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Le Graët Anatomy

Noël Le Graët a été de nouveau couronné lors d'une élection que beaucoup annonçaient périlleuse pour lui. La présence de la liste de Jacques Rousselot faisait planer la menace sérieuse d'une fronde du foot d'en bas. De guerre lasse, la continuité a semble-t-il pris le pas sur les risques, très mesurés, d'un renversement de régime. De fait, les vrais changements ne sont pas près de survenir, car ils demanderaient à la Fédération de se remettre un peu à la politique. Or pourquoi tout chambouler quand, comme l'affirme l'ancien patron de l'En Avant Guingamp, tout va bien et je suis le meilleur ?

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Si l'on voulait forcer le trait, on dirait volontiers que Noël Le Graët est un François Hollande qui se serait souvenu qu'il était plus fort que Benoît Hamon, et dont le bilan n'aurait pas été discuté. L'élection du nouveau président de la FFF n'est certes pas non plus un triomphe soviétique (57 %)... Le vainqueur s'est même livré à un hommage ironique envers son adversaire malheureux avec au passage une petite pique sportive sur la situation de l'ASNL : « Jacques a maintenant d'autres sujets – son club – mais il sera toujours, s'il le souhaite, parfaitement accueilli. J'ai pour lui une estime, il a souhaité faire une campagne très, très forte, il s'est beaucoup déplacé, a convaincu beaucoup d'entre vous et je voulais donc rendre hommage à cette liste. »

L'ami Didier Deschamps


Derrière cette querelle d'hommes et de caractères, dont personne ne peut affirmer si elle est définitivement enterrée, le plus inquiétant reste qu'aucune véritable opposition de fond ne s'est manifestée, quoi qu'on ait essayé de nous faire croire. Il était fort louable de nous dépeindre Jacques Rousselot en tenant d'une autre « gouvernance » , un terme très en vogue dans le monde sportif, où « démocratie » fait toujours un peu peur, s'appuyant sur plus de collégialité et d'écoute, notamment du monde amateur. De fait, lui-même reconnaissait que la situation globale du foot allait plutôt bien et que le bilan de fin de règne ne créait pas débat. Si la seule révolution était de palais et de garantir à tous que la porte du monarque s'ouvre aux doléances, admettons qu'il n'y avait pas grand enjeu à tenter l'aventure. En face, Le Graët eut donc droit à un petit procès en dictature. Il fut bien pourtant le seul à tenir compte de la timide féminisation de la discipline dans son équipe, et son compagnonnage avec Jean-Michel Aulas – personnage hautement critiquable et critiqué – validait au moins l'idée que le foot pro hexagonal peut se construire un modèle de réussite spécifique (posséder son stade, formation, etc.) sans attendre la baguette magique des investisseurs étrangers. Le socialiste Noël Le Graët avait fait basculer la FFF du côté du business, et son monde associatif pépère vers le capitalisme qui taille le bout de gras avec Nike. Toutefois, qui ne lui en n'était pas reconnaissant dans la grande famille du foot rassemblée pour voter samedi dernier ? Tout comme il lui était reconnu le mérite d'avoir remis de l'ordre chez les Bleus via la normalisation opérée par son « ami » Didier Deschamps – qui le soutint en retour et tweeta pour féliciter « son président » – et cela malgré sa gestion calamiteuse de l'affaire Benzema / Valbuena (ne choisissant ni l'un ni l'autre, bien au contraire). Le cercle vertueux en spirale de victoires depuis l'Euro 2016 semble d'ailleurs bien parti pour se prolonger jusqu'à la Coupe du monde 2018 en Russie. Que demande le peuple ?


En fait ce dernier, celui des stabilisés de banlieue et des gazonnés incertains de province, aimerait lui aussi des sous. De fait, les deux principaux candidats – Eric Thomas utilisait davantage l'élection pour faire entendre la voix des sans-grades et David Donadei avec son 0 % restera sûrement un mystère – ont simplement oublié, ou plutôt mis de coté, cette demande jamais aussi explicitement formulée. Pourtant, la requête du foot amateur n'est pas de trouver un divan pour s'allonger et raconter son « mal-être » ou ses déceptions face aux Bleus ou la non-sélection de l'attaquant du Real. Les FC ou AS locales croulent surtout sous le poids d'une passion administrative qui apparente la structure fédérale à un ouvrage de Kafka réécrit en coréen par un énarque gaulliste. Les obligations réglementaires (nombre d'équipes U quelque chose, etc.), les amendes sous multiples motifs, etc. étouffent des clubs qui parfois renoncent à se développer, faute d'avoir un retraité bénévole qui puisse consacrer un temps plein pour gérer les dossiers et les licences en ligne. De même, le foot féminin n'a pas besoin de reconnaissance avec une vice-présidente, mais que l'on trouve enfin des solutions pour que les féminines puissent accéder aux terrains.


Il faut être honnête, certaines contraintes et circonstances ne sont pas imputables à la fédé, ni ne relèvent directement de ses compétences. La crise économique, la réforme territoriale (qui peut conduire des équipes désormais à parcourir 600 bornes pour un match), la baisse de subventions de villes qui voient la dotation de l'État fondre au fil des ans, etc. Sauf qu'à ne pas en tenir compte, comme si le football était de toute manière condamné à vivre bien et mieux que les autres sports, à l'abri de sa suprématie culturelle et médiatique, tout un volet de ce qui devrait le rôle de la FFF se retrouve tout simplement passé sous silence. Déjà en 2011, Noël Le Graët ne nous confiait-il pas sur sofoot.com son agacement devant « une politique du chiffre, que je comprends de la part des districts et des clubs face à leurs interlocuteurs institutionnels ou privés ? Ou bien ne vaut-il pas mieux 1,8 million de licenciés bien encadrés ! »

Où va l'argent de l'équipe de France ?


Or il existe néanmoins des leviers, financiers s'entend, qui pourraient être au moins étudiés. Quid de l'argent par exemple que produit l'équipe de France ? Les Bleus en reçoivent un part non négligeable sous forme de primes (250 000 euros chacun pour avoir disputé la finale de l'Euro 2016 ), mais n'auraient-elles pas plutôt vocation à alimenter un fond pour soutenir le foot amateur ? Ce serait infiniment plus logique pour donner un sens à la cape (qui bonifie déjà en soi la valeur du joueur ensuite au mercato), avec une décision assumée par l'institution qui donc ne laisserait pas aux seuls joueurs l'option de la « solidarité » (et donc éventuellement à subir les éternels procès en exemplarité). Idem, pour les indemnités que reçoivent les clubs « formateurs » à la signature d'un ancien jeune (dès ses douze ans), lorsqu'un joueur signe son premier contrat pro et lors de chaque transfert jusqu'à son 23e anniversaire, ne mériteraient-elles pas d'être mutualisées ? Une logique plus juste, et moins inégalitaire, et qui éviterait la guerre des bords de touche qui se déroule entre clubs locaux chaque week-end autour du moindre gamin un peu talentueux. À moins de recourir à ce genre de dispositifs, on doute beaucoup que les associations puissent s'en tirer seules, notamment en zone rurale ou périurbaine, avec du crowdfunding ou du sponsoring de l'artisan du coin.

Enfin, un dernier point demeure, une véritable zone d'ombre. Alors que François Blaquart, DTN en chef (vous savez, l'homme du scandale des quotas bien plus que Laurent Blanc) part en retraite, les transformations culturelles à l'œuvre dans le foot, dans le jeu et le contenu de ce sport en tant que discipline et fait social total, ne sont quasiment jamais interrogées. La poussée du futsal, des pratiques alternatives comme le foot à 7, le beach soccer, sans oublier l'e-sport, s'avèrent pourtant des signes impossibles à ignorer pour qui est sur le terrain. Même la FIFA a commencé sérieusement à se pencher sur le perpétuel chantier des lois du jeu, sous la houlette de Marco van Basten. Rien de tel pour le moment en France. Cela dit, il y a un match contre le Luxembourg. Et dans les loges VIP, les bouteilles de champagne attendent déjà pour fêter la réélection du « meilleur d'entre nous » .

Par Nicolas Kssis-Martov
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