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« Le football est un jeu qui se joue à onze, et à la fin, c’est la Finlande qui perd »

Gagnant du prix « Un certain regard » à Cannes, avec le film Olli Maki, qui revient sur l’histoire du plus grand boxeur de l’histoire finlandaise, le réalisateur Juho Kuosmanen aime aussi le football. Grâce à Jari Litmanen et malgré la culture de la lose de sa sélection nationale.

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Tu as décidé de faire un film sur la vie d’Olli Maki, un célèbre boxeur finlandais des années 60. Pourquoi ?
Olli Maki a une personnalité intéressante, il y a une contradiction entre ce qu’il est en tant que personne et le sport qu’il pratique. C’est un mec doux, presque trop gentil, qui fait de la boxe qui est un sport très dur. J’ai trouvé ça marrant. J’ai aussi ressenti les mêmes émotions que celles éprouvées par Olli Maki dans le film. C’est un portrait d’Olli Maki et c’est aussi très personnel. Olli est une légende, mais les gens de ma génération ou plus jeunes ne le connaissent pas forcément. Les gens qui suivent la boxe le connaissent, et, à l’époque, la boxe était très populaire en Finlande. Leur fils est d’ailleurs aussi un manager de boxe très connu, il a entraîné nos acteurs.

Après la boxe, tu as déjà pensé faire un film sur le football ?
« J’ai déjà pensé à faire un film sur le football. Maintenant que mon fils y joue et que je l’accompagne, j’y pense en réalité deux fois par semaine quand je suis assis dans les tribunes. »
Oui, mais, en réalité, les films de boxe, c’est déjà un genre, et mon film n’est pas un film de boxe à proprement parler. Mais j’ai déjà pensé à faire un film sur le football. Maintenant que mon fils joue au foot et que je l’accompagne, j’y pense en réalité deux fois par semaine quand je suis assis dans les tribunes. Il y a beaucoup plus de films sur la boxe que sur le foot, mais je pense que le foot est un sport assez cinématographique, le film ne serait évidemment pas à propos du foot en tant que tel, mais je pense qu’il y a un environnement hyper intéressant et que c’est un milieu qui se prêterait à un film. Je pense que quand les enfants jouent au football déjà, il se passe tellement de choses ; il y a beaucoup de matière à explorer. Le football est un jeu très rapide, c’est bien plus cinématographique que le hockey sur glace ou le saut à ski...

Justement, à quel point le foot est-il populaire en Finlande ?
Oui, surtout chez les jeunes. On peut maintenant jouer toute l’année même en hiver, on a construit des stades indoor, un peu comme ce qui a été fait en Islande, et c’est bien de voir que là-bas, ça a apporté des résultats. Chez nous non ! Le football est populaire en Finlande, le problème, c’est qu’on est nuls...

À tel point que tu as utilisé la nullité de la sélection finlandaise pour les besoins de ton film.
Tu sais, la scène du combat pour le titre de champion du monde au stade Olympique d’Helsinki. Et bien pour la prise de son, pour avoir la déception du stade quand Olli est mis KO, on a choisi deux matchs de la sélection pendant les éliminatoires de l’Euro. On devait avoir le son d’un stade plein. En allant voir jouer la Finlande, on était certains qu’on aurait des grosses expressions d’échec, des « Oh » de déception et on ne s’est pas trompés. On a été filmer contre l’Irlande du Nord et contre la Roumanie, un match nul et une défaite. Les Huuhkajat nous font beaucoup souffrir.

Les Huuhkajat ?
Oui, c’est le surnom de l’équipe nationale, c’est un gros hibou, une sorte de hibou grand-duc. On surnomme nos joueurs ainsi, car dans le stade olympique, quelques couples de hiboux avaient fait leurs nids. Et lors d’un match de l’équipe nationale, certains des animaux se sont mis à voler sur le terrain et se sont posés sur la pelouse en plein match. Un des hiboux s’est même installé sur la barre transversale et le match a dû être arrêté pendant quelques minutes.

Quels sont tes principaux souvenirs avec ton équipe nationale ?
En Finlande, nous avons de très mauvais souvenirs liés au football. Le pire de tous, c’est un Finlande-Hongrie pour la Coupe du monde 1998. Nous étions presque qualifiés pour les barrages, c’était au stade olympique d’Helsinki. On menait 1-0 jusqu’à la dernière minute, et là, on marque contre notre camp, et le rêve s’achève. Dans le temps additionnel, il y a un corner contre nous, et on essaye de se dégager. Il y a un énorme cafouillage dans lequel six joueurs finlandais touchent le ballon, et tentent de dégager et ça se finit par un csc ridicule. Je pense que c’est le souvenir collectif le plus fort des Finlandais à propos du football ; ça en dit long sur notre niveau (rires). Et c’est encore ce qu’il s’est passé contre l’Islande lors du dernier match éliminatoire. On mène 2-1 jusqu’à cinq minutes de la fin et on perd 3-2. On arrive toujours à perdre. Tu connais le dicton sur les Allemands qui gagnent toujours à la fin ? Eh bien ici, on dit pour rigoler : « Le football est un jeu qui se joue à 11 et à la fin c’est la Finlande qui perd. »

Vidéo

Cette culture de la lose, elle est due à quoi ?
« On n’est pas des gagnants, ça a probablement à voir avec la mentalité finlandaise. Nous sommes des gens peu sûrs de nous. »
On n’est pas des gagnants, ça a probablement à voir avec la mentalité finlandaise. Nous sommes des gens peu sûrs de nous. Récemment, il y avait un match, Suède-Finlande au hockey sur glace. On menait 5-1 et on a perdu 6-5. On est paralysés par la peur de perdre et à partir de 5-2, 5-3, on sentait cette peur chez les joueurs, on savait qu’une fois de plus, on allait perdre. Ce problème de mentalité, il est commun à Olli Makki, à notre équipe de football ou à nos hockeyeurs. Plus que le niveau de notre équipe, c’est cette mentalité qui souvent pose problème.

Et cela nuit à la popularité du football ?
Je pense que plus de gens jouent plus au football qu’au hockey sur glace en Finlande, mais comme en hockey, on a plus de chances de gagner quelque chose, on peut dire que le hockey est plus populaire, on a été deux fois champions du monde. Les gens sont plus excités quand notre sélection de hockey joue, car les « Lejonen » , (les lions, leur surnom) ont toujours une chance de gagner quelques chose. On regarde beaucoup de football, en Finlande. Après, comme notre championnat national est faible, chaque Finlandais supporte une équipe de Premier League, un peu comme dans les autres pays scandinaves.

Il existe une rivalité sportive avec vos voisins scandinaves, les Suédois par exemple ?
De manière générale, la Finlande et la Suède ont une relation complexe, car avant nous étions une province suédoise, nous sommes du coup une sorte d’outsider, aussi bien dans le sport que dans le cinéma. La Suède est à la fois une référence et quelque chose dont on veut s’émanciper. Disons que la Suède est la grande sœur bien élevée et que nous sommes le petit frère un peu idiot. Si tu veux voir à quoi ressemble la vie d’un immigrant estonien à Helsinki, alors sois finlandais à Stockholm et tu ressentiras la même condescendance, le même dédain parfois, ils nous regardent un peu de haut. Sportivement, la rivalité avec la Suède se limite au hockey, quand la Suède affronte la Finlande au hockey, c’est énorme pour nous, c’est la finale rêvée pour tout le pays. Le choc est toujours très chaud. Enfin, dans l’idée, c’est souvent la finale rêvée, et dans la réalité, ça vire la plupart du temps au cauchemar. Au foot, cette rivalité n’existe pas vraiment, nous n’avons pas de meilleur ennemi, la Suède est juste trop forte pour qu’une rivalité existe. Le seul match particulier pour nous, c’est contre la Hongrie, depuis le match de 1997, la Hongrie est une équipe qui nous fait très peur, et les matchs contre eux sont toujours très attendus.

Cette rivalité avec la Suède se retrouve même dans votre championnat ?
L’équipe la plus populaire de Finlande, c’est l’HJK, le grand rival, c’est l’HIFK. Ce qui est marrant, c’est que l’HIFK, c’est le club de la minorité suédoise d’Helsinki, dans quasiment toutes les villes de l’Ouest du pays, tu retrouves cette rivalité entre le club finnois et le club suédois, c’est pareil dans ma ville à Kokkola.

À part la sélection, tu supportes certaines équipes ?
J’aime beaucoup Arsenal, et je suis aussi fan de l’équipe de Kokkola, ma ville natale, le KPV. Ils sont en deuxieme division, après avoir longtemps été au troisième niveau, c’est super !

Et les joueurs que tu aimais quand tu as grandi ?
« Le seul Finlandais qui nous a fait rêver, c’est Litmanen. »
Gunnar Isosaari, qui était le gardien de but du KPV, le club de ma ville de Koppola, quand j’ai grandi et qui a été champion de Finlande. Il habitait dans un immeuble à côté de chez moi. Mais sinon, non, la plupart de mes idoles n’étaient pas finlandaises, c’étaient plus des mecs comme Maradona. Le seul Finlandais qui nous a fait rêver, c’est Litmanen. Jari Litmanen est totalement différent du reste des joueurs finlandais, il évolue dans une autre catégorie, des années-lumière au-dessus. Ici, Jari est surnommé Kuningas, le King. Il est resté hyper populaire en Finlande. Il commente les matchs désormais, et c’est un type intelligent qui connaît parfaitement le jeu. Il est plus détendu que quand il coachait, il ne parlait pas beaucoup avant, maintenant il s’exprime sereinement, il est assez drôle et très clairvoyant, il fait pas mal de blagues, notamment sur le niveau de l’équipe nationale finlandaise, il les allume un peu (rires).

Propos recueillis par Arthur Jeanne
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