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Le FC Séville, l’autre champion d’Espagne ?

Toujours invaincu en Liga, le FC Séville réussit son meilleur départ depuis la saison 1945-1946. Cette année-là, les Sévillans avaient remporté le seul titre de champion d’Espagne de leur histoire. Un signe ? Non, Séville n’ayant a priori pas de quoi rivaliser avec le Barca et le Real. Mais il peut légitimement prétendre à la troisième place, et asseoir sa suprématie sur l’Andalousie. Grenade, son adversaire ce soir, ne la lui contestera pas.

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Neuf matchs, quatre victoires et cinq nuls. Il faut remonter 66 ans en arrière pour retrouver une telle invincibilité du FC Séville. Lors de cette saison 1945-1946, les Andalous avait même été sacrés champions d’Espagne, pour la seule fois de leur histoire. Oui, sauf qu’à l’époque, ils n’étaient que 14 en Liga. Cette saison, le FC Séville s’est déjà frotté aux plus gros du championnat (Barça, Valence, Atletico Madrid, Malaga, Villarreal), excepté le Real Madrid, mais aucun n’en est venu à bout. Pas même le Barça, dans son Camp Nou où il restait sur un 21-0 depuis le début de saison. Marcelino Garcia Toral est donc en passe de réussir son premier pari, remettre sur pied la muraille sévillane, condition essentielle selon lui à l’accès aux tout premiers rôles de la Liga. Avec six buts encaissés, le FC Séville est la troisième meilleure défense du championnat, derrière le Barca et Levante, et à égalité avec le Real.

Soit les trois premiers du classement. Une solidité que Séville doit beaucoup à son gardien, Javi Varas, exceptionnel dans ses buts depuis le début de saison. Un état de grâce qui s’explique peut-être par les mots de José Maria del Nido, son président, qui le 13 octobre dernier, lui glissait au moment de la signature de sa rénovation : « Si en gagnant ce que tu gagnais jusqu’ici, tu arrêtais tout ça, en gagnant ce que tu vas gagner à partir de maintenant, je ne te dis même pas tout ce que tu dois arrêter » . Le message est semble-t-il passé, au grand dam de Messi. Le quotidien sportif As calcule qu’à ce rythme, Séville obtiendrait 71,7 points à la fin de la saison, ce qui lui garantirait quasiment la troisième place. En fait, l’idée de Toral est de prendre un maximum de points jusqu’à Noël, période pendant laquelle ses adversaires directs, tous engagés dans les compétitions européennes (excepté Malaga), risquent d’en laisser en route.

Kanouté poussé vers la sortie

La contrepartie de la tactique du coach sévillan, c’est le manque d’efficacité offensive de son équipe. «  Il nous manque de la continuité dans le jeu. On veut être une équipe solide et équilibrée dans la transition attaque-défense » , reconnait-il. Si les Andalous concèdent autant de matchs nuls, c’est qu’ils marquent trop peu de buts, dix depuis le début de saison. Jesus Navas, dynamiteur numéro un de Séville ces dernières saisons, est beaucoup moins en vue dans son couloir. Parce que comme Malouda à l’époque Domenech, son entraineur lui demande avant tout de bien défendre. Les attaquants sont donc priés de faire la différence, ce qu’ils font pour le moment, puisque Negredo (3 buts), Manu del Moral (3 buts) et Kanouté (2 buts) ont inscrit 80% des buts de leur équipe.

Insuffisant pour Marcelino Garcia Toral, qui a déjà annoncé qu’un nouvel attaquant débarquerait cet hiver, ce qui pousserait le Malien vers la sortie, voire vers la retraite. Car Negredo, troisième meilleur buteur de Liga la saison passée avec 20 buts (à égalité avec Agüero), mais gêné par des petites blessures cette saison, reste bel et bien le numéro un devant, tandis que Manu del Moral, débarqué de Getafe cet été, s’accroche au onze de départ en profitant des absences pour scorer.

La suprématie andalouse en jeu


Derrière les deux géants, a priori intouchables, Séville fait partie des prétendants à l’autre championnat d’Espagne, celui des 18 autres équipes. Pour cela, il devra déjà assurer sa suprématie en Andalousie, et c’est bien parti puisqu’il a déjà battu Malaga en ouverture. Jusqu’ici, le FC Séville était plutôt tranquille dans la région, mais les Qataris ont posé leurs valises pleines de billets à Malaga, et le Bétis et Grenade ont retrouvé l’élite cet été. C’est en tant que lanterne rouge que les gardiens de l’Alhambra se présenteront au Ramon Sanchez-Pizjuan ce soir. Avec seulement deux buts inscrits depuis son retour en Liga, Grenade n’a pas vraiment de quoi effrayer les Sévillans. Sauf que la bande à Toral, qui n’a jamais gagné par plus d’un but d’écart cette saison, galère face aux petits.

Dernier exemple en date, la venue du Racing Santander au Pizjuan mercredi dernier, qui sans une égalisation de Manu del Moral à la dernière minute du match aurait décroché sa première victoire de la saison (chose faite hier face au Bétis). « Aujourd’hui, battre n’importe quelle équipe de cette Liga est compliqué, parce qu’il y a beaucoup de concurrence. Tous les adversaires que l’on a affrontés jusqu’ici l’ont démontré » , se défend l’ancien joueur de Getafe. Il faudra quoi qu’il en soit passer l’obstacle Grenade ce soir, pour rester au contact devant. Valence, vainqueur de Getafe samedi soir, et principal concurrent de Séville dans la course au podium, ne l’attendra pas.

Leo Ruiz
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