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Le feu du Vélodrome s’est-il éteint ?

Véritable chaudron pendant les années 1990, référence pour tous les joueurs dans les années 2000, le stade Vélodrome d’aujourd’hui ne serait plus que l’ombre de lui-même à écouter joueurs ou supporteurs. Alors, véritable problème de fond ou simple transition liée à la rénovation du stade ?

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En zone de presse après le match nul (0-0) de son équipe sur la pelouse marseillaise le 18 mars dernier, le défenseur ajaccien et ancien joueur de l’OM Ronald Zubar n’a pas hésité à tailler l’ambiance qui règne actuellement au stade Vélodrome. En zone mixte, l’ex-défenseur de Caen avouait ne pas reconnaître l’enceinte phocéenne qu’il a connu le temps de son passage à Marseille (2006/2009) : « Je ne veux pas être trop méchant, mais ça fait quand même un peu peur. L’ambiance est un peu morose, un peu bizarre. Même au niveau des supporteurs, ça ne chante pas trop. Je m’attendais à me faire plus siffler que ça et ça n’a pas été le cas, c’est pour vous dire à quel point ça a changé (rires) » .

Du côté des supporteurs adverses en déplacement dans le Sud, on ne rechigne pas non plus charrier ce qu’est devenu le stade marseillais aujourd’hui. Alexis, supporteur montpelliérain, raconte : « La première fois que je suis allé au Vélodrome c’était en 2002, j’étais en touriste en tribune Ganay avec des potes de la région. L’ambiance des deux virages était encore assez impressionnante. Comme j’habitais dans la région, mes potes m’ont traîné quelques fois au Vélodrome dans ces années-là. Et puis j’y suis revenu deux fois en parcage avec Montpellier, l’année dernière et l’année d'avant. Et pour être honnête, c’est même pas que ça avait baissé, c’est qu’il n’y avait plus rien. En tout cas en Virage Nord, qu’on voyait bien du parcage. Hormis la sono, quelques chambreurs et quelques dizaines par-ci, par-là, qui continuaient à chanter malgré l’apathie ambiante, le virage et donc l’ambiance m’ont paru morts. Et pourtant, il y a deux ans, Marseille avait gagné 4-0... »


Les travaux, fausse excuse ?



En pleine rénovation dans la perspective de l’Euro 2016, le Vélodrome subit d’importantes modifications. Un chantier gigantesque qui nécessite et nécessitera encore la fermeture de plusieurs tribunes au cours des prochaines années. Cette saison, c’est la tribune Ganay, la latérale, qui a subi de gros travaux. Seuls les supporteurs visiteurs et quelques centaines de fans de l'OM y ont eu accès avant que les supporteurs du Virage Nord n’y déménagent.

Est-ce la seule explication de ce climat morose qui semble régner au Vel’ ? « Laisse-moi rire, rétorque Alex, ancien ultra marseillais. C’est une fausse excuse pour ma part. Le stade a été en travaux pour la coupe du Monde 98 et il était plein… » Pour lui, il faut voir plus loin : « Jusqu’à notre dernier titre de champion en 2010, les gens venaient de toute la France grâce à la notoriété acquise durant les années Tapie, ainsi qu’à un effet de mode. Mais les gens se sont blasés au fur et à mesure des années. Le titre de 2010 est arrivé à point nommé pour beaucoup. Et la crise a certainement convaincu les plus téméraires que les années fastes étaient finies et les a conduits à limiter les frais : les kilomètres aller/retour à se taper, l’essence et les apéros d’avant-match à payer... Ensuite, bien sûr que les groupes ont leur part de responsabilité. Ca fait dix ans qu’on ne forme aucune relève, que les noyaux dorment sur leurs acquis sans jamais se remettre en question. Les groupes ont tout bonnement oublié une des valeurs essentielles qui font que les gens vont au stade : l’OM. Ils ont surtout oublié que les gens n’en ont rien à foutre de leurs chants ou de leurs tifos, une tribune de 14 000 places n’aura jamais 14 000 ultras. A force de croire qu’on est l’élite des supporters, on finit par se « sectariser » . Et il ne faut pas oublier les guéguerres entre les groupes ainsi que les magouilles qui ont dégoûté beaucoup de monde. »

Un dernier point que partage Silvio. Ancien membre du Commando Ultra et des MTP (Marseille Trop Puissant) : « Maintenant, ce n’est plus la même ambiance… C’est pour ça que j’ai arrêté les groupes de supporteurs. Maintenant, ce n’est plus que du business. A l’époque, les gars frappaient les joueurs quand l’OM perdait. Aujourd’hui, ils s’en battent les couilles du moment qu’ils touchent l’argent » .


La répression en cause ?

Des critiques qui fatiguent les South Winners, le principal groupe ultra marseillais. Matthieu, un des responsables des SW s’en énerve même : « Les magouilles ? C’est le mot à la mode quand tu parles de Marseille. Chez les Winners cette année, l’abonnement était vendu 180 €. Il y a 145 € qui sont reversés au club et 35 € de cotisation pour l’association. L’argent des cotisations nous a permis d’acheter les murs de notre local, d’acquérir deux bus afin de proposer des tarifs très bas en déplacement et aussi d’avoir quatre salariés qui travaillent toute l’année, tous les jours de la semaine pour tenir et entretenir notre local et pour y accueillir nos adhérents. Les mauvaises langues disent que quatre mecs vivent sur le compte des autres supporters et de l’OM. Quand les associations de lutte contre le cancer ou Les Restos du Cœur par exemple ont des salariés, cela ne choque personne et pourtant nous sommes exactement dans le même contexte » .

Si l’architecture du Vel’ version France 98 est une « catastrophe  » à ses yeux et si les énormes transformations que subit leur stade ne jouent pas non plus en leur faveur, le problème est plus profond pour Matthieu. « Il faut arrêter de ne vivre qu’avec le passé, il faut s’adapter à notre époque, aux mentalités, aux nouvelles lois, à la répression, explique-t-il. Car la répression, à Marseille comme partout en France, fait beaucoup de mal au mouvement ultra et à l’ambiance dans les stades. Tu remets 20 fumis en Virage et tu verras que les mecs se transcenderont. Malheureusement, cette répression risque encore de s’amplifier à l’approche de l’Euro 2016. C’est un rouleau compresseur qui écrase les libertés des supporteurs pour répondre à la volonté de l’UEFA de Michel Platini, aidée par les différents gouvernements et les pouvoirs publics. C’est peut-être le moment que tous les groupes de France mettent leurs fiertés de côté pour de nouveau se réunir autour d’une table ronde avec la LFP  » . Avant de prévenir : « Le mouvement à Marseille n’a rien à envier aux autres groupes français car en déplacement, Marseille est toujours LA référence avec des parcages pleins à chaque rencontre. A nous de redevenir LA référence à domicile. Le toit va tout changer. On pourra enfin faire des comparaisons à armes égales avec les autres stades qui ont toujours été couverts…  » . Réponse dans quelques mois…

Antoine Aubry, avec Anthony Cerveaux
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