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Le fanion, à quoi ça sert au juste ?

Le rituel parle à tout le monde. Il est immuable. Bien cadré. Toujours dans le protocole. Les deux équipes se présentent, les joueurs se serrent les mains, les capitaines rejoignent la ligne médiane et se font face. Devant le trio (ou le quatuor, c'est selon) arbitral, les deux hommes au brassard s'échangent les fanions de leur club respectif. Ensuite, ils accourent vers le banc et balancent le précieux objet au premier venu. Mais le fanion, dans toute cette histoire, qu'est-ce qu'il devient ?

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Qu'on se le dise, le fanion en Ligue 1 est aussi rare qu'un match sans rechute de Clément Grenier ou qu'une rencontre sans semelle signée Thiago Motta. En gros, ça n'existe pas. Pour en trouver, il faut aller voir du côté des matchs de Coupe. D'Europe, de la Ligue ou de France. Et on peut même en trouver la plupart du temps lors des matchs amicaux. « Il y a des fanions lors de chaque rencontre de préparation, car ce sont des symboles de l'entente que l'on peut avoir avec les clubs contre lesquels on joue, nous confirme un membre de l'OGC Nice. Les fanions, ensuite, ça ne sert pas énormément. Ce n'est pas beaucoup exploité et de toute façon on ne peut pas tous les mettre en avant. On réutilise simplement les fanions intéressants (sic), ceux qui sont stratégiques. » Ainsi, face au FC Barcelone (1-1, le 2 août), en amical, l'échange a bien eu lieu et le précieux fanion catalan rejoindra d'ici quelques mois le Café des Aiglons. Le tout récent musée du club, situé sous l'Allianz-Riviera.

Fils dorés et tissu satiné


Philippe Tournon, le chef de presse de l'équipe de France, se présente, lui, comme un garant de l'histoire des Bleus. À sa manière et surtout comme il peut. « Ça me tient particulièrement à cœur, explique-t-il. J'ai convaincu le président Noël Le Graët qu'on avait un devoir de mémoire. Et le fanion en est un symbole. » Le Monsieur communication de la bande à Deschamps a essayé d'en garder un maximum durant ses nombreuses années chez les A. « J'ai fait près de 300 matchs avec les Bleus. Je n'aime pas jeter et j'ai pris la peine de récolter un certain nombre de fanions. Par exemple, ceux des sept matchs de 1998, ils sont soigneusement conservés. » D'ailleurs, bizarrement, le fanion brésilien du 12 juillet ne ressemble pas vraiment à un trésor à en croire Tournon. « C'est un fanion passe-partout, complètement impersonnel et c'était sans doute le même lors des Coupes du monde 1994 et 1998. En France, on en fait un point d'honneur de proposer de jolis fanions. Ceux que l'on donne, ils sont brodés de fils dorés, il y a du tissu satiné, précieux et des franges. Ça a un vrai coût ! Dans les grands clubs, c'est pareil, il y a une vraie tradition. »

Entre vols et malles


Alain Plisson, devenu intendant au FC Nantes après avoir débuté comme moto-taxi pour le club, est du même avis. « Il faut que ce soit pour une occasion un peu particulière. En Coupe de France, c'est systématique, vu qu'on rencontre souvent des équipes que l'on n'a pas l'habitude d'affronter, sauf si on va loin (rires). » Mais au-delà de l'échange, la durée de vie d'un fanion est particulièrement faible. Car une fois le match terminé, le précieux objet termine bien souvent sa course au fond d'une malle anonyme. « Après chaque match, ils sont rangés, archivés, nous avoue-t-on du côté de Nice. Si ce n'est pas inscrit dessus, on rajoute la date et quel match c'était sur un post-it. On range tout ça dans des malles avec des mini-trophées, des plateaux en argent. » Bref, dans un fourre-tout. Seules les plus belles pièces finissent exposées. Mais à Nantes, c'est pas dans un musée, c'est dans le bureau d'Alain. « Les fanions, on les garde. Ça sert à égayer le bureau. Il y en a une dizaine, dont un de Rennes. Je me souviens qu'une personne du club, lorsqu'elle rentrait dans le bureau, s'amusait toujours à le retourner. » Mais parfois, les fanions ne peuvent même pas être récupérés par les clubs. Ils disparaissent, comme nous le raconte Christophe Gautier, le responsable de la communication à Guingamp : « En 1996, on a accueilli l'Inter Milan en Coupe d'Europe et le fanion du match est introuvable. Je l'avais vu être affiché à la boutique du club, mais on ne le retrouve plus. » Mystère. 18 ans après, le voleur court toujours.

« Je l'ai offert à mon ami Jean-Marc »


Alain Plisson a une anecdote du même genre. « Le fanion du match face à l'Atalanta Bergame (0-0) lors de la préparation cet été, je ne l'ai même pas vu, se marre l'ancien motard. Il a dû faire un heureux dans le public. » Que la personne qui détient le fanion se rassure, elle ne possède pas entre ses mains un trésor. Chez les Canaris, « les fanions, ce sont les mêmes à chaque match de toute façon. On en a juste deux types différents. Il y en a un vert avec les lettres dorées et un autre jaune et blanc où les joueurs peuvent signer. » À l'image de celui que détient, ou plutôt détenait, Victor Tonnerre, le maire de Larmor-Plage (Morbihan), où étaient venus Nantes et Lorient en 2010 afin d'inaugurer un complexe sportif. « À l'issue du match, j'avais effectivement récupéré le fanion des Canaris et les joueurs des deux équipes l'avaient signé, se remémore l'élu… fan des Merlus. Je l'avais ensuite mis en face de moi dans mon bureau. Il faisait des envieux, il était en bonne place, et je l'ai offert à mon ami Jean-Marc, qui est un fou de sports. Ce qui est sûr, c'est qu'il a récupéré un fanion qui a de la valeur. » Du côté des Bleus, les plus beaux fanions auront bientôt le droit d'être exposés autre part que dans l'entrée sans saveur du siège de la Fédération française. Une sorte de musée d'au moins 500m² est actuellement en construction à Clairefontaine (livraison en 2015). De quoi donner une seconde vie à ces bouts de tissus, qui racontent tous forcément une petite histoire.

Par Tanguy Le Séviller
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