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Le football, royaume d’Espagne

Le football est un sport qui se pratique à 11 et qui voit souvent des Espagnols soulever une coupe à la fin ces dernières années. Trop vite annoncé sur le déclin après la finale allemande de la Ligue des champions l'an dernier, l'Espagne a repris sa domination, comme le prouve le derby de Madrid en finale de la C1 ce samedi.

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La saison dernière, Fernando Torres et Juan Mata ont été les protagonistes d’une stat insolite. Vainqueurs de l’Europa League avec Chelsea, les deux internationaux espagnols sont devenus les premiers à être à la fois champions d’Europe et du monde en titre avec leur sélection, mais aussi « champions » de la Champions (Chelsea avait remporté la saison précédente la Champions face au Bayern et la final 100% allemande ne s’était disputée qu’une semaine après la victoire des Blues contre le Benfica) et de l’Europa League en club. Une première dans le football. Cette année, le football espagnol a fait encore plus fort. En effet, depuis que la finale de l’Europa League a été remportée par le FC Séville, le voisin pyrénéen s’est déjà assuré d’être la première nation de football à posséder les quatre grands titres à la fois : Euro, Coupe du monde, Europa league et Champions. Un triomphe pour un football que beaucoup avaient jugé sur le déclin après la finale de C1 100% allemande de l’année dernière. Finalement, il n’aura fallu qu’une seule saison aux clubs espagnols pour ringardiser de nouveau le Bayern, Dortmund et leur Bundesliga…

16-4 contre l'Allemagne

Sur les dix dernières années, l’Espagne est le pays qui a gagné le plus de Champions League (4), mais aussi le plus d’Europe League (6). Cette année, la Liga a surtout démontré qu’elle était loin, très loin, d’être un championnat se limitant aux deux ogres que sont le Barça et le Real. En effet, mis à part la Real Sociedad, aucun club étranger n’est parvenu à éliminer une équipe espagnole en compétition européenne. Les clubs de la Liga se sont en fait cannibalisés entre eux. En Europe League, Le FC Séville s’était difficilement débarrassé du Betis Séville, mais aussi de Valence, avant de soulever sa 3e Europa League. En Champions, le Barça s’était lui aussi fait sortir par le futur finaliste de la compétition : l’Atlético. Mieux, la Liga, et le Real, en particulier a martyrisé les trois premiers du classement de Bundesliga 2014. En six rencontres, les Merengues ont mis 16 pions à leurs trois adversaires allemands et n’en ont encaissés que 4… Fou. City, champion d’Angleterre, a lui aussi été éliminé prématurément de la C1 par des Blaugrana pourtant prenables. Bref, le football espagnol n’est pas aussi mort que certains l’avaient prédit l’année dernière. Bien au contraire.

Longtemps accusés d’écraser la Liga, le Barça et le Real Madrid restent néanmoins deux locomotives qui permettent au football espagnol de rester hautement compétitif. Leur mainmise sur le championnat et la Coupe du Roi a en effet eu des effets secondaires inattendus. Si les seconds couteaux espagnols comme Valence, l’Atlético, Séville ou Bilbao, ne snobent pas l’Europa League comme la majorité de leurs homologues européens, c’est avant tout parce qu’il leur est plus facile d’aspirer à un trophée européen que local. L’Europa League est aussi et surtout perçue comme une vitrine où il est plus facile d’être vu pour la majorité des clubs espagnols. Peu importe que la compétition soit beaucoup moins lucrative qu’une participation, même ratée en Champions, elle offre des épopées européennes capables de faire grimper la cote de n’importe quelle équipe en Espagne et hors d’Europe. Séville et l’Atlético actuel se sont notamment construit une solide réputation à travers cette compétition snobée des clubs français. Leurs succès européens leur ont d’ailleurs permis de se rendre attractifs sur le marché des transferts aussi bien au niveau des départs que des arrivées. Malgré la perte de leurs stars respectives lors du dernier mercato, Séville (qui a perdu Navas et Negredo) et Valence (qui a vendu Soldado à Tottenham) ont ainsi de nouveau démontré tout leur potentiel sur la scène européenne.

Des idées plus que du marketing

Alors que la Premier League et la Bundesliga misent tout sur le marketing, la Liga préfère, elle, miser sur le jeu. Le fond plutôt que la forme. La Premier League a beau aguicher avec son intensité trompeuse, elle ne rivalise pas en matière de qualité technique avec la Liga. City victime d’un Barça pourtant en demi-teinte peut en attester : sans maîtrise, la puissance n’est rien… L’intensité a malgré tout été la constante du football du Real et de l’Atlético. Loin de s’en contenter, Colchoneros et Merengues ont prouvé qu’il était possible de pousser le curseur un peu plus loin question compétitivité en alliant puissance et maîtrise sans pour autant ennuyer le public.

Si l’Espagne du football reste profondément marquée par le sceau du toque, elle sait néanmoins vivre avec son temps. Real et Atlético ont démontré cette saison qu’il était possible de donner du spectacle, même en jouant en contre–attaque. À l’image d’une Roja qui a su évoluer sans dénaturer son style, les clubs de Liga ont également fait preuve de suite dans les idées et d'une faculté inouïe à se régénérer au fil des années. Il y a encore quelques mois, Guardiola, Mourinho, Bielsa et Pellegrini, cohabitaient dans le laboratoire footballistique de la Liga. Cette année, le Bayern de Pep, le Chelsea du Mou et le City de Pellegrini, ont tous été éliminés par des clubs espagnols. Une coïncidence ? Peut-être, mais cela prouve aussi que la Liga a su digérer le départ de ces cerveaux en les remplaçant par la matière grise de Simeone, Ancelotti, Pizzi ou Valverde. Tous, à leur manière, ont fait passer un nouveau cap à leur club respectif depuis leur arrivée. Tata Martino, catapulté à Barcelone pour assurer la continuité d’une philosophie commencée sous l’ère Guardiola, est le seul à s’être planté. Toujours dur d’être un bonnet d’âne dans une classe de bons élèves.

Par Ramon Jabugo
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