possède ses propres spécificités qui peuvent déstabiliser quiconque n’y est pas habitué. Entre autres particularités, il y a le fait que ce championnat soit fermé, avec des play-offs à la fin, qu’il se divise en deux conférences avec d’interminables voyages, qu’il a lieu sur une année civile et non d’un été au printemps suivant comme c’est la norme en Europe. Les transactions entre joueurs et la gestion de l’effectif changent aussi des standards, avec ce salary cap imposé, cette règle des trois joueurs désignés au maximum par équipe, la draft pour recruter les jeunes joueurs, l’argent d’allocation… C’est surtout en raison de toutes ces règles bizarres que quasi tous les entraîneurs non américains ayant tenté l’expérience en MLS ont échoué : Ruud Gullit, Aron Winter, Carlos Alberto Parreira, Hans Backe…


Le seul à s’en être sorti est l’inconnu anglais Gary Smith qui a créé la surprise en offrant aux Rapids du Colorado leur seul titre en MLS en 2010. L’avantage de Vieira par rapport à la plupart de ceux qui se sont plantés réside dans le fait qu’il est « neuf  » dans le métier et qu’il ne part donc pas avec trop d’a priori. Que disait-il d’ailleurs de ces spécificités lors d’une interview à Sports Illustrated le mois dernier ? « Ça rend les choses excitantes et je crois que c’est une force de la MLS. J’aime assez le fait d’avoir une quantité limité d’argent à disposition pour construire l’équipe. Et puis je suis entouré de gens avec une grosse expérience de la MLS, qui en connaissent les règles. » C’est le cas notamment de son directeur sportif, l’ancien international aux 112 sélections Claudio Reyna.

Retrouvailles avec Lampard le vieux rival


Pat Vieira dispose aussi d’un avantage sur son prédécesseur : celui d’avoir à sa disposition un effectif déjà en grande partie constitué et qui ne devrait pas trop bouger d’ici au début de saison. Parmi les rares recrues de l’hiver, on compte un Français (tiens, tiens…) : Frédéric Brillant, natif de Sedan et qui arrive d’Ostende en Belgique. Les trois stars de l’équipe ont l’occasion de faire ensemble une bonne présaison et n’auront cette fois pas l’excuse de la précipitation et de l’adaptation à un nouveau championnat. Des trois, c’est Lampard qui connaît le mieux son nouvel entraîneur, du temps ou l’un et l’autre évoluaient chez les rivaux londoniens de Chelsea et Arsenal…

« Comme entraîneur, il est parti de la base en travaillant avec les jeunes de Manchester sans chercher tout de suite un poste à responsabilité. Il a parachevé sa formation, et maintenant, je pense qu’on va en toucher les bénéfices en passant la nouvelle année sous ses ordres » , a commenté l’ancien des Blues au sujet de son aîné de deux ans. Le Français retrouve aussi Andrea Pirlo, qu’il avait croisé un certain 9 juillet 2006 en finale de Coupe du monde… «  On va tous l’aider à faire son travail du mieux possible » , a-t-il promis. En amical cette semaine, New York a battu l’Impact de Montréal 1-0 avec à la clé une prestation encourageante. Premier vrai grand test pour Vieira et ses nouvelles ouailles le 6 mars avec au programme un déplacement sur la pelouse de Chicago Fire, plus mauvaise équipe la saison dernière, à l’occasion de la première journée de MLS.



Par Régis Delanoë
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Dans cet article

LibidoPostToxico Niveau : National
Note : 1
Sur la photo, il n'a pas fait que croquer une pomme
Le gros PAt' *
Mouette à béton Niveau : District
Hé beh plus ils vieillissent plus ils ont une sale gueule. Sympa en tout cas, cette dynamique autour des entraineurs français à l'étranger. J'ai l'impression que, à ce niveau, c'est assez récent. Mais je ne sais pas pourquoi.
Est ce qu'une bonne expérience en MLS est suffisante pour pouvoir prétendre à coach un gros club européen ?

Je sens que City va pas prendre un tel risque sauf si Guardiola échoue, ils vont plutôt l'envoyer dans une de leurs autres franchise, le Rouen City club.
Message posté par Galtieri
Est ce qu'une bonne expérience en MLS est suffisante pour pouvoir prétendre à coach un gros club européen ?

Je sens que City va pas prendre un tel risque sauf si Guardiola échoue, ils vont plutôt l'envoyer dans une de leurs autres franchise, le Rouen City club.


Si seulement ça pourrait être vrai, le Rouen City club, enfin le club de ma ville n'aurait plus de soucis financiers, mais malheureusement la métropole décider de faire une fusion avec le rival de Quevilly et lui donner un nom affreux Quevilly Rouen Métropole, QRM pour les intimes, un maillot couleurs ketchup mayo écœurant comme il faut et un PowerPoint horrible pour blason, donc je te remercie pas salaud de me faire imaginer un club sans soucis ^^
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