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  2. // J22 – Sochaux/Lille

Le Doubs chasse le doute

Après une campagne 2010-2011 prometteuse, qui lui a permis de connaître l’Europe, le FC Sochaux aborde sa fin d’hiver avec une peu envieuse et décevante 19ème place au classement. Y a-t-il péril dans la demeure ?

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En scannant rapidement la première partie de saison du FC Sochaux-Montbéliard, plusieurs constats s’imposent. Premièrement, ce Sochaux-là n’est ni bon devant, ni bon derrière. L’équipe joueuse de l’année dernière n’est que la 16ème attaque de l’Hexagone et la 3ème plus mauvaise défense, juste devant les promus Dijon et Ajaccio. Deuxièmement, son meilleur buteur, Ryad Boudebouz ne facture pour l’instant que cinq maigres pénibles buts, tout en sachant bien que l’Algérien n’a pas vocation à endosser le rôle du type à 15 buts par an. Troisièmement, il n’a pas été rare de voir les Lionceaux dévisser : en Ligue Europa contre Kharkov (4-0 à Bonal), contre Rennes (6-2 encore à Bonal), à Auxerre (4-1), à Valenciennes (3-0), Ajaccio à Bonal (2-0) sans oublier le seul tour de coupe de France, à Bastia, avec à la clé une rouste à Furiani (4-1). Mêlez à cela le cas Kévin Anin - désormais à Nice -, monstrueux l’année dernière, mais avec parfois le coup de spleen en trop cette saison, suffisant en tout cas pour disparaître une semaine ou une autre de l’entraînement, sans salaire. « C’est un bon mec, mais un ultra-sensible » disait-on de lui au sein du club doubiste.

Enfin, parlons de Maïga, qui aurait longtemps eu à bout de mains un contrat de 5 ans à 200 000 euros mensuels en Angleterre, transfert avorté une première fois par les dirigeants sochaliens, une deuxième fois par le genou de Modibo qui n’a officiellement pas convaincu à la visite médicale organisée par Newcastle. Etincelant dans la deuxième partie de saison dernière, le Malien ne s’est réellement distingué qu’une fois, par un doublé contre Toulouse, précédant une sortie au micro à la Jourdren, en moins travaillée, à l’attention des supporters : « Voilà, moi, ça, c’est une bonne réponse pour qu’ils ferment leur gueule, c’est tout » . Colère brouillonne mais illustratrice d’un vestiaire instable, sans heurt les uns avec les autres, mais individuellement en souffrance physique, en manque de confiance ou encore à digérer leurs nouveaux statuts. Marvin Martin et Ryad Boudebouz, les trublions brillants du dernier exercice, ont dû digérer un nouvel aspect de ce qui est désormais leur métier : jouer tous les trois jours, appréhender la Coupe d’Europe, assumer les rassemblements en sélection, et assumer leur rôle de leader technique en club, à 21 ans.

Limiter les indisponibilités

Faut-il s’inquiéter de la situation ? Pas franchement. En interne, on ne panique pas : « En 2007 à la trêve, les trentenaires du vestiaire nous disaient que tout allait bien se passer, qu’ils sentaient que ce n’était qu’une question de temps. On les trouvait dingue parce qu’avec 14 points à la trêve, aucune équipe dans l’histoire du championnat n’avait réussi à se sauver. Et pourtant, au bout du compte, on se maintient  » . On ne panique pas donc, même si contre les équipes de la deuxième moitié de tableau – ce qu’on peut aujourd’hui appeler ses concurrents directs - Sochaux n’a empoché sur la phase aller qu’une seule victoire, à Nancy. Au sein du club, notre « proche du dossier » pose un argument recevable, les indisponibilités en pagaille en défense centrale : «  Faut pas se cacher derrière ça hein, mais on n’a pas de bol, on a utilisé 8 joueurs en défense centrale cette saison. Pour recevoir le PSG, notre charnière c’est Zouma, 3 matches de L1 au compteur, pas professionnel, et Poujol, 30 matches à peu près, mais milieu de formation. Et en plus, ils font un bon match, mais à la fin, on perd ric-rac 1-0 sur un exploit de Gameiro. Ça se joue à rien parfois » .

Ce que le FCSM retient, c’est qu’avec les défaillances passagères de ses leaders et les pépins physiques en défense, l’équipe pointe à une 19ème place qui ne veut pas dire grand chose. Le bas de tableau se tient en six points, de la 11ème à la 20ème place et laisse être optimiste en cas de série, à l’image d’Ajaccio. Lors des saisons 2007-2008 et 2008-2009, Sochaux occupait déjà, à même époque, le 19ème rang. Il s’était maintenu à chaque fin d’exercice. La comparaison s’arrête là puisque que lors de ces deux saisons, les Sochaliens avaient salement débuté leur exercice, à l’inverse de cette année. Et par bonheur ils disposent aujourd’hui d’un avantage supplémentaire comparé à leurs devanciers : un effectif plus « quali » dirait-on dans les réunions de publicitaires, avec les Martin, très en vue contre Lorient dernièrement, et Boudebouz en têtes de liste.

Martin vise l'Euro

Il se dit qu’après la défaite un peu honteuse contre Ajaccio, avant Noël, l’équipe, le dos au mur, s’est reprise en main, avec des joueurs qui fournissaient des entraînements plus solides, les individualités qui avaient compris que leurs objectifs individuels respectifs ne passaient que par des bonnes performances en premier lieu avec Sochaux. Marvin Martin ne veut pas manquer le train de l’Euro, laisser son club formateur en L2, Boudebouz a besoin de briller un peu plus souvent pour se trouver un club plus huppé cet été et Maïga doit retrouver plusieurs fois le chemin des filets pour « qu’on ferme notre gueule » d’une et, deux, qu’il jouisse d’un juteux contrat anglais. « C’est du gagnant-gagnant et ils le savent » éclaire notre source. « A leur véritable niveau, ces joueurs accèderont à leurs objectifs individuels et Sochaux accrochera son maintien, c’est sûr  » .

Sous l’ère Gillot, Sochaux s’était débattu deux saisons durant en piochant dans un effectif fourni, en huilant un collectif. Plus dans la qualité aujourd’hui, avec une génération qui était attendue, le FCSM devra cette fois-ci son salut à ses individualités. Qu’il s’estime heureux. Entre les années 80 et 2000, chaque période de turbulence sochalienne finissait sa course en Ligue 2, où certaines générations, attendues ou non, ont grandi (Sauzée, Silvestre, Paille, Ljuboja, Diouf, Pedretti, Frau, Meriem ensuite). Depuis 2000, le club phare du Doubs, malgré un contexte concurrentiel bien différent des eighties et nineties, arrive à transformer les saisons mal embarquées dans l’élite en maintien, les yeux toujours tournés vers sa formation. De toute façon, Sochaux n’a pas vraiment le choix.

Par Julien Ruello
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Merci pour ces infos et la narration de ce club a la précaire trajectoire de club formateur...au moins la gestion à la papa du propriétaire évite de craindre des reléguation administrative et autres clés sous la porte !
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