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L'Olympique gâché

Lyon est passé si proche de la qualif'... Une victoire 3-1 insuffisante, car construite après avoir commencé la première période de manière catastrophique. Un scénario tout autant magnifique que frustrant, à l'image d'une équipe lyonnaise capable du meilleur, mais qui, trop régulièrement, se sabote toute seule.

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Après le match aller, on s'est bien foutu d'eux. Et quand Jean-Michel Aulas commençait à parler de remontée et d'exploit, il faut bien admettre que toute la France du foot n'y croyait qu'à moitié. Défense trop poreuse, équipe trop irrégulière, collectif capable de se dissoudre à la première difficulté. Et finalement, à dix minutes de la fin de son match retour contre l'Ajax, l'Olympique lyonnais était à deux doigts de la finale. Trois but marqués, qui auraient dû suffire à assurer sa qualification, mais qui, à cet instant, ne faisaient plus le compte à cause d'une largesse défensive de trop en première période. Ce jeudi soir, Lyon a donc perdu ses rêves européens à cause de ses lacunes récurrentes. Mais il a peut-être, a contrario, gagné la bataille de l'honneur et du panache avec un scénario fou et une sacrée dose d'émotions offertes à ses supporters et à l'ensemble du public français. On se souviendra donc, avant tout, que l'OL est passé tout près, a quitté la Ligue Europa en demi-finale sur une victoire, et offert un spectacle de qualité. Ou pas.

Vigo à deux doigts du rêve

Séville, Juventus, AS Roma, Beşiktaş, le tour d'Europe lyonnais


Et on oubliera, ou pas également, que cette même équipe s'est laissé ridiculiser au match aller. Qu'elle s'est sabordée dès la première période du match retour. Qu'elle avait failli aussi s'auto-flageller en quart de finale avec un but concédé à la maison contre Beşiktaş sur une trop grossière erreur de marquage. Ou encore qu'elle n'avait commencé son huitième de finale qu'à partir de la seconde période aller contre l'AS Roma... Une répétition de l'histoire lyonnaise sur la scène européenne cette saison. Une équipe capable de tenir la route contre le triple vainqueur de la Ligue Europa, le FC Séville, ou surtout le futur finaliste de la Ligue des champions, la Juventus. Capable de tenir la route, mais toujours battue sur le fil et donc éjectée de la C1. Beaucoup ont alors cru à un gros lot de consolation en Ligue Europa, les dirigeants du club en premier lieu, d'anciennes gloires en second, et quelques observateurs convaincus par les grosses prestations contre l'AS Roma ou Beşiktaş pour compléter la liste.

Le stroboscope européen


À l'heure de tirer le bilan, il est évident que les déclarations d'intention de Bruno Génésio, Jean-Michel Aulas, ainsi que leurs joueurs, n'étaient que moyennement exagérées. Mais comment ne pas regretter que cet OL-là n'ait pas été un soupçon plus consistant sur ses bases arrière ? Comment ne pas regretter que cet OL-là n'ait jamais su, quand il n'était pas bien, resserrer les rangs, quitte à jouer un peu moche et méchant pour éviter de prendre l'eau. Le match aller à Amsterdam sera d'ailleurs le terreau des plus grands regrets rhodaniens : vingt premières minutes où les hommes de Génésio avaient dominé leur sujet, bousculé leurs adversaires, puis une succession de maladresses pour donner quatre buts aux Ajacides. Le retour au Parc OL a d'ailleurs démontré que quand il se mettait vraiment à jouer, l'Olympique lyonnais n'avait rien à envier à l'Ajax, si bon soit-il. Et qu'il n'avait par séquences pas énormément de choses à envier aux plus grands d'Europe non plus. À l'exception notable que, quand les plus grandes équipes brillent par leur constance, Lyon a écrit son histoire européenne sur courant alternatif. Entre fulgurances et faux pas retentissants. À ne plus savoir s'il faut en rire, en pleurer, s'en réjouir, enrager. C'est parfois comme ça, aussi, que s'écrivent les épopées européennes.




Par Nicolas Jucha
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