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Le football gallois, version clubs

Révélation du dernier Euro, le pays de Galles a montré qu’il possède une sélection compétitive, mais entretient une relation complexe avec son football de club. Ses meilleurs représentants définitivement rattachés au système anglais, il n’existe sur place qu’un championnat des champs, semi-professionnel, emmené par une formation évoluant… à la frontière anglaise.

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Deux clubs gallois sont engagés cette semaine dans les compétitions européennes : le champion en titre The New Saints en C1 hier mardi et une curieuse formation nommée Connah’s Quay Nomads jeudi en Ligue Europa.
Deux clubs gallois qui arrivent au second tour préliminaire des deux grands tournois continentaux, c’est déjà une performance, car le championnat local est à la ramasse et figure comme l’un des plus faibles d’Europe. Au dernier classement UEFA, il figurait au 49e rang, entre le lituanien et le maltais, derrière le nord-irlandais, le luxembourgeois ou le macédonien. Il existe pourtant de grands clubs gallois, dont deux particulièrement : Swansea et Cardiff. Mais ceux-ci, comme quelques rares autres, sont depuis toujours rattachés au système anglais et évoluent actuellement respectivement en Premier League et en Championship. De fait, l’histoire du football gallois de club est pas mal complexe. Pour l’appréhender, il faut retenir une date charnière : 1992.

Les plus gros clubs sont restés dans le giron anglais


Avant 1992, tous les clubs pros et semi-pros gallois étaient mêlés aux différents championnats anglais, comme si la frontière entre les deux entités du Royaume-Uni n’existait pas. Une seule compétition « nationale » existait et permettait aux clubs locaux de se frotter les uns aux autres : la Coupe du pays de Galles. Pas suffisant pour les instances internationales, UEFA en tête, qui voit d’un mauvais œil cette exception galloise, seul membre de l’Europe du football à avoir droit à sa sélection nationale sans que ne soit disputé un championnat digne de ce nom sur son territoire. À l’époque, au début des années 90, des voix s’élèvent sur le continent pour exiger de mettre fin à l’exception britannique de pouvoir disposer de plusieurs équipes nationales pour ses différentes entités.


Angleterre, pays de Galles, Écosse et Irlande du Nord réunis en une seule et même équipe, comme c’est le cas dans les sports olympiques ? L’idée fait son chemin, mais ne plaît pas aux différentes fédérations de ces quatre entités. Sans football local structuré, la galloise est la plus menacée par une fusion, ce qui pousse la Fédération a enfin réagir. Décidé en octobre 1991, le premier championnat pro et semi-pro gallois voit le jour l’année suivante, avec un match inaugural disputé le 15 août 1992 très exactement. Vingt clubs ont répondu à l’appel de la fédé, mais pas les meilleurs d’entre eux. Swansea, Cardiff, mais aussi Wrexham, Newport et quelques autres décident de snober ce championnat local, préférant rester dans le giron du football anglais, arguant qu’il est préférable économiquement et médiatiquement de figurer dans les divisions inférieures du foot anglais que dans l’élite du foot gallois. En guise de sanction, ces rebelles seront privés de participation à la Coupe du pays de Galles et n’auront évidemment pas droit aux tickets européens alloués par l’UEFA aux Gallois.

Un championnat de sous-préfectures


Depuis 1992, le championnat gallois, nommé Welsh Premier League (WPL), a perduré tant bien que mal. De 20 participants à l’origine, il est passé à 16 puis à 12 clubs en lice actuellement.
Les quatre premières villes du pays de Galles par population (Cardiff, Swansea, Newport, Wrexham) ayant leur club principal dans le giron du foot anglais, la Welsh Premier League se caractérise par son côté très rural. Concrètement, c’est un peu comme si elle ne voyait s’affronter que des localités de sous-préfectures de la taille de Guingamp, d’Auxerre ou de Châteauroux au max. Le plus grand stade est celui de Port Talbot, avec une capacité de 6 000 places pour une ville de 37 000 habitants, la plus grande représentée à ce jour. Autre particularité : 9 des 12 clubs actuels de l’élite sont situés dans la moitié nord du territoire, le sud étant traditionnellement une terre de rugby, comme en France. Le niveau de cette Welsh Premier League est difficile à établir, mais se situerait aux alentours de la National League anglaise, la D5.

The New Saints, 4 tours passés en 18 participations européennes


Dans le championnat gallois, un seul club est réellement structuré et pro à 100% : The New Saints. C’est d’ailleurs le plus beau palmarès du pays et le quintuple tenant du titre. Jusqu’en 1996, ce club était basé dans une minuscule localité d’à peine 1 000 habitants nommé Llansantffraid-ym-Mechain. Il y a vingt ans, un industriel local l’a financé en le renommant comme son entreprise : Total Network Solution (TNS). Puis il y a dix ans, lors de la fusion avec un club anglais situé juste de l’autre côté de la frontière, TNS a déménagé en Angleterre, à Oswestry, changeant encore de nom, mais gardant ses initiales : TNS, pour désormais The New Saints. Avec 24 joueurs sous contrat et un budget d’1,5 million d’euros, les Saints sont largement au-dessus de la concurrence et ont passé le premier tour préliminaire de la Ligue des champions cet été pour la quatrième fois de son histoire (en 18 participations).


Après les Bohemians, Cliftonville et Tórshavn l’an dernier, c’est Tre Penne (Saint-Marin) qui a été sorti début juillet. The New Saints, qui affrontait l’APOEL au second tour (0-0 à l’aller, défaite 3-0 hier soir), n’est pas le seul club gallois à avoir passé l’obstacle du premier tour : en Ligue Europa, Connah’s Quay Nomads, pour sa première participation européenne, a réussi l’exploit d’éliminer les Norvégiens de Stabaek (0-0, 1-0) pour se retrouver au second tour à affronter Vojvodina (défaite 0-1 à l’aller en Serbie). Les deux autres clubs gallois en lice au premier tour de la C3 ont en revanche été sèchement dominés par des clubs suédois : Bala Town par l’AIK (0-4 au total) et Llandudno par l’IFK (1-7). Deux clubs qualifiés sur quatre à l’issue du premier tour préliminaire, c’est une performance qui devrait permettre à la Welsh Premier League de grimper un peu dans la hiérarchie de l’UEFA. Le niveau de ce championnat est sans commune mesure avec celui de la sélection galloise – dont aucun joueur n’a jamais évolué en WPL –, mais c’est déjà un petit pas en avant.

Par Régis Delanoë
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Top-player Niveau : CFA
La plupart des joueurs gallois évoluaient a Swansea ou Crystal Palace et dans les divisions inférieures' j'espère que cette performance a l'Euro (et celle des irlandais) incitera les Écossais a se bouger car en terme de qualité, ils n'ont rien a envier aux deux Irlande et ne sont pas tellement éloigné des gallois même s'ils n'ont pas de Bale ou de Ramsey.

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