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Le Ferencváros et sa German-Connection

Vilain petit canard du ballon rond européen blindé d’ultras, l’ex-écurie des élites nationalistes magyares, désormais clean, s’est tournée vers les familles et les techniciens allemands imaginatifs préférant marquer des buts plutôt que de trifouiller leur calbut’. Thomas Doll incarne cette bifurcation salutaire.

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En Hongrie, on connaît déjà la paire Bernd Storck – Andi Möller, responsable de l’Euro réussi. L’entraîneur du Vasas FC Michael Oenning, artisan d’un maintien inespéré dans l’élite. Le mandat court et mitigé de Lothar Matthäus à la tête du « Nemzeti 11 » , incapable de qualifier Torghelle et ses coéquipiers au Mondial 2006 malgré un 2-0 de prestige contre la Mannschaft en amical. Les mythes Gábor Király et Pál Dárdai au Hertha Berlin, sorti du purgatoire par son ancien milieu de terrain magyar.




On connaît aussi les racines germaines des légendes Puskás (Purzceld) et Kocsis (Wagner) sans lesquelles le « Onze d’or » n’aurait pas pu humilier l’Angleterre sur son sol un soir de novembre 1953. La douleur du « Miracle de Berne » subi face à la RFA en finale de la Coupe du monde en Suisse (1954). Le quatuor de Bundesliga Kleinheisler/Stieber/Szalai/Huszti (Werder, Nürnberg, Hanovre, Francfort). C’est un fait : Budapest et l’Allemagne s’attirent. Se jaugent. Se séduisent. Y compris au Ferencváros.

Les Baby-Doll du « Fradi »


« Avec Thomas Doll, on remporte des trophées et je suis sûr que nous avons les moyens de retourner en Ligue des champions. » Pál Orosz
Nettoyé de ses hooligans grâce à un plan type Leproux lancé par son PDG Gábor Kubatov (leader ultra repenti et super copain de Viktor Orbán, ndlr), contrôles biométriques devant la Groupama Aréna inclus, l’ennemi d’Újpest est allé choper le successeur de Ricardo Moniz jusqu’en Arabie saoudite. Débarqué à l’été 2013, Thomas Doll l’ex-international allemand et laziale a amené deux coupes maison (2015, 16) plus un championnat, repoussant à 21 points le Videoton cette saison. Une recrue efficace. « Thomas est une crème, je l’adore, s’exclame le sémillant Pál Orosz, directeur général des Vert et Blanc. Il a apporté une science du jeu incomparable dont on avait réellement besoin après tant d’années de galère. Forcément, quand il nous a proposé les gars qui l’accompagnent actuellement, on lui a accordé toute notre confiance vu son bagage de grand joueur. Avec lui, on remporte des trophées et je suis sûr que nous avons les moyens de retourner en Ligue des champions comme il y a vingt ans. »


Les gars de Doll alimentent une « Deutsch-Brigad » compacte. Son adjoint ? Ralf Zumdick, le portier totem de Bochum (1981-95). Le boss du centre de formation ? Theo Schneider, produit du Borrusia. Sa nouvelle pépite ? Florian Trinks, exfiltré du Greuther Fürth, modeste pensionnaire de D2 allemande qui vient de s’attacher les services du gardien de but magyar Balázs Megyeri en provenance de Getafe. Trinks côtoiera Tamás Hajnal et ses huit années teutonnes de haute volée dans l’entrejeu budapestois.

« Des entraînements d’excellente facture »


Loin des accusations de conflit d’intérêts visant une team réputée proche du pouvoir, Thomas Doll imprime sa marque parfois synonyme de branlons dantesques tout en se pliant aux gesticulations com’ de bonne grâce. Genre en sortant son visage fermé style Actor’s Studio pour la boisson énergétique « Fradi » ou en accordant des longues interviews au magazine du club dont le nom évoque les couleurs que Dzsudzsák pourrait porter si le doss’ aboutit. Des couleurs réunissant le gratin du football hongrois.



« Avec Thomas et ses assistants, je suis entre de bonnes mains, assure l’icône Zoltán Gera récupérée par le Ferencváros après dix saisons d’Albion mixant West Brom et Fulham. Rentrer est sans doute l’une des meilleures décisions de ma carrière. Je suis heureux d’être là et d’enchaîner les bonnes performances. Je supporte deux matchs par semaine à mon âge avancé. Ce n’est pas une mince affaire ! En même temps, on a une équipe de physios au top du top et des entraînements d’excellente facture. »

Doll est tellement apprécié sur les bords du Danube qu’il a vu son contrat prolongé jusqu’en 2019. Même traitement que ses fidèles destriers. À charge pour le chevalier Thomas de pérenniser le doublé coupe-championnat du « Fradi » . De poursuivre cette dynamique donnant la patate aux « Zöld és Fehér » qui semblent désormais indomptables. Et pourquoi pas d’emmener un club magyar en poules de C1 comme le Debrecen cru 2009-2010 (avec Adama Coulibaly, ndlr), voire plus loin. Ne sait-on jamais ?

Par Joel Le Pavous
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