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Le dernier sursis d’Allegri ?

Ce soir, le Milan AC est allé arracher un match nul quasi-inespéré sur la pelouse de Palerme, après avoir été mené 2-0 (2-2). Le coach milanais, encore une fois sauvé par un but d’El Shaarawy, semble désormais accroché à un fil.

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Cette fois-ci, on a bien cru que c’était la fin et que Massimiliano Allegri allait devoir se résigner : la sixième défaite en dix journées du Milan AC, sur le terrain de Palerme, lui aurait été fatale. A 25 minutes du terme de la rencontre, le sort semblait scellé, puisque Milan était inexistant et perdait 2-0. Puis, deux changements effectués par l’entraîneur ont changé la face de la rencontre. Les entrées de Bojan et de Pazzini ont en effet donné du peps aux rossoneri, qui ont d’abord égalisé par Montolivo, avant d’aller chercher un incroyable match nul par l’inévitable El Shaarawy, déjà auteur de son septième but en Serie A. 2-2. Comme face à la Lazio la semaine dernière, Milan s’est réveillé en seconde période. Mais pourquoi, alors, tant concéder à l’adversaire, à chaque fois ? Une attitude quasi-incompréhensible. En tout cas, le match nul obtenu ce soir ne doit rien cacher. Milan va mal, c’est net. Milan ne compte que 11 points en Serie A, et pourrait bien voir la zone de relégation se rapprocher dangereusement, selon les résultats des autres équipes, demain. Milan. Zone de relégation. Ces deux termes semblent totalement impossible à juxtaposer. Autant dire qu’un autre résultat qu’une victoire, samedi, contre le Chievo, et le coach devrait logiquement faire ses valises.

Merci Pharaon

Massimiliano Allegri a vu le bout du tunnel, ce soir, au stadio Barbera. Quand Palerme a ouvert le score par Miccoli, sur pénalty (faute de main d’Abate bien cherchée par le capitaine rosanero), il se dit que la soirée va être compliquée. Quand Brienza double la mise, en début de seconde période, avec une frappe lointaine, il se dit que la soirée tourne carrément au cauchemar. Perdu pour perdu, l’ancien technicien de Cagliari fait alors rentrer deux attaquants supplémentaires. Bonne pioche. L’entrée de Bojan, notamment, fait du bien au Milan AC (choix osé puisque, face à la Lazio, c’est justement l’entrée de Bojan qui avait cassé l’élan des rossoneri). L’Espagnol amène le but de Montolivo, tandis qu’El Shaarawy sauve à nouveau son entraîneur. A croire qu’il est vraiment attaché à son coach, le petit Pharaon. Alors, certes, le match nul a presque la saveur d’une victoire, vu la façon dont s’est déroulé le match (un match que Milan aurait même pu gagner, en fin de rencontre). Les plus optimistes parleront même d’un geste fort. Un geste fort pour réveiller un club qui est en train de sombrer depuis le début de la saison, et dont la chute est uniquement ralentie par quelques éclairs, essentiellement ceux d’El Shaarawy (auteur de 58% des buts milanais en championnat).

Néanmoins, il s’agit d’un tout petit arbre qui cache une grosse forêt. Ce Milan là semble dépourvu de jeu, d’idées, n’arrive pas à construire, et ne réussit à créer des choses que lorsqu’il est au pied du mur, voire au fond du gouffre. Ce n’est évidemment pas comme ça que la formation rossonera va pouvoir avancer tout au long de la saison. Allegri le sait. Si lui continue de dire que son aventure à Milan va se poursuivre (tout comme ses dirigeants, indéfectibles sur le sujet), la réalité est tout autre. Samedi, les Milanais affronteront le Chievo à San Siro. Sans Bonera, qui sera suspendu. Une victoire et Allegri chasserait, momentanément, les fantômes. Mais à moins d’enchaîner une série de six victoires consécutives, son sort serait remis en cause chaque semaine. En revanche, une défaite, ou même un nul, et Allegri sauterait, quasi inévitablement. Parce que 14 points de retard sur la Juve (peut-être 17 demain soir), c’est déjà suffisant, comme humiliation.

Pippo, Marco ou Pepo

Le problème, aussi, c’est que Milan, à l’heure actuelle, ne saurait même pas qui mettre à la place d’Allegri. En Italie, plusieurs noms tournent, mais, évidemment, aucun ne trouve confirmation du côté de Milanello (normal, puisque les dirigeants nient toute possibilité de licenciement d’Allegri). Le plus crédible serait celui de Mauro Tassotti, l’actuel adjoint d’Allegri. Berlusconi avait un jour dit de lui qu’il n’était « pas assez beau pour entraîner le Milan AC  » . Passé ce critère, l’ancien joueur rossonero pourrait être une solution, lui qui connaît parfaitement le vestiaire et tout ce qui se trame autour du Milan AC. Ensuite, il y a les propositions romantiques.


D’abord celle d’Alessandro Costacurta, plus de 20 ans au Milan AC, puis une expérience peu concluante de coach à Mantova, en 2008-09. Depuis, l’ancien défenseur joue les consultants de luxe, mais rêve de revenir un jour dans le club de ses amours. Ensuite, celle de Pippo Inzaghi. On connaît la relation houleuse entre Superpippo et Allegri. Les deux hommes s’étaient même embrouillés cette saison, lorsque le coach milanais et le nouveau coach des jeunes s’étaient croisés lors d’une séance d’entraînement. Le potentiel départ d’Allegri pourrait propulser Inzaghi sur le banc de l’équipe première. Une solution qui ne serait pas sans rappeler l’intronisation de Stramaccioni à l’Inter, ou même celle de Montella à la Roma il y a deux ans. Enfin, certains tifosi milanais souhaiteraient le retour de Marco van Basten, buteur inoubliable du Grande Milan. Le Hollandais est aujourd’hui sur le banc de Heerenveen, mais un coup de fil de Silvio (depuis la prison ?) pourrait résolument le faire tout plaquer.

Après toutes ces hypothèses, il y a la solution dont rêve secrètement le patron milanais. Ce rêve s’appelle Pep Guardiola. Depuis des années, Berlusconi songe à l’ancien coach du Barça pour venir coacher son Milan AC. Pep a pour le moment balayé toute éventualité de revenir sur un banc de touche cette saison. Mais, qui sait, face à une telle offre… Bref, avant d’envisager le nom de son éventuel successeur, Massimiliano Allegri a encore une chance. Il s’est offert un sursis ce soir, avec ce nul contre Palerme. La dernière chance de prouver qu’il peut encore redresser le navire milanais et le reporter au-dessus des flots a lieu dès samedi. San Siro saura répondre présent à un tel rendez-vous.

Eric Maggiori
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