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Le dernier baroud des Tchèques?

Les dernières heures de la génération dorée auraient-elles sonné? Opposés au Monténégro, les dinosaures tchèques peuvent s’offrir un baroud d’honneur en Ukraine/Pologne. Avant de peut-être, de traverser une période de disette.

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Le temps, c’est de l’argent et pas mal de questions. Les Grecs en savent quelque chose. Il y a un peu moins de huit ans, on fêtait le 400ème anniversaire de l’arrivée des Français en Amérique du Nord. Mark Zuckerberg lançait Facebook. Les Américains réalisaient Georges Bush. Ray Charles et Marlon Brando poussaient leurs derniers souffles. Les Grecs eux, vainqueurs de l’Euro 2004 contre toute attente, régnaient sur l’Europe du foot. Une compétition dont la République Tchèque, l’équipe frisson de l’époque, une escouade de hipsters avant l’heure de l’ourlet, était le favori logique. Huit ans plus tard, les compatriotes d’Angelos Charisteas sont dans la merde jusqu’au cou et les Tchèques jusqu’au genou. Pour le moment.

Deuxièmes d’un groupe I écrasé par l’Espagne, après une lutte acharnée avec l’Ecosse, les coéquipiers de Petr Cech se frottent ce soir au groupe de rock le plus bohémien du moment : le Monténégro de Stevan Jovetic. Une bande de jeunes que les principes n’emmerdent pas, et qui se feront un plaisir de priver les derniers « historiques » de 2004 d’une ultime compétition internationale. Pour s’offrir une dernière valse, Rosicky, Cech, Plasil et Baros, devront cravacher, et troquer leur classe légendaire contre un inhabituel bleu de travail. Pour eux, mais aussi pour leurs supporteurs, dont le destin n’a jamais été autant lié à celui des Mayas. La fin d’un petit monde pourrait bien tomber en 2012.

Le bout du tunnel pour les Dinosaures

A chaque homme sa fin. En 2004, Karel Poborsky, Vladimir Smicer et Pavel Nedved rêvaient d’un crépuscule glorieux. Briseur de rêve, donneur d’emploi aux séniors, Traïanos Dellas, buteur grec en demi-finale de l’Euro portugais, forçait trois des plus grands talents du football tchèque à poursuivre la quête de l’happy-ending. Déçus de cet échec et bien décidés à participer à ce qui était la première Coupe du Monde de l’histoire de la République Tchèque, le trio termine sa carrière dans la bohème la plus totale, quelque part entre l’insouciance, la pauvreté et la tristesse. Eliminés au premier tour du Mondial allemand et privés d’une fin de carrière en apothéose, ils regardent avec attention et tristesse, le dernier baroud d’honneur de ceux qui ont disputé l’Euro 2004 avec eux. Rosicky (31 ans), Plasil (29 ans), Baros (30 ans) et, dans une moindre mesure, Cech (29 ans), s’apprêtent à jouer leur avenir international sur une double confrontation. Fermement décidés à porter une dernière fois le maillot de leur pays lors d’une grande compétition, ces derniers dinosaures d’une génération dorée n’iront probablement pas au Brésil en 2014. La faute au sempiternel poids des années. La République Tchèque pourrait ne pas en être également, pour une toute autre raison. Réservoir intarissable de talents pendant de nombreuses années, la formation tchèque semble s’être essoufflée.

Et maintenant ?

Vaclav Kadlec. 19 ans, une sélection, un but. Un premier pion à seize ans sous les couleurs du Sparta Prague. Et un statut d’héritier de Tomas Rosicky en terme de talent. Le jeune homme aurait certainement préféré Pavel Nedved, mais il s’en contente. Et il a raison. Seul véritable espoir au pays, il cristallise les attentes et symbolise les lacunes. Excellent lors des dernières saisons, Hübschman, 30 ans déjà, joue moins, Sivok est bon, mais a 28 ans. La team du Viktoria Plzen se fait une petite place au milieu sans trop convaincre, et seul Pekhart semble rimer avec avenir. Petit vent de fraîcheur, Theodor Gebre Selassie. 24 ans né à Trebic, d’un père éthiopien de bon goût, amateur de la froide beauté des femmes tchèques, et premier noir en équipe nationale. Malheureusement pour les Tchèques, l’arbre généalogique du bonhomme a beaucoup plus de gueule que son CV. Défenseur sans histoire du Slovan Liberec, il n’a rien d’autre que son nom de famille qui fasse de lui un champion. Même dans huit ans. D’ici là, ils ont deux matches à jouer. Et c’est bien connu, une campagne réussie, ça crée des vocations chez les jeunes. En attendant les fils de.


Par Swann Borsellino
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