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  4. // Villacarrillo CF/Antequera CF (1-3)

Le football amateur espagnol de nouveau face à l'oiseau bleu

Déjà secoué par un imbroglio né sur Twitter au début du mois, le football amateur espagnol se retrouve de nouveau face aux méandres du web. Cette fois, il est question de match truqué et d'arrangement entre amis andalous.

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La nouvelle serait presque passée inaperçue. Sans quelques rippers du web, elle n'aurait même jamais vu le jour. Ledit problème ? Un nouvel imbroglio dans le football amateur espagnol dont la genèse prend racine sur le réseau social en vogue chez les footeux de tout niveau. Dans les faits, ce dimanche, pour le compte de la 38e et ultime journée de Tercera Division - soit le quatrième échelon national -, la rencontre andalouse entre le Villacarrillo CF et l'Antequera CF s'annonce sans grand intérêt. Premiers relégables du groupe IX et déjà condamnés, les locaux s'offrent un dernier baroud d'honneur face aux quinzièmes avant de retrouver l'anonymat des championnats régionaux. Jusque-là, rien de bien excitant, surtout pour des supporters qui assistent à une énième défaite des leurs, la 23e de l'exercice. Mené 2-1 à la mi-temps, Villacarrillo encaisse un dernier but et s'incline finalement sur le score de 3-1. Au coup de sifflet final, Francisco José Mart, président de l'entité, sort de sa torpeur : « Certains ne nous empêcheront pas de descendre avec la tête haute. »

Main tendue, puis prise dans le sac


Ces « certains » , ce sont quelques joueurs de Villacarrillo et d'Antequera qui, avant la rencontre, auraient annoncé sur ledit réseau social que les visiteurs allaient remporter cette rencontre. Les tweets n'ont connu qu'une très légère espérance de vie, mais sont revenus aux oreilles de la direction et de l'entraîneur des locaux juste avant le début du match. Faisant fi de ses rumeurs, ils attendent de se faire leur propre idée à la vue de la rencontre. Le manque d'engagement et des erreurs individuelles répétées les poussent alors à croire au pire. Surtout, la défaite prouverait la véracité de ces quelques messages aux 140 caractères. Illico, via son compte Twitter, la direction du club annonce « ouvrir une enquête sur la possible participation de joueurs à l'arrangement du résultat face à Antequera » . Un adversaire qui réplique immédiatement et nie toute implication. Un peu plus tard, c'est un communiqué qui est envoyé aux rédactions des journaux locaux. Quelques lignes qui annoncent la couleur : « En tant que dirigeants d'un club modeste comme le nôtre, nous sommes dans l'obligation de dénoncer toute pratique anti-sportive détectée. »

Toutefois, cette direction n'a « pas les moyens de prouver ces accusations » qui, si elles se vérifient « seront transmises aux autorités fédératives et judiciaires » . Car plus qu'une défaite qui ne change strictement rien au classement final de ce groupe IX, c'est l'image du Villacarrillo CF qui en prend un sacré coup. Un club qui, quelques mois plus tôt, recevait les compliments de tous pour son implication sociale. En février, les joueurs de l'équipe première et de la réserve ont ainsi payé de leur poche la caution et le premier mois de loyer d'une mère de 37 ans qui allait se retrouver à la rue avec son fils unique. Un secours qui a causé bien du tracas au président Francisco José Mart. Également chef de la police locale, il devait prendre en charge l'expulsion de la bien nommée Rosa : « C'est à ce moment que je me suis rendu compte que nous devions l'aider. » Aujourd'hui, cette action louable se retrouve mise aux oubliettes, la faute à de fortes suspicions d'arrangement de match. Alors que le président-flic s'apprête à demander l'aide des autorités compétentes, certains protagonistes de l'affaire prévoient de faire valoir leur bon droit devant les tribunaux…

Un réseau encadré ?


Cette histoire prêterait à sourire si elle était isolée. Ce qui n'est pas le cas. Dans un pays qui a fait de Twitter l'un de ses passes-temps favoris - pas moins de 14% de la population y est active, un record en Europe -, le football ne fait pas office d'exception. Ainsi, au début de ce mois, une autre « affaire » à l'oiseau bleu fait son irruption. Alors dans un coude-à-coude à distance avec le Racing Valverdeño pour une place en play-offs de la cinquième division, le Club Deportivo San Servan induit en erreur cet adversaire. La faute ? Avoir posté un message avec un résultat erroné qui, potentiellement, pouvait fausser la prestation du Racing. « Aucune règle n'interdit de poster une information fausse sur ce réseau social » , se défend Luis Miguel Patiño, entraîneur de San Servan, prétextant « une erreur d'enfants qui voulaient faire une blague » . Rien de bien grave, donc. Pour autant, tous ces remous dont les réseaux sociaux se sont fait les relais posent de vraies questions : un cadre réglementé ? Des clubs au compte certifié ?…

Par Robin Delorme, à Madrid
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En France, on n'a pas attendu l'avènement de Twitter pour arranger les matchs des fins de championnats amateurs ...
Faut être quand même sacrément débile pour annoncer sur Twitter le résultat futur du match que t'as arrangé... Je suis assez fasciné par tant de connerie.

Ca me permet de reposer là la fameuse citation attribuée à Einstein, bien galvaudée mais qui fait toujours mouche : "Deux choses sont infinies : l'Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l'Univers, je n'en ai pas encore acquis la certitude absolue."
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