Elections présidentielles de 2012
Par Nicolas Kssis-Martov
Le foot à l'épreuve des Présidentielles
Ca y est, le conseil constitutionnel a validé les dix candidats qui vont se disputer les suffrages de nos concitoyens. On peut donc se pencher un peu plus sérieusement sur les programmes et surtout les éventuelles conséquences concernant le petit monde du ballon rond (au-delà de l'accord de tous sur la lutte antidopage). Sachant néanmoins que le foot étant bien ancré dans la société, ce sont parfois des mesures connexes ou générales (par exemple la réforme territoriale) qui pèsent finalement le plus sur la vie des clubs pros. N'oublions pas également que du CNOSF aux Ligues professionnelles, les principaux concernés sont déjà en train de se délivrer leur liste de doléances pré-électorales, à base de « moins de fiscalité, plus d'aides publiques ». Par ailleurs, chaque camp commence aussi à mobiliser ses réseaux au sein du sport pour relayer ses thématiques...
Le foot à l'épreuve des Présidentielles
François Hollande
Le candidat socialiste est un grand amoureux de foot, ce qui lui vaut l'étonnante sympathie de Thierry Roland ainsi que l'appui « à titre personnel » de Noël Le Graët, président de la FFF et ancien maire socialiste de Guinguamp! Et comme pour le reste de sa campagne, l'emporte la voix du juste milieu : des grands principes de gauche et surtout pas trop de promesses concrètes, laissant au chantier législatif (remettre sur l'établi une loi sur le sport modèle 1984) la tache de rétablir l'éthique sportive dans le foot, sur fond de : « Je renforcerai la solidarité de l’économie du secteur professionnel vers le secteur amateur ».
Le grand coup : Involontairement, son annonce d'une taxe à 75% sur les revenus au-delà d'un million d'euros, au départ motivée par les rémunérations des patrons, a braqué la plupart des acteurs du foot (dont Thiriez, aux affinités partisanes néanmoins guère mystérieuses). Il y a gagné quelques alliés au passage, Pape Diouf, Vikash Dhorasoo, et même, plus surprenant,un Sidney Govou instruit « socialement » par son passage en Grèce.
Jacques Cheminade
Franchement, dur de trouver quoi que ce soit vaguement en rapport avec les problèmes de la L1 dans le programme - pour l'instant payant - du bonhomme, dont certains murmurent que derrière une phraséologie fourre-tout se cache une extrême-droite d'inspiration américaine (et son mentor Lyndon Larouche).
La citation à décrypter : « Il n’est d’autre choix qu’une alliance transpacifique et eurasiatique pour mettre en pièces l'empire de la City et de Wall Street ». La Jupiler League alliée au championnat Chinois contre la Premier League ? Si Anelka le savait!
Philippe Poutou
Plutôt issu d'une mouvance trotskiste anti-sport (l'héritage de Jean-Marie Brohm), le NPA aligne cette-fois un argumentaire un peu plus élaboré sur le sujet. Cela se voit que l'on a cogité, voire copié sur le voisin du front de gauche (sport pour tous, défense de l'EPS, etc.), afin de dénoncer « le « sport-business » et l’instrumentalisation du sport par les classes dominantes », tout en se plaçant contre la L1 du coté des « 7000 sportifs professionnels français vivent avec des salaires de 1000 à 2000 euros par mois». De bon relents de l'Huma des années trente défendant les « forçats de la route » et des premiers temps anti-compétition de la révolution d'octobre et de sa prolekultur.
L'aporie marxiste : baisser les prix d'accès à des stades qui n'auraient pas du être construits pour applaudir des joueurs surpayés.
Nicolas Sarkozy
Pas grand chose à rajouter, l'essentiel a déjà été réalisé, d'une loi généreuse pour les stades de l'Euro 2016 à celle sur-mesure sur les agents, et en bonus un joli volet répressif anti-supporters dans la Loppsi 2. Discrétion donc, et l'Élysée ne semble pas de toute manière placer une grande confiance dans David Douillet pour assurer la promotion du bilan. En outre, le projet de s'en prendre aux exilés fiscaux ne paraît pas viser les footballeurs, honnêtes travailleurs expats. Sinon comme tout le monde, l'UMP assure de son soutien au fair-play financier de Michel Platini et y compris à l'idée d'un salary cap, qui de toute façon dépendra de la bonne volonté des ligue pros. On est libéral ou on ne l'est pas !
L'ambition cachée: gagner l'Euro 2016 à domicile pour permettre à Copé d'avoir sa chance contre Marine Le Pen en 2017.
Jean-Luc Mélenchon
Le front de gauche du sport est lancé et prêt à sortir du lourd dans la perspective d'un ministère qui lui semble encore une fois promis. De quoi aussi faire frémir la LFP, notamment en mettant la pression sur les retransmissions télévisées (égalité entre les disciplines et entre épreuves masculines ou féminines) et les partenariats privé/public, tout en souhaitant l'instauration d'un salaire minimum et maximum (on doit sourire à Créteil). En gros, le nouveau tribun du « peuple de gauche » s'attaque au nerf de la guerre du foot pro.
Le petit délire démago: interdire de sélection nationale les sportifs qui ne seraient pas fiscalement résidant en France. On ne l'a pas vu venir et on se demande comment justifier de stigmatiser des citoyens qui paieraient, en tout logique, leurs impôts dans le pays où ils travaillent.
François Bayrou
A l'exemple du candidat, beaucoup de bonne volonté européenne pour réguler les excès du foot business et maintenir les valeurs du sport. Et évidemment, le fair-play financier.
La bonne question : Après Marouane Chamakh, Kevin Gameiro?
Natahlie Arthaud
Rien de précis, toutefois l'ensemble du projet « révolutionnaire » qui vise à faire rendre gorge au patronat et aux riches, n'a rien de réjouissant pour le foot professionnel.
La bonne idée pour les jeunes joueurs français à l'ère du PSG Qatari : « L’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire ». LO y a peut-être gagné les voix de Laurent Fournier et Peguy Luyindula, qui sait ?
Eva Joly
Premier prix de la cohérence, la politique sportive préconisée par la candidate d'EELV s'inscrit dans le droit fil du discours écolo au conseil municipal lyonnais. Elle veut réduire le nombre de grands stades et contenir leur impact sur l'environnement (Aulas doit planter des épingles dans sa poupée vaudou), et surtout séparer le sport pro du sport amateur, tout en augmentant la taxe Buffet pour financer la Commision Nationale de Déontologie de la Sécurité au seul profit des associations locales.
Ce qui manque pour faire le buzz: Retirer les hymnes lors des rencontres internationales?
Nicolas Dupont-Aignan
Fini de rire, la France libre, celle du Général, est de retour. Mais rien de footeux, à part l'apologie du produisons français et « une économie relocalisée au service du progrès social », qui pourrait vaguement passer pour un soutien aux ultras en lutte contre « le football moderne ».
Le club de cœur : Le Stade de Reims, ses années cinquante, son stade Auguste Delaune – un résistant communiste sportif mort sous la torture-, son champagne républicain et l'espoir d'une remontée en L1.
Marine Le Pen
Aucune surprise. L'extrême-droite n'a jamais trop aimé le foot (sport de « métèques »), et même les supporters s'en réclamant ne sont guère récompensés en retour (à voir leur lâchage au moment de l'affaire Pulvar/Montebourg). Mais comme il faut en passer par là (« Maintenons que nous avons les parrainages, tous sur le terrain », annonce le site avec une belle photo de stade), le FN new look continue donc dans le grand melting-pot politique, entre le plafonnage des salaires afin de marcher sur les pieds du Front de Gauche et la garantie d'une majorité d'investisseurs français dans le capital des clubs pour flatter les gaullistes du sport. Le reste des propositions, entre préférence nationale et la « réforme » du droit du sol, laisse chacun y reconnaître ses petits.
Le projet secret: Confier à Eric Zemmour la future Al-Jazira Sport nationalisée ?
Le candidat socialiste est un grand amoureux de foot, ce qui lui vaut l'étonnante sympathie de Thierry Roland ainsi que l'appui « à titre personnel » de Noël Le Graët, président de la FFF et ancien maire socialiste de Guinguamp! Et comme pour le reste de sa campagne, l'emporte la voix du juste milieu : des grands principes de gauche et surtout pas trop de promesses concrètes, laissant au chantier législatif (remettre sur l'établi une loi sur le sport modèle 1984) la tache de rétablir l'éthique sportive dans le foot, sur fond de : « Je renforcerai la solidarité de l’économie du secteur professionnel vers le secteur amateur ».
Le grand coup : Involontairement, son annonce d'une taxe à 75% sur les revenus au-delà d'un million d'euros, au départ motivée par les rémunérations des patrons, a braqué la plupart des acteurs du foot (dont Thiriez, aux affinités partisanes néanmoins guère mystérieuses). Il y a gagné quelques alliés au passage, Pape Diouf, Vikash Dhorasoo, et même, plus surprenant,un Sidney Govou instruit « socialement » par son passage en Grèce.
Jacques Cheminade
Franchement, dur de trouver quoi que ce soit vaguement en rapport avec les problèmes de la L1 dans le programme - pour l'instant payant - du bonhomme, dont certains murmurent que derrière une phraséologie fourre-tout se cache une extrême-droite d'inspiration américaine (et son mentor Lyndon Larouche).
La citation à décrypter : « Il n’est d’autre choix qu’une alliance transpacifique et eurasiatique pour mettre en pièces l'empire de la City et de Wall Street ». La Jupiler League alliée au championnat Chinois contre la Premier League ? Si Anelka le savait!
Philippe Poutou
Plutôt issu d'une mouvance trotskiste anti-sport (l'héritage de Jean-Marie Brohm), le NPA aligne cette-fois un argumentaire un peu plus élaboré sur le sujet. Cela se voit que l'on a cogité, voire copié sur le voisin du front de gauche (sport pour tous, défense de l'EPS, etc.), afin de dénoncer « le « sport-business » et l’instrumentalisation du sport par les classes dominantes », tout en se plaçant contre la L1 du coté des « 7000 sportifs professionnels français vivent avec des salaires de 1000 à 2000 euros par mois». De bon relents de l'Huma des années trente défendant les « forçats de la route » et des premiers temps anti-compétition de la révolution d'octobre et de sa prolekultur.
L'aporie marxiste : baisser les prix d'accès à des stades qui n'auraient pas du être construits pour applaudir des joueurs surpayés.
Pas grand chose à rajouter, l'essentiel a déjà été réalisé, d'une loi généreuse pour les stades de l'Euro 2016 à celle sur-mesure sur les agents, et en bonus un joli volet répressif anti-supporters dans la Loppsi 2. Discrétion donc, et l'Élysée ne semble pas de toute manière placer une grande confiance dans David Douillet pour assurer la promotion du bilan. En outre, le projet de s'en prendre aux exilés fiscaux ne paraît pas viser les footballeurs, honnêtes travailleurs expats. Sinon comme tout le monde, l'UMP assure de son soutien au fair-play financier de Michel Platini et y compris à l'idée d'un salary cap, qui de toute façon dépendra de la bonne volonté des ligue pros. On est libéral ou on ne l'est pas !
L'ambition cachée: gagner l'Euro 2016 à domicile pour permettre à Copé d'avoir sa chance contre Marine Le Pen en 2017.
Jean-Luc Mélenchon
Le front de gauche du sport est lancé et prêt à sortir du lourd dans la perspective d'un ministère qui lui semble encore une fois promis. De quoi aussi faire frémir la LFP, notamment en mettant la pression sur les retransmissions télévisées (égalité entre les disciplines et entre épreuves masculines ou féminines) et les partenariats privé/public, tout en souhaitant l'instauration d'un salaire minimum et maximum (on doit sourire à Créteil). En gros, le nouveau tribun du « peuple de gauche » s'attaque au nerf de la guerre du foot pro.
Le petit délire démago: interdire de sélection nationale les sportifs qui ne seraient pas fiscalement résidant en France. On ne l'a pas vu venir et on se demande comment justifier de stigmatiser des citoyens qui paieraient, en tout logique, leurs impôts dans le pays où ils travaillent.
François Bayrou
A l'exemple du candidat, beaucoup de bonne volonté européenne pour réguler les excès du foot business et maintenir les valeurs du sport. Et évidemment, le fair-play financier.
La bonne question : Après Marouane Chamakh, Kevin Gameiro?
Natahlie Arthaud
Rien de précis, toutefois l'ensemble du projet « révolutionnaire » qui vise à faire rendre gorge au patronat et aux riches, n'a rien de réjouissant pour le foot professionnel.
La bonne idée pour les jeunes joueurs français à l'ère du PSG Qatari : « L’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire ». LO y a peut-être gagné les voix de Laurent Fournier et Peguy Luyindula, qui sait ?
Eva Joly
Premier prix de la cohérence, la politique sportive préconisée par la candidate d'EELV s'inscrit dans le droit fil du discours écolo au conseil municipal lyonnais. Elle veut réduire le nombre de grands stades et contenir leur impact sur l'environnement (Aulas doit planter des épingles dans sa poupée vaudou), et surtout séparer le sport pro du sport amateur, tout en augmentant la taxe Buffet pour financer la Commision Nationale de Déontologie de la Sécurité au seul profit des associations locales.
Ce qui manque pour faire le buzz: Retirer les hymnes lors des rencontres internationales?
Nicolas Dupont-Aignan
Fini de rire, la France libre, celle du Général, est de retour. Mais rien de footeux, à part l'apologie du produisons français et « une économie relocalisée au service du progrès social », qui pourrait vaguement passer pour un soutien aux ultras en lutte contre « le football moderne ».
Le club de cœur : Le Stade de Reims, ses années cinquante, son stade Auguste Delaune – un résistant communiste sportif mort sous la torture-, son champagne républicain et l'espoir d'une remontée en L1.
Marine Le Pen
Aucune surprise. L'extrême-droite n'a jamais trop aimé le foot (sport de « métèques »), et même les supporters s'en réclamant ne sont guère récompensés en retour (à voir leur lâchage au moment de l'affaire Pulvar/Montebourg). Mais comme il faut en passer par là (« Maintenons que nous avons les parrainages, tous sur le terrain », annonce le site avec une belle photo de stade), le FN new look continue donc dans le grand melting-pot politique, entre le plafonnage des salaires afin de marcher sur les pieds du Front de Gauche et la garantie d'une majorité d'investisseurs français dans le capital des clubs pour flatter les gaullistes du sport. Le reste des propositions, entre préférence nationale et la « réforme » du droit du sol, laisse chacun y reconnaître ses petits.
Le projet secret: Confier à Eric Zemmour la future Al-Jazira Sport nationalisée ?
Par Nicolas Kssis-Martov
L'Ajax au top, les Rangers au fond

















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Franchement, on a vu mieux sur les articles liant Foot/politque,
Sois on pousse le délire au max comme so foot sait le faire en imaginant des scénariis poussés à l'extrême et qui en deviennent carrement ubuesques soit on fait un truc hyper sérieux et bien travaillé.
Là, je suis pas convaincu de la pertinence des 4 lignes un peu vide par candidat car tous les politiques s'en cognent de la L1 pour finir par une vanne plus ou moins bien sentit..
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Malheureusement je ne me déciderais pas sur cette unique proposition.
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En revanche, oui, le papier est bancal.
Mais à la décharge de l'auteur du papier, le sport (au même titre que la culture ou même les questions internationales)n'est clairement pas abordé dans la campagne. Les raisons peuvent apparaitre légitimes à certains, à d'autres non... Mais le sport demeure un levier de citoyenneté, ou tout du moins (parce qu'il faut être honnête, ça ne veut rien dire citoyenneté) de socialisation... Et pour cette raison, il ne doit pas être oublié.
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Quelle idée lamentable de la philosophie !
A ce compte là BHL est un philosophe et les catains Musso ou Beigbeder des romanciers.
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En l'occurrence, il n'est pas question de philosophie. L'aube et la nuit me cautionnera d'autant plus. En revanche, faire des parallèles avec Musso et Bhl, c'est vraiment ne pas avoir de coeur.
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http://guytruite.wordpress.com/2012/02/ … de-ligain/
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Si le foot féminin n'est pas retransmis autant que le foot masculin, c'est parce que d'une part le niveau du foot féminin est loin de celui du foot masculin, et d'autre part, et c'est là que mes propos rejoignent la ligne de So foot, le football c'est aussi du sociologique et du sociétale, les clubs ont une histoires, des supporters, un esprit, etc, il n'y a rien de tout ça dans le foot féminin.
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