Le frisson colombien

Non, la Copa America, ce n'est pas seulement la guéguerre entre l'Argentine et le Brésil. Cette année, d'autres sélections pourraient créer bien la surprise. Parmi elles, la Colombie, emmenée par des joueurs en feu comme Falcao, Guarin ou Armero. Valderama peut être fier.

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L'effectif a de quoi faire frissonner. Ospina. L'un des tous meilleurs gardiens de Ligue 1. Zapata, une saison énorme avec l'Udinese. Zuniga, la même chose avec le Napoli. Guarin, maître à jouer du FC Porto multi-champion. Falcao, nouvelle coqueluche de l'Europe avec ses 17 buts en Europa League. C'est un fait : sur le papier, cette équipe de Colombie cru 2011 peut susciter de l'enthousiasme et du plaisir. Mais aussi, revers de la médaille, des interrogations. Car aussi belle soit-elle, cette formation colombienne occupe actuellement la 50ème place du classement FIFA. Derrière le Burkina-Faso. Derrière l'Iran. Derrière la Lituanie. Tristesse. Et la chute est quasiment constante depuis 2001. Cette année-là, l'équipe emmenée par le buteur Juan Pablo Angel remportait la Copa America à domicile et atteignait la cinquième place de ce classement. Mais depuis, plus rien. La Colombie n'a plus participé à la Coupe du Monde depuis l'édition française, en 1998, et s'est faite sortir au premier tour de la dernière Copa America. Alors, avec une génération si talentueuse, où est donc le nœud ? Le nœud, c'est surtout que la Colombie est actuellement, à l'instar de la France, en pleine phase de reconstruction. Et l'objectif affiché est clair : la sélection d'Hernan Dario Gomez veut être en pleine bourre pour 2014. Quitte à faire pâle figure en Argentine?

Génération presque mûre

Quatre ans. C'est le laps de temps que s'est fixé mister Gomez pour amener sa Colombie au sommet de son art. Débarqué le 4 mai 2010 à la tête de la sélection (un poste qu'il avait déjà occupé de 1995 à 1998), le sélectionneur se donne tout d'abord comme but de redonner le sourire à une nation qui vient, encore une fois, d'échouer lors des qualifications pour le Mondial. A son arrivée, Gomez tente de faire le tri parmi les joueurs à disposition. Ivan Cordoba, l'expérimenté défenseur de l'Inter Milan, l'y aide en annonçant (pour la deuxième fois) sa retraite internationale. Un de moins. Mais malgré un casting savoureux et audacieux, les résultats ne sont pas folichons. En 12 rencontres depuis sa prise de fonction, le technicien a récolté 4 victoires, 4 défaites et 4 nuls. Un bilan en parfait équilibre, mais qui peut demeurer inquiétant si l'on considère que les victoires ont eu lieu face aux peu irrésistibles Venezuela, Équateur (deux fois) et Sénégal. Pas vraiment le Brésil ou l'Argentine... Alors, qu'est-ce qui pèche ? D'une part, l'âge. A l'image de l'Espagne lors la Coupe du Monde 2006, à savoir une équipe presque-mûre-mais-pas-tout-à-fait, la Colombie jouit d'une génération qui pourrait être au top d'ici 3-4 ans. Non pas que les Colombiens seront à coup sûr champions du monde en 2014, mais d'ici là, certaines pépites pourraient arriver à maturation. Et pour cause, lors de ses dernières sorties officielles, le onze titulaire affichait une moyenne d'âge d'environ 24 ans. Dans trois ans, au Brésil, cela fera entre 27 et 28 ans. L'âge idéal.

Euphorie ambiante

Néanmoins, nous ne sommes pas en 2014, et encore moins au Brésil. L'instant présent, c'est 2011, et la Copa America en Argentine. Or, la Colombie a un coup à jouer. Dès maintenant. Elle le sait. Son groupe A, composé de l'Argentine, du Costa Rica et de la Bolivie, est largement abordable, du moins pour les deux dernières équipes citées. Or, si la Colombie termine deuxième de son groupe, elle affrontera le deuxième du groupe C (la poule du Chili, du Mexique, de l'Uruguay et du Pérou) en quarts de finale. Autant dire : pas mal de chances de tomber face à une équipe plus ou moins de son niveau. De plus, Hernan Gomez a de la veine : la plupart de ses joueurs surfent encore sur l'euphorie d'une année vécue au très haut niveau. La preuve avec la convaincante victoire face au Sénégal, avant-hier (2-0). A chaque ligne, il peut compter sur un, voire plusieurs protagonistes de la saison à peine conclue. La défense made in Italy Yepès-Zapata-Zuniga-Armero a donné satisfaction à ses différents entraîneurs, tandis que le milieu et l'attaque peuvent s'appuyer sur des joueurs influents dans leur club respectif. De Carlos Sanchez (Valenciennes) à Guarin (FC Porto), en passant par Rodallega (Wigan), Cuadrado (Udinese) ou Ramos (Hertha BSC). Pas dégueu du tout.

Falcao-dépendance

Mais l'un des risques de cette équipe, c'est de tomber dans la dépendance. La dépendance de son joueur le plus en forme, pour ne pas dire en fusion. Radamel Falcao. L'attaquant du FC Porto a tout balayé sur son passage en cette fin de saison, battant le record de buts inscrits au cours d'une seule et même Coupe d'Europe (17, deux de plus que Klinsmann). Hernan Gomez sait qu'il possède là une arme fatale de destruction, mais ne veut pas s'enflammer. La Falcao-dépendance, non merci. « Falcao est une idole, un joueur extraordinaire mais nous ne pouvons pas dépendre de lui. Si cela se produisait, nous compromettrions notre succès. Rechercher constamment Falcao peut faire perdre sa clarté et son style à l'équipe et ternir le jeu collectif. Il doit être notre botte secrète, pas notre seule arme » affirme-t-il à quelques jours du début de la compétition. D'accord. Mais bon, ce serait tout de même bête de ne pas miser sur un type qui, depuis son arrivée à Porto, a claqué 72 buts en 85 matches. Un total monstrueux. "Messiesque", même. Oui, Messi aura un sérieux rival. Et pour une fois, il n'aura pas le numéro 7.

Eric Maggiori

Début de la Copa America 2011, vendredi 1er juillet

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Merci pour cet article, elle confirme tout le bien que je pensais de la Colombie (hormis la facilité à se procurer de la drogue...)
C'est vrai qu'elle à un potentiel monstre et je voulais ajouter que d'ici un ou deux ans viendra s'ajouter un autre joueur, qui d'ici là aura fait ses preuves... Le petit James Rodriguez...Enorme au tournoi de Toulon et vraiment une tres bonne saison au FC Porto
Je veux pas faire le mec lourd, mais Guarin "maître à jouer", c'est un peu trop ^^. Plutôt une sorte "d'impact player" le Freddy, le maître à jouer de Porto c'est Moutinho.
Le maitre à jouer de Porto, le leader technique de l'équipe à la base c'est Fernando Belluschi sauf qu'il s'est blessé et Guarin a pris sa place.

Guarin est moins rapide, moins agile, (question de taille aussi par rapport à Bellu') moins technique, met il a un canon à la place de son pied droit, une très grande qualité de passe, et il va au contact. Mais peut être que l'article parlait en tant que joueur décisif et là il n'y a pas de doute Freddy Guarin fait parti des joueurs décisif de l'équipe.

Moutinho c'est le joueur que tu trouves en attaque, en défense, tu le trouves partout, c'est un box to box.

Sinon par rapport à l'article, la Colombie a en effet de bons joueurs mais je pense plus à l'Uruguay qui surfera sur sa coupe du Monde.
Oh la horreur, j'ai écris "met" à la place de "mais", mes excuses.
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