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Le discours d'un Roy

Annoncé éteint pour le foot et humilié après l’Euro 2016, Roy Hodgson a finalement décidé de revenir sur un banc, en septembre dernier, pour sauver Crystal Palace de la noyade. Ou comment le papy du Royaume est redevenu un homme qui compte, à 70 ans.

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Ainsi, il est remonté à la tribune, là même où on l’avait quitté seize mois plus tôt, en pleine gueule de bois. Dans l’imaginaire, Roy Hodgson était resté la représentation de l’échec, l’homme qui avait porté l’Angleterre sur les rives de ses doutes, à Nice, un soir de juin 2016. Souvenons-nous de ces images, celles renvoyant le reflet d’un vieux monsieur, presque incapable de tenir debout au lendemain d’une élimination pitoyable face à l’Islande (1-2) dès les huitièmes de finale d’un Euro dont le souvenir n’est pas encore totalement effacé. Ce jour-là, il disait : « Quelqu’un doit prendre les coups. J’essaie de récupérer, mais je suis un peu fragile. Je n’ai pas bien dormi. Un match en particulier m’a causé beaucoup de dommages personnels. Je m’attends à des critiques féroces. »


Présent à ses côtés, histoire de le soutenir tout en lui donnant le baiser de Judas, Martin Glenn, le directeur général de la FA, avait alors tenu à souligner « l’intégrité » de son sélectionneur, tout en soulignant que l’Islande ne serait « ni un héritage ni une épitaphe » . Hodgson allait sur ses 69 piges et on le sentait se retirer doucement d’un milieu qui ne lui a jamais fait de cadeaux, lui taillant sans pitié une réputation de vieux loser et se moquant avec finesse d’un accent ramené de Croydon, ce qui lui vaudra le surnom de « Woy » lors de son aventure à Fulham. Rideau.

Le sauveur


À un âge où certains préfèrent s’exiler à Skellig Michael ou avaler les conférences, Roy Hodgson, lui, a attendu, racontant à ceux voulant l’entendre que les carrières sont souvent « résumées par de petits moments » . Mieux : il a continué à avaler du foot. À donner son avis quand on le lui demandait. À assister au va-et-vient insolent de son club formateur, Crystal Palace, rattrapé par le col par Sam Allardyce au moment de tomber vers le Championship la saison dernière, et rapidement largué en septembre 2017 après quatre défaites, et aucun but marqué, lors des quatre premières journées de championnat.


Réagir et agir, vite. Voilà pourquoi Steve Parish, le patron des Eagles, est allé sortir Hodgson du silence et voilà ce qu’il en disait récemment : « Quand il est arrivé, nous étions en difficulté et l’avenir était très obscur. Il n’a pas paniqué. Il est resté calme et nous a aussi calmés. La catastrophe a été évitée au meilleur moment. Il nous a sauvés. » Dans les chiffres, cela donne dix-huit matchs dirigés : cinq victoires, sept nuls, six défaites, mais surtout un Palace remonté à la quatorzième place, avec deux points au-dessus de la zone rouge, et dans un bien meilleur état que Stoke, Swansea et West Bromwich Albion. Parish n’a donc pas totalement tort.

« Quelqu'un m'a injecté une drogue »


Pourquoi Hodgson est-il revenu dans le circuit ? « Malheureusement, il y a longtemps, quelqu’un a injecté une drogue nommée football dans mes veines et je n’ai jamais réussi à m’en débarrasser. Je suis encore addict. » Le bonhomme est un spécialiste de ce type de situations : cela avait été le cas à Fulham, qu’il guida même jusqu’à une finale de C3 en 2010 après avoir notamment éliminé la Juventus, dernière finale européenne jouée par un club anglais, et à WBA. Cette fois, il n’aura eu besoin que de quatre mois, soit le temps nécessaire pour dépasser un début de règne complexe (trois défaites, une dizaine de buts concédés) et activer ses leviers habituels : un retour aux basiques, une simplification des concepts, une grosse dose d’investissements.


Roy Hodgson est fait pour ce football, celui de l’urgence et de l’ombre. Preuve, lorsqu'il s’aventura à Liverpool, Kenny Dalglish le croqua. Oui, Hodgson est un gentil, un ouvrier, un mec qui parle cinq langues et est aussi l’un des seuls entraîneurs anglais qui a su s’exporter, donc pourquoi tant de haine ? Parce que la cible est facile, sûrement. Et pourtant, c’est aussi par le style que Palace s’en sort aujourd’hui, avançant dans un 4-1-4-1 dont Wilfried Zaha est le moteur et où Cabaye redevient le Cabaye qu’on a connu à Newcastle. Résultat, les Eagles emmerdent le monde et sont parvenus à accrocher City. Hodgson, capuche sur la tête et mains dans les poches, s’est même offert les louanges de Guardiola. Le Roy est de retour, sa réputation est lavée, vive le Roy.

Par Maxime Brigand
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