Le foot argentin marche sur la tête

Martin Palermo s'est emparé lundi de la couronne de meilleur buteur de l'histoire xeneize sur une passe de Juan Roman Riquelme, dans une curieuse atmosphère. Godoy Cruz et Argentinos Juniors ont pris la tête devant Estudiantes de La Plata et Independiente. A cinq journées de la fin, ces quatre équipes ont pris une option sur le titre.

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Boca Juniors et River Plate au fond du trou, Riquelme qui délivre un caviar à Palermo et lui tourne immédiatement le dos pour aller fêter l'ouverture du score seul avec le public, Godoy Cruz et Argentinos Juniors, deux des plus petits budgets de Primera qui font la course en tête : le football argentin serait-il devenu fou ? La quatorzième journée du Tournoi, qui a démarré samedi avec la défaite d'Independiente (0-1) contre l'agonisant San Lorenzo (16e), trois jours après celle face à Gimnasia de La Plata (2-1), a chamboulé la donne au sommet du classement. C'est désormais Godoy Cruz de Mendoza qui mène la danse, à l'issue de son carton face à Tigre (6-2). Sans star mais avec une vraie philosophie de jeu, les Bodegueros peuvent se prendre à rêver d'un premier titre de champion d'Argentine, à l'instar de Banfield, sacré pour la première fois en décembre dernier. Voilà quatre ans que les champions se succèdent et ne se ressemblent pas.

Sept champions distincts en quatre ans

Estudiantes, San Lorenzo, Lanus, River, Boca, Vélez et Banfield sont les derniers vainqueurs d'un championnat qui s'est nivelé vers le bas. “Petits” et “Grands” se relaient sur le podium de la Primera. River (18e) et Boca (14e) ne font plus figure de terreurs, sauf chez leurs propres supporters. Aujourd'hui, les talents font défaut et n'importe quelle équipe peut prétendre remplir sa vitrine à trophée. Argentinos Juniors, fidèle au principe du champion du monde 86 Claudio Borghi, fait son chemin et plutôt bien. Les Bichos ont décroché une huitième victoire en quatorze rencontres (3-1 face à Colon) et devraient lutter jusqu'au bout pour le titre, après avoir craqué en fin de saison dernière. Mais en ce moment, c'est Estudiantes de La Plata, seule des quatre équipes de tête qualifiée en Copa Libertadores, qui donne la meilleure impression.

Faciles vainqueur (sans Veron ni Boselli, leur goleador) d'un Racing amorphe et décidément bien malade (4-0), les Pinchas sont en embuscade, à un point de Godoy Cruz et Argentinos Juniors, en compagnie d'Independiente. A Boca, la victoire probante contre Arsenal de Sarandi (4-0), lundi soir, n'a pas suffi à apaiser les tensions. Les spectateurs de la Bombonera ont assisté à une scène des plus étranges lorsque le Titan, qui venait d'inscrire son 219e but sous les couleurs du club, record absolu, a cherché en vain le regard de Riquelme, parti en quête de l'ovation des supporters xeneizes. Palermo a finalement célébré l'évènement avec... son fils, présent sur le bord du terrain. En seconde mi-temps, el “Loco” atteignait même la barre des 220 réalisations.

Palermo, Mister 220 goles

La presse argentine, friande de scandales, parlait depuis quelque temps de tensions au sein du groupe et notamment d'une querelle entre les deux joueurs historiques. L'image édifiante des deux hommes chacun de leur côté a frappé les esprits et scellé leur “divorce”. Riquelme, auteur du troisième but, adulé par les hinchas, devrait faire ses adieux au club de son cœur à la fin de la saison, la bisbille avec le numéro neuf semblant irrémédiable. Roberto Pompei, arrivé sur la pointe des pieds pour remplacer Abel Alves jusqu'à la fin de la saison, ne risque pas de dormir tranquille bien longtemps. L'autre qui ne va pas bien dormir cette semaine, c'est Leonardo Astrada, viré de River Plate par Daniel Passarella, son président, à l'issue du match nul contre l'Atlético Tucuman (0-0), qui marque une série record de 465 minutes d'inefficacité pour les Millonarios.

L'ancien entraineur de Huracan et ex-adjoint de Menotti puis Valdano, Angel Cappa, devrait prendre en main l'équipe, malgré la pression des supporters qui souhaiteraient le retour de Ramon Diaz, le technicien le plus titré avec les Blanc et Rouge. La journée de lundi a été marquée par les incidents entre Ricardo Caruso, l'entraineur de Tigre, et el “Turco” Asad, coach de Godoy Cruz, qui se sont insultés au bord de la pelouse, durant la rencontre entre les deux clubs. Le premier a qualifié le second de « drogué » . Asad n'a pas hésité à l'accuser en retour de corruption envers ses joueurs, en les faisant payer pour jouer. Avis aux amateurs : non, le tango n'est pas le seul folklore argentin...

Traduit de l'espagnol par Florent Torchut, depuis La Nacion.

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