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Le difficile apprentissage de Carquefou

Les premiers balbutiements du Petit Poucet de la Coupe de France 2008 en National sont des plus délicats. Et pourtant, le deuxième club ligérien a de quoi être optimiste. Car ses bases sont solides, et sa progression perpétuelle.

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À quelques encablures de Nantes, Carquefou est une ville paisible. Hormis un fait divers glauque survenu durant l’été, sa vie est rythmée par les doux flots de l’Erdre. Une commune tranquille, à mi-chemin entre la campagne et la ville qui, du haut de ses 17 000 habitants, ne défraie jamais la chronique. Ou alors seulement lors d’un reportage dans le monde merveilleux de Jean-Pierre Pernault. L'unique véritable attraction, c'est son stade du Moulin Boisseau. Depuis sa folle épopée 2008 en Coupe de France, l’USJA Carquefou a gravi les échelons nationaux un à un. Sans brûler les étapes. Histoire d’atterrir aujourd’hui, et pour la première fois depuis sa création en 1939, au premier cran professionnel de l’Hexagone. C’est donc le 4 août dernier que l’Union Sportive Jeanne d’Arc a connu son baptême du feu en National face à Bourg-Péronnas. Trois coups d’envoi plus tard, l’apprentissage du haut niveau s’avère des plus délicats pour le onze de l’élève de Reynald Denoueix, alias Denis Renaud. Mais pas insurmontable, loin de là.

Le Quevilly de Loire-Atlantique

Car l’USJA a du coffre, et une histoire qui plaide en sa faveur. Tout le monde se souvient encore de la folie des 3 février et 19 mars 2008. Tour à tour, des Nancéiens prétentieux et des Marseillais apathiques se font sortir de la course à la Vieille Dame par une modeste équipe de CFA2. Il faut tout le flair de ce renard de Pauleta pour que le conte de fées prenne fin un soir pluvieux de quart de finale face aux locataires du Camp des Loges. Ce que les badauds savent moins, c’est que lors de cette même saison 2007-2008, le Petit Poucet ligérien frôle la descente en DH. À force de lâcher un influx monstre dans son parcours en Coupe de France, il se sauve in extremis, à l’ultime journée. S’ensuit un beau recrutement – bah oui, les droits télé pour un fanion de championnat amateur, ça fait la différence dans les caisses – et un exercice 2008-2009 taille patron pour que Carquefou décroche son ticket pour l’élite amateur. Denis Renaud, courtisé par le monde professionnel, résiste aux sirènes et poursuit son aventure à la tête des Vert et Blanc. La continuité, devise carquefolienne.

L’apprentissage en CFA se fait en douceur, telle une évidence. La première année, la Jeanne d’Arc accroche son objectif avoué : le maintien. L’appétit venant en jouant, la bande du capitaine emblématique Sébastien Le Paih se sent pousser des ambitions. Alors elle accroche une prometteuse quatrième place la saison suivante. Le millésime 2011-2012, tout en sophisme, se doit d’être celui des sommets. Encore une fois, l’USJA répond présent et s’offre un âpre duel face au voisin vendéen de Luçon. Grâce à une meilleure différence de buts particulière et un 0-0 des familles en guise de clôture face aux pêcheurs de Concarneau, les banlieusards nantais s’ouvrent les portes du National. Un premier historique des plus cohérents, tant la progression s’est construite dans la régularité. Ce qui n’est pas sans rappeler une certaine aventure normande. Quevilly, suite à son parcours majuscule en Coupe de France, a également connu une montée en National l’exercice suivant. Le plus naturellement du monde, les deux derniers grands trublions français se retrouvent cette saison chez les grands.

Tour de France

À l’assaut d’un bain qui lui est inconnu, le président Michel Auray y va de sa petite métaphore dans Presse Océan : «  La Coupe de France, si on la compare à une course cycliste, c’est comme une classique, où l’important est d’être bien le jour J. Le National, ça équivaut à un Tour de France. Jour après jour, il faut calculer, s’organiser, ne pas se mettre dans le rouge. C’est un très beau challenge. » Alors, pour tenir la cadence 38 journées durant, l’USJA a renforcé son squad de joueurs rodés aux joutes qu’exigent ce niveau. Les anciens Canaris Guillon – désormais capitaine du navire – et Bekamenga sont venus remplacer les Savinaud et Da Rocha. Créhin, N’Gosso et Jouan, trio aux 250 matchs en National, posent également leur popotin au Moulin Boisseau, pour «  faire en sorte de se maintenir et qui sait, peut-être plus » . De 2008, ne reste plus que le milieu de poche Loufti Zebidi et le portier Alban Joinel.

Des bases solides, un onze pas dégueu, un entraîneur qui connaît la maison… Et pourtant, le dépucelage carquefolien s’avère laborieux. Une défaite inaugurale face à Bourg-Péronnas (0-1), un hold-up de Colmar dans la besace (toujours 0-1), un score de parité face au Red Star plus tard (2-2), et l’USJA squatte déjà le cul du peloton. Rédhibitoire ? Pas si sûr, car les Ligériens sortent de belles partitions, un tantinet timorées au demeurant. Ce qui a le don d’agacer le coach Denis Renaud : « On ne peut pas se satisfaire de recevoir à chaque fois les félicitations de nos adversaires. On a l’impression d’être à la place des cocus. Une fois ça va, mais trois fois de suite…  » La quatrième, justement, arrive dès ce samedi et un déplacement délicat à Rouen. Une excursion en terre normande d’où les coéquipiers du buteur Delanoë doivent repartir avec une avancée au compteur. Sous peine de s’engluer dans les bas-fonds du classement. Finalement, tout n’est pas si paisible à Carquefou.

Par Robin Delorme
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Arsène Holmes Niveau : DHR
On dit "Trublion" et pas "Troublions".
quand je pense que j'ai un maillot du FCN floqué Bekamenga, merci pour les nouvelles.
Robin Delorme, vous déconnez... Le National professionnel???? Allez dire ça à Bourg Perronas, Uzés, Luzenac ou au Poiré sur Vie, qu'ils rigolent un peu!
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